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Zsuzsanna Bjørn Andersen

Société pour la langue et la littérature danoises, Copenhague

L'intermezzo belge

L'examen des rapports entre Georg Brandes et la Belgique constitue une approche relativement nouvelle dans le cadre des études brandesiennes. Il est en effet étonnant de constater l'étendue du champ des intérêts du critique littéraire danois. Lorsqu'en 1891 il décida d'aller visiter le pays, qui venait de fêter les 50 ans de sa fondation, il s'agissait pour lui de ranimer une amitié, celle qui le liait à son correspondant flamand Pol de Mont (1857-1931)

Les voyages avaient une fonction importante dans la vie de Brandes: ils constituaient une facette particulière de ses activités de critique littéraire et de son engagement politique. Ils offraient des possibilités illimitées de transmettre des idées nouvelles, de faire connaître des mouvements nouveaux à de nouveaux milieux. En même temps, il étudiait soigneusement ces nouveaux milieux et prenait la température politique et culturelle du lieu.

Il rapportait au Danemark les impressions récoltées lors de ses séjours à l'étranger. Cela donna, dans le cas qui nous occupe, une série d'essais: “Belgien” [La Belgique] en 1891, “Pol de Mont og den flamske Bevægelse” [Pol de Mont et le mouvement flamand] en 1885, “Emile Verhaeren som Dramatiker” [Emile Verhaeren dramaturge] en 1903 et “Maurice Maeterlinck”, en 1902 et 1904.

Le 21 juin 1885, Georg Brandes reçut inopinément une lettre d'un écrivain belge qu'il ne connaissait pas, Pol de Mont. De cette longue lettre, il ressort que lui en revanche savait parfaitement qui était Brandes et quelles positions il défendait. On commençait partout en Europe à le considérer comme une “institution littéraire”: initiateur et mentor de pensées nouvelles, accoucheur de mouvements nouveaux et promoteur des littératures nationales qui n'étaient pas encore parvenues à s'affirmer sur la scène littéraire européenne.

Avec beaucoup d'empressement et d'enthousiasme, Pol de Mont avait présenté à Brandes la conscience nationale flamande, alors en train de s'éveiller sur les plans linguistique et culturel dans le nord-est de la Belgique. Brandes fut impressionné par les perspectives idéologiques qui sous-tendaient le mouvement “Jonge Vlaanderen”. Comme la recherche l'a souvent relevé, il faisait preuve d'une grande compréhension envers le combat que menaient les peuples opprimés pour manifester leur identité. La dénomination “ la jeune Belgique ” est une allusion au mouvement “junges Deutschland”, qui plus tard, en 1890, fut remis à l'honneur dans le 6e volume des Grands courants de la littérature du 19e siècle .

L'exposé partira de la correspondance de Georg Brandes ave Pol de Mont, Verhaeren et Maeterlinck, ainsi que des essais publiés à l'occasion du séjour en Belgique, au cours duquel eut lieu la rencontre entre le critique littéraire danois et les écrivains belges.

L'intermezzo belge montre une facette supplémentaire des activités de Georg Brandes, qui justifie l'épithète de “guter Europäer und Kulturmissionär”.

 

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Dernière modification : 03/09/2008

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