
Le secteur médico-social
Présentation du secteur médico-social
Les institutions médico-sociales sont très variées
du fait qu’elles ont pour mission d’accueillir toute personne
qui ne peut vivre de manière autonome dans le milieu ordinaire.
Afin de vous donner une idée de l’importance de ce secteur
d’activité, voici quelques chiffres :
Dans le domaine de l’enfance, on dénombre 2500 établissements et services pour accueillir 130 000 enfants.
4420 structures accueillent 170 000 personnes handicapées adultes.
Ces établissements sont répartis sur l’ensemble du
territoire français.
Le taux d’équipement moyen est estimé à 4 places
pour 1000 habitants âgés de 20 à 60 ans pour le travail
protégé.
Ce même taux d’équipement passe à 1 place pour
1000 habitants pour les structures d’hébergement destinées
aux personnes handicapées adultes.
En lisant les études statistiques, on réalise que la répartition des établissements est asymétrique sur le territoire et que toutes les catégories d’établissements ne sont pas représentées dans tous les départements français.
Le médico-social est un secteur générateur d’emploi
qui continue à se développer malgré la conjoncture
économique.
A partir de 2006, un renouvellement des effectifs est attendu dans ce
secteur et plus particulièrement dans les structures pour enfants,
plus anciennes et davantage pourvues de postes éducatifs, la profession
la plus touchée par les départs en retraite.
Histoire du médico-social
« L’aide à autrui » peuple notre histoire culturelle et identitaire et le profil des hospices où s’entassaient pêle-mêle les estropiés, vieillards, infirmes, fous et vagabonds est encore présent dans nos représentations.
C’est en 1652, que Louis XIV crée l’hôpital général,
qui accueille malades, fous mendiants et autres défavorisés,
dans une structure fermée qui restaure « l’ordre public » et rassure les « honnêtes gens ».
La charité était alors le moteur de l’aide « aux
miséreux ».
L’industrialisation du début du XXème siècle
et ses retombées sociales sont extraordinaires dans un monde de
tradition presque exclusivement rural. Elle a favorisé de nouvelles
formes d’assistance pour apporter réponse à de nouveaux
fléaux (tuberculose, alcoolisme, familles disloquées, misère
etc.).
L’issue victorieuse du conflit de 14-18 conduit la nation à
se préoccuper des invalides (comme Napoléon l’avait
fait également au retour de grandes campagnes).
Des associations, encore actives aujourd’hui, naissent dans les
années 1920/1930 (ex LADAPT-ligue pour l’adaptation des diminués
physiques au travail- et l’APF-association des paralysés
de France-).
Après la dernière guerre mondiale, et les tragiques constats
des abominations commises par les nazis, la société évolue
vers la recherche d’un monde moins cruel.
Les esprits sont restés marqués par cette folie d’extermination
du « différent ».
La bienfaisance, alors majoritairement privée, d’origine
confessionnelle, et liée à des initiatives locales, se professionnalise,
se fédère en associations, abandonnant peu à peu
la prédominance confessionnelle.
La Sécurité sociale, instituée en 1945, marque un
virage important dans le développement du secteur médico-social,
puisque sa création a permis la généralisation des
soins et le développement des institutions chargées de les
administrer.
11 ans après, en 1956, un texte fondateur, réactualisé
en 1989, « les annexes 24 » crée les conditions d’une
approche psycho-pédagogique et médico-sociale dans le traitement
des enfants inadaptés pris en charge par la sécurité
sociale » (in guide de l’éducation spécialisée
de Guy DREANO aux éditions DUNOD).
Vous retrouverez dans le dossier « éducation »
de ce cours une description des annexes 24.
La décentralisation, induite par la loi particulière de
1986, redéfinit les compétences en matière de tutelle
et de financement des structures du médico-social.
Je vous rappelle que ce nouveau contexte a initié en partie la
révision de la loi de 1975 sur les institutions sociales et médico-sociales.
Ainsi depuis cette date se définit une nouvelle répartition
des « compétences ».
Par soucis de clarté, nous ne traiterons que des compétences
liées au handicap :
Le handicap, secteur enfance :
Le handicap adulte (jour) :
L'hébergement :
Il est à noter des particularités dans ce schéma
général.
Ainsi, les Maisons d’Accueil Spécialisées (MAS) accueillent
des personnes adultes gravement dépendantes en hébergement,
mais sont financées par les organismes de Sécurité
sociale et contrôlées par la DASS état.
Les foyers à double tarification accueillent des personnes adultes
très dépendantes et sont financés par le conseil
général pour la partie hébergement et par l’assurance
maladie pour la partie soins.
Les conditions d’ouverture des établissements
Le projet de création de l’établissement doit recevoir une autorisation de création, suivie d’une autorisation de donner des soins ou recevoir des bénéficiaires de l’aide sociale.
Autorité du CROSMS (in loi 2002/2 chapitre III section 1 « des
autorisations ») « le comité d’organisation
sanitaire et sociale compétent émet un avis sur tous les
projets de création ainsi que sur les projets de transformation
et d’extension.(…)
Les CROSMS comportent 4 sections spécialisées pour examiner
les demandes des établissements et services accueillant soit des
personnes handicapées, soit des personnes âgées, des
personnes en difficulté sociale ou des enfants relevant d’orientations
administratives. (décret n°2004-65 du 15 janvier 2004)
L’autorisation est accordée pour une durée de 15 ans.
Le renouvellement total ou partiel est exclusivement subordonné
aux résultats de l’évaluation externe (…) ».
Par ailleurs, les procédures d’autorisation s’effectuent
dans le cadre balisé du financement.
Un des motifs de refus de l’autorisation peut être son coût
de fonctionnement en année pleine au regard des dotations prévues.(…)
L’opposabilité des enveloppes financées par l’assurance
maladie, mais également par (…) la possibilité par
l’aide sociale des départements de refuser des coûts
jugés excessifs, se voient ainsi consacrés, ce qui renforce
plus encore le financeur public dans son pouvoir en matière de
pilotage.
On imagine en effet que les 3 ans donnés au promoteur pour revoir
sa copie seront mis à profit pour trouver un terrain d’entente
entre lui et le financeur (…). (in Démarche qualité
en établissement social et médico-social éditions
WEKA).
Description des établissements et services pour personnes handicapées
Dans le dossier sur l’éducation vous trouverez la description des établissements et services accueillant les enfants handicapés.
Il me faut néanmoins compléter cette liste par les EREA et les LEA, respectivement des établissements régionaux
d’enseignement adapté et des lycées d’enseignement
adapté, des structures qui ne figurent pas dans la partie de cours
sus-cité et que je vous propose de présenter ici.
Ces structures accueillent des élèves handicapés
de 12 à 16 ans présentant une ou plusieurs caractéristiques
:
Les structures
d’accueil pour adultesVous trouverez dans le dossier emploi une description de la structure Centre d’Aide par le Travail (CAT) et des Ateliers Protégés (AP).
Les Maisons d’accueil spécialisé
Lieux d’hébergement pour personnes gravement dépendantes
nécessitant une surveillance constante.
Ce sont des structures officialisées par la loi 2002/2.
Elles accueillent des personnes présentant des caractéristiques
de perte d’autonomie :
polyhandicapées, autistes, déficientes intellectuelles sévères
ou des handicaps physiques importants.
86% des personnes accueillies en MAS souffrent d’un retard mental
profond et 70% ont une déficience associée.
Les places disponibles en MAS sont très insuffisantes en France
et les listes d’attente sont importantes.
Cette carence en places disponibles favorise le maintien d’enfants
devenus adultes en établissement d’enfants du fait de l’amendement
dit « Creton » (du nom de son auteur) qui autorise la maintien
des adultes gravement handicapés dans leurs structures d’éducation
d’origine, lorsqu’ils ont atteint la limite d’âge,
c’est à dire 20 ans.
Cet amendement fut une réponse palliative aux nouveaux besoins
d’une population qui, en partie du fait des progrès réalisés
par la qualité des prises en charge, a augmenté son espérance
de vie. Les effets de ces progrès n’ont pas été
anticipés dans les planifications et les écarts actuels
entre les offres de service et les besoins sont, selon les départements,
préoccupants.
Cette préoccupation s’est matérialisée par
la création d’enveloppes budgétaires spécifiques
pour tenter de juguler le retard pris dans l’ouverture de ces structures.
Les effets sur l’évolution des établissements d’enfants
sont également inquiétants, puisque dans l’attente
de l’ouverture de MAS, les places dédiées aux enfants
sont occupées par des adultes, et inaccessibles aux enfants qui
ne peuvent y être orientés.
C’est ainsi qu’un dispositif se grippe…
Personnellement, je pense que cet amendement était une réponse
humaniste (et la moins mauvaise) à de véritables tragédies
individuelles ; quand les jeunes adultes étaient renvoyés
dans leurs familles, sans solution et dans une complète solitude.
Cependant, ce qui n’aurait du rester qu’une solution palliative
et très provisoire dure (environ 10 ans) et menace la cohérence
d’un dispositif destiné à de grands démunis.
Les structures MAS nécessitent la présence d’un personnel
de proximité nombreux (un personnel pour un résident en
moyenne et si cela correspond à la norme tacitement admise, nous
savons que c’est très insuffisant pour assurer, 365 jours
par an, l’accompagnement dans tous les actes de la vie quotidienne
de ces personnes dépendantes).
« Ils sont destinés aux adultes handicapés qui disposent d’une certaine autonomie ne justifiant pas leur admission en maison d’accueil spécialisée (MAS) : sans être apte à exercer un travail productif, même en milieu protégé, ils ont une autonomie suffisante pour se livrer à des occupations quotidiennes. » (in le guide NERET pour les personnes handicapées)
Ces foyers mettent en œuvre des soutiens médico-sociaux adaptés à l’état des personnes accueillies.Créés eux aussi à l’initiative des départements,
ils accueillent des personnes qui travaillent dans un CAT ou dans un Atelier
Protégé.
Ces structures mettent en place des soutiens médico-sociaux pour
accompagner les résidents, à leur retour de la structure
de travail les week-ends et pendant leurs vacances.
Ces foyers font l’objet d’un financement croisé département et assurance maladie
Pour répondre aux besoins d’adultes
lourdement handicapés, il a été décidé,
en 1986, de mettre en place un programme expérimental de création
de foyers à double tarification(circulaire n°86-6 du 14 février
1986).
Ils ont été appelés ainsi en raison de leur financement
pris en charge à la fois par l’assurance maladie et par le
département.
L’assurance maladie prend en charge les soins sous forme d’un
forfait destiné à couvrir les soins permanents des personnes
et le département, les frais d’hébergement.
Les personnes accueillies dans ces foyers sont atteintes de handicaps
associés à une déficience physique ou mentale.(in
le guide NERET pour les personnes handicapées)
En 1999, le Conseil d’Etat a déclaré que ces structures
étaient dépourvues de base réglementaire du fait
de leur création par voie de circulaire, ils étaient alors
re-qualifiés en foyer d’hébergement tarifés
par le conseil général, la partie soins étant alors
financée à l’acte par l’assurance maladie.
Avec la loi du 2 janvier 2002 leur base juridique est assurée.

Les établissements pour adultes handicapés au 31 décembre 2001
sources : http://www.sante.gouv.fr
Une problématique importante aujourd’hui : les personnes handicapées vieillissantes
Du fait du progrès des soins, l’espérance de vie des personnes handicapées suit celle de la population ; elle augmente.
Du fait de cette nouvelle longévité, la question du devenir
de ces personnes est posée.
Elles ne peuvent pas toujours rejoindre une maison de retraite du fait
de leurs besoins en soins spécifiques, elles ne peuvent pas rester
dans certaines structures dont les agréments ont prévu une
limite d’âge à 60 ans ;
De plus ces personnes sont fragiles et vulnérables et supporteront
difficilement un changement radical de lieu et d’environnement affectif.
L’équation est ainsi posée aux associations gestionnaires
et aux financeurs qui doivent inventer de nouveaux concepts d’accueil
pour ce type de population.