
La déficience
intellectuelle et mentale
Il est difficile de les préciser car elles sont dépendantes des exigences du milieu dans lequel l’individu évolue et sur un plan biologique, les limites en sont mal connues.
Les facteurs organiques, psychologiques et socio-économiques sont intimement liés et pour un même défaut d’équipement une personne aura pu se développer de façon très différente.
En 1993, dans leur ouvrage « L’enfant handicapé mental », le Dr Antoine Galland et Janine Galland définissaient 3 dimensions pour décrire la déficience intellectuelle :
« (...) une dimension organique : qui se définit en
termes anatomiques (niveau lésionnel).
La perte transitoire ou définitive d’une structure ou d’une
fonction psychologique, physiologique ou anatomique définit la
déficience.
La déficience peut résulter d’une maladie, d’un
accident, d’une carence psycho-affective. »
« Une dimension fonctionnelle objectivée
par une limitation d’activité (niveau fonctionnel)
L’impossibilité d’exécuter une activité
donnée dans des conditions considérées comme normales
pour un être humain définit l’incapacité.
L’incapacité ne dépend pas obligatoirement de la déficience.
Elle peut se mesurer dans le domaine intellectuel en utilisant des échelles
de performance.»
« Une dimension sociale enfin, (…)
cette gêne ou cette limitation du sujet à accomplir ce qui
est attendu de lui par lui-même ou par le groupe dont il est le
membre définit le handicap.
Le sujet atteint d’un handicap ne peut accomplir le rôle qui
devrait être le sien en fonction de son âge, de son sexe,
et de son environnement social et culturel. »
Définir le handicap mental est complexe. Afin de vous permettre de vous repérer, je vous propose d’aborder 2 types de classifications des déficiences intellectuelles.
Une classification dite « traditionnelle » de la déficience intellectuelle et une classification dite « moderne ».

Elle se présente sous la forme de 4 catégories basées sur les résultats des tests psychométriques.
Quelques mots sur ces tests
Les tests d’efficience intellectuelle
Et
Les
tests de personnalité
Les tests, surtout appliqués aux personnes déficientes
intellectuelles, sont certes utiles pour étayer des diagnostics,
envisager des orientations etc., cependant, il convient de les utiliser
avec précaution tant ils peuvent refléter très partiellement
la réalité d’une personne et de croiser des méthodes
évaluatives différentes.
Les personnes atteintes d’un polyhandicap autrefois appelés arriérés profonds ou encéphalopathes (voire la partie du cours réservée à ce type de déficience)
C’est au cours de la scolarité que l’on décèle
généralement ce niveau de déficience intellectuelle
légère quand l’enfant ne parvient pas à intégrer
au même rythme que les autres les apprentissages fondamentaux.
En général, peu d’atteintes organiques expliquent
les troubles, il semblerait que l’impact des facteurs environnement
psychosociaux et affectifs soit déterminant.

Cette classification se fonde sur des appréciations plus proches du vécu de la personne, et distingue les déficiences harmoniques des déficiences dysharmoniques.
La déficience de type harmonique comme le précisent le Dr Antoine Galland et Janine Galland dans leur ouvrage « l’enfant handicapé mental » (paru aux éditions Nathan)
« est un retard intellectuel «
fixé » qui ne se complique, en principe, d’aucun trouble
caractériel.
La personne « a un comportement relativement équilibré
et, s’il vit dans un cadre adapté à ses possibilités
il peut utiliser au mieux ses capacités réduites. (…)
Les relations, que la personne établit avec son entourage, sont
stéréotypées et rigides. Son langage, s’il
existe, est touché dans sa triple fonction d’expression,
de communication et d’instrument de la pensée. »
On peut dire que ces personnes ont :
La différence avec la déficience harmonique tient davantage
dans l’existence avérée de troubles d’élaboration
de la personnalité.
Selon des auteurs comme le psychiatre R. MISES, les déficiences
dysharmoniques ont des origines structurelles très différentes
et interactives qui s’ancrent dans l’existence d’une
insuffisance intellectuelle que R.MISES définit
ainsi (cf « L’enfant déficient mental »1975
et cité par le Dr Galland et Janine Galland dans leur ouvrage «
l’enfant handicapé mental ») :
« La façon dont s’exprime le déficit intellectuel apparaît ici particulièrement complexe, et il est malaisé d’y démêler la part du déficit inscrit, celle du retrait, celle du trouble instrumental et l’influence des perturbations psychotiques sur le fonctionnement des structures opératoires… les performances déjà limitées par l’insuffisance intellectuelle de fond sont encore réduites par la façon dont l’enfant se dessaisit parfois massivement des moyens d’expression et de relation qui le mettraient dans une position ressentie inconsciemment comme inassumable. »
Les troubles du comportement chez les enfants dysharmoniques sont constants,
ils peuvent être considérés comme « caractériels
» ou s’ancrer dans des traits psychotiques plus ou moins graves.
Les réactions névrotiques à tonalité anxieuses
peuvent s’exprimer par des replis sur soi ou des recherches de satisfaction
immédiate (tels que le balancement, les tics etc.) ou des attitudes
d’opposition.
Certaines déficiences dysharmoniques révèlent des
symptômes dépressifs avec des expressions de crainte et de
découragement.
Après cette longue tentative de définition de la déficience intellectuelle, je vous propose de nous intéresser à ses causes.
Si dans environ 60% des cas, ces causes sont connues et identifiées pour être de type héréditaire (les maladies métaboliques) ou dues à une atteinte du fœtus, il n’en demeure pas moins que dans 1/3 des cas les causes de ces déficiences ne sont pas connues.
La maladie la plus fréquente est la trisomie 21, elle atteint
une naissance pour 700 naissances.
Sa fréquence me pousse à vous encourager à lire son
descriptif :
Provoqués par une incompatibilité entre le sang maternel et le sang du fœtus.
Malheureusement encore trop fréquent il touche 1/1000 naissances
vivantes et se manifeste par un retard de développement utérin
du fœtus et parfois de malformations.
La femme enceinte est particulièrement sensible à l’alcool,
certaines hypersensibilités existent au point que certaines mères
d’enfants atteints de Syndrome d’Alcoolisme Fœtal n’étaient
pas reconnues alcooliques au moment de la naissance de leur enfant. Aussi
la prévention est-elle indispensable pour éviter les ravages
que l’alcool produit sur le développement du fœtus.