CNRS - Université de Nancy 2

Séminaire de Philosophie et d'Histoire des Sciences
Coorganisé par les Archives H. Poincaré et le Département de Philosophie


Séminaire bimensuel, année 2004/2005
(Université Nancy 2, Campus Lettres et Sciences Humaines, salle Jules Vuillemin J.303)
Ce séminaire se tient tous les quinze jours, le Mercredi, de 18 à 20 heures.
Il suit le séminaire hebdomadaire de DEA, chaque Mercredi dans la même salle, de 16 à 18 heures.
Il est ouvert aux chercheurs et aux étudiants.


Planning 2004-2005

[Le programme du premier semestre prêt à imprimer: pdf]
[Le programme du second semestre prêt à imprimer: pdf]

 
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Conférence
Lecture "Sens commun & vérité scientifique"

 
DATE
INTERVENANT(E) TITRE / ARTICLE
13/10
Gabriel SANDU (Université de Helsinki) Ramsey et la notion de fonction arbitraire. [Résumé]
27/10
Philippe LOMBARD Lecture: "Le point par-delà l'infini"
10/11
Paolo MANCOSU (Université de Berkeley) Predicativity: Problems and Prospects. [Résumé]
17/11
Michael ASTROH (Université de Greifswald) Petrus Abaelardus on Modalities de re and de dicto. [Résumé]
24/11
Igor LY Lecture: Henri POINCARE: "Les Mathématiques et la logique" (Dernières pensées)
8/12
Joseph VIDAL-ROSSET (Université de Bourgogne) Incomplétude et conservativité. [Résumé]

05/01

Fabien SCHANG Lecture: Extrait de QUINE: Philosophie de la Logique.
19/01
Michel GROSSETTI (Centre d'Etudes des Rationalités et des Savoirs, Toulouse) La territorialisation des universités et de la recherche en France. [Résumé]
02/03
Pierre-Edouard BOUR Lecture: Charles Sanders PEIRCE "Le Pragmaticisme" (~1905-08)
09/03
Pierre LAMARD (Université Technologique de Montbéliard) Les enjeux des formations supérieures : Le cadre du nord Franche-Comté (1945-2000). [Résumé]
23/03
Michael HEIDELBERGER Lecture: Ernst MACH, extrait de L'Analyse des sensations (2e ed., 1922)
06/04
Friedrich STEINLE (Wuppertal) Expériences, concepts, lois : Le cas des deux électricités. [Résumé]
04/05
Gerhard HEINZMANN Lecture: L. DAURIAC : "Le pragmatisme et le réalisme du sens commun" (1911).
11/05
Qizhi YU (Ecole Normale Supérieure de Chine du Sud) Qu'est-ce que l'argument dominateur? Jules Vuillemin et la solution de l'aporie de Diodore. [Résumé]
18/05
Jean-Louis FABIANI (EHESS, Paris) Science des philosophes et philosophie des savants en France (1880-1930). [Résumé]

 


Lectures sur le thème "Sens commun & vérité scientifique"
Le séminaire des Archives Poincaré inaugure une nouvelle formule: Les conférences invitées vont alterner avec des séances de lecture, chacune étant consacrée à un texte (article ou extrait de livre) sur le thème "Sens commun & vérité scientifique". L'intervenant/e introduit le texte puis anime une lecture et une discussion collectives sur les passages qu'il/elle a choisi. Les participants aux séances de lecture sont supposés avoir pris connaissance du texte avant la séance. Les textes sont regroupés en un cahier par semestre, disponible aux Archives Poincaré.
Résumés des conférences

13 octobre 2004
Gabriel SANDU
(Université de Helsinki)
Ramsey et la notion de fonction arbitraire

L'une des critiques que j'ai apportée au système logique de Frege (Hintikka et Sandu, The Skeleton in Frege's cupboard, Journal of Philosophy 1990) a été la même que la critique addressée par F. Ramsey au système de Principia Mathematica: l'incapacité de rendre justice à l' attitude extensionnelle des mathématiques modernes. Cette incapacité est manifeste dans le fait que les seules fonctions mathématiques qui existent selon ces systèmes sont ou seulement des fonctions qui sont définnissables dans un certain langage (Principia) ou des fonctions qui n'existent que par rapport à certain concepts (Frege) et pas des fonctions arbitraires dans le sens extensionnel. Dans ma présentation je vais montrer à quel point la vision des fondements des mathématiques de Ramsey était différente de celle de Frege et Russell et la source de cette différence réside précisément dans la notion de fonction extensionnelle arbitraire.

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10 novembre 2004
Paolo MANCOSU
(Université de Berkeley)
Predicativity: problems and prospects

The foundational position known as "predicativity" took its start from the debate between Poincaré and Russell on the nature of logic and received already in 1918 an impressive formulation and systematization in Weyl's Das Kontinuum, where Weyl offers a predicative foundation of analysis. By the 1950s the logical tools required for a logical analysis of the notion had been developed. In the last two decades reflection on predicativity has prospered not only from the foundational point of view but also from the philosophical point of view. Indeed, one can claim that predicativity is looking better with time. The aim of my talk is to provide a survey of recent developments in the historical, logical, and philosophical study of predicativity.

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17 novembre 2004
Michael ASTROH
(Université de Greifswald)
Petrus Abaelardus on Modalities de re and de dicto

The distinction between modalities de re and de dicto Abaelard introduces in his Glosse super Periermeneias presents itself as a topic of traditional predication theory. Although the two varieties of alethic modality are bound to different forms of predication Abaelard explains the meaning, scope and purpose of according modal operators in so uniform a manner that he can set forth rules of inference between modal propositions de re and their logical correspondents de dicto.

In a supplement to his comment on De Interpretatione Abaelard defends his distinction against scholars like Guillaume de Champeaux who reject the concept of de re modalities. The present paper comments on Abaelard's refutation in so detailed a manner that it sets out the philosophical and logical prerequisites of his comprehensive account of modal propositions. In this way this contribution prepares a formal reconstruction of Abaelard's modal logic that relies on a connexive version of quantified modal logic plus Barcan formulae whose genuine, modal component is not stronger than T.

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8 décembre 2004
Joseph VIDAL-ROSSET (Université de Bourgogne)
Incomplétude et conservativité

Un développement philosophique intéressant du théorème d'incomplétude de Gödel a été donné récemment par Jeffrey Ketland ("Deflationism and Tarski's Paradise", Mind, Vol. 108 . 429. January 1999*). On peut résumer l'argument de Ketland de la façon suivante: une théorie déflationiste de la vérité affirme que toute proposition assertée avec le prédicat de vérité peut être assertée sans ce prédicat: la vérité est décitation. Le caractère déflationiste de la définition de la vérité donnée par la Convention T (T<=> p) s'accorde avec le caractère non substantiel de la vérité et avec le fait que l'ajout d'une telle définition de la vérité dans un système formel S quelconque produit une extension conservative de S. Or c'est un fait remarquable que si l'on ajoute à S une théorie de la vérité telle que Tarski la formule à l'aide de la notion de satisaction (sat), la théorie (S + sat) apparaît comme une extension non conservative de S puisque l'on peut prouver grâce à elle des vérités qui ne peuvent pas être prouvées sans la théorie tarskienne de la vérité. Si l'on prend l'Arithmétique formelle de Peano pour exemple (PA), (PA + sat) prouve par exemple la cohérence de PA ainsi que la vérité de l'énoncé de Gödel affirmant sa non démontrabilité dans PA. La conclusion de Ketland est que cela suffit à montrer l'inadéquation des théories déflationistes de la vérité ainsi que la fausseté du caractère prétendument "non substantiel" de la vérité: si une théorie non conservative de la vérité - comme celle de Tarski - prouve plus qu'une théorie conservative - comme celle contenue dans la simple assertion de la Convention T -, c'est que le déflationisme est faux et qu'il y a plus à dire sur la vérité que ce qu'en disent les théories déflationistes. Le théorème d'incomplétude de Gödel et la théorie tarskienne de la vérité montrent que la vérité est substantielle au sens où une théorie intéressante de celle-ci qui s'applique à une théorie S est nécessairement une extension non conservative de S.

Après avoir exposé la signification exacte des notions d'indécidabilité et d'incomplétude, je tenterai de répondre à l'argument de Ketland, en vue de donner une défense d'une théorie rigoureuse du déflationisme qui soit en accord avec les résultats de Tarski-Gödel. Je montrerai pourquoi l'argument dogmatique de Ketland n'est pas strictement scientifique, mais, comme l'aurait reconnu Vuillemin, l'expression d'une position spécifiquement philosophique. Je m'appuierai pour cela dans un premier temps, non sur la philosophie, mais uniquement sur la logique du premier ordre, en énonçant en elle la formulation exacte de l'énoncé indécidable de Gödel, et rien d'autre. Si je ne fais pas erreur, cette formulation devrait suffire à montrer pourquoi la réfutation que Ketland croit donner du déflationisme est en réalité totalement illusoire. Le montrer ne réfute pas non plus la position philosophique de Ketland, mais cela permet en revanche d'exposer l'instabilité du réalisme mathématique contemporain, tel que Ketland l'exprime entre les lignes, avec l'empirisme communément admis aujourd'hui.

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19 janvier 2005
Michel GROSSETTI (Centre d'Etudes des Rationalités et des Savoirs, Toulouse)
La territorialisation des universités et de la recherche en France

Il y a une carte des activités scientifiques comme il y a une carte de l'industrie ou des transports. Cela signifie que la répartition des établissements scientifiques sur le territoire est une source de différenciation entre les villes et les régions. Cette source ne se réduit pas au nombre d'enseignants, de chercheurs et d'étudiants, elle est aussi constituée des orientations scientifiques, des types d'établissements, de la réputation et de la " productivité " des chercheurs, de l'adéquation temporaire entre les orientations scientifiques et l'environnement industriel, etc.

La construction de cette carte est un processus à forte inertie. Il faut au moins vingt ans pour faire une université, les thématiques de recherche évoluent lentement, les carrières des enseignants-chercheurs sont longues (une trentaine d'années au moins), les relations entre la laboratoires et les industriels s'inscrivent souvent dans la durée. Il faut ajouter à cela que cette activité est globalement en expansion. Ainsi, il n'y a pas eu de fermeture d'université en France depuis 1896 alors que leur nombre a doublé à deux reprises au moins depuis. Les créations d'établissements ont tendance à se faire par vagues successives, entrecoupées de périodes de latence. Le cumul de ces caractéristiques fait qu'une ville qui se dote d'une université lors d'une période favorable a toutes les chances de la garder alors qu'une autre qui ne l'aurait pas fait mettra du temps à en obtenir une. Les implantations scientifiques sont porteuses de fortes irréversibilités. Cela signifie que les choix faits à certains moments peuvent se révéler lourds de conséquences. Il est donc nécessaire de replacer les évolutions de la carte scientifique dans une histoire plus ou moins longue, qui inclut des décisions, des lobbies, des réseaux d'acteurs, des projets, bref du politique.

Dans l'exposé, je retracerai les étapes de la construction de la carte française de l'enseignement supérieur et de la recherche, en m'arrêtant particulièrement sur la période actuelle et la situation des antennes universitaires. Je donnerai aussi quelques éléments de comparaison avec la situation dans d'autres pays européens.

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9 mars 2005
Pierre LAMARD
(Université Technologique de Montbéliard)
Les enjeux des formations supérieures : Le cadre du nord Franche-Comté (1945-2000)

Aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale, une prise de conscience progressive mais inéluctable se fait jour, attestée par des positions institutionnelles aussi diverses que représentatives (Commissariat Général à la Productivité, UIMM, Assises de la recherche de Caen…), pour affirmer la nécessité devenue impérative de faire émerger une élite étoffée de chercheurs et d'ingénieurs. Parallèlement à une nette volonté étatique de " provincialisation " des grandes écoles, ces prises de position marquent le point de départ d'un vaste mouvement cherchant à développer des relations plus étroites entre l'Université, les écoles d'ingénieurs et le monde de l'industrie, autour d'un dénominateur commun, celui d'une recherche efficiente, susceptible de transferts technologiques. Au début des années soixante, plusieurs commissions ministérielles sont chargées d'examiner les réformes de structure qu'il est opportun d'entreprendre dans le système de l'enseignement supérieur français.

C'est dans ce contexte de rénovation, préparé par la IVème République, mais mis en œuvre par le régime suivant, au nom d'une France puissante, que commence à se structurer des formations supérieures, jusque là inexistantes, dans le nord de la Franche-Comté. Dans un premier temps, c'est le patronat de la grande industrie, via les grands groupes locaux que sont Peugeot et Alsthom, qui saisit toute l'importance des enjeux, à savoir une dynamisation salutaire de leur bassin d'emploi. Au cours de cette période sont successivement mis en place une école nationale d'ingénieurs et un grand organisme de formation permanente (le CIPES), véritable levier d'action pour l'encadrement tant pour des questions de pacification sociale que de nouvelles méthodes de travail, inspirées d'outre-Atlantique.

Mais très vite se substitue une vision plus politique du territoire, facilitée par les lois de décentralisation et emmenée par de fortes et emblématiques personnalités dont André Boulloche et Jean-Pierre Chevènement. Dans leur sillage, les préoccupations liées à des activités universitaires qui soient nécessairement en prise directe avec le terrain économique, mobilisent non seulement l'ensemble des élus locaux sur es projets d'envergure, mais aussi les administrations centrales dans le cadre des politiques nationales. Le processus de création, parfois douloureux et houleux, parfois incertain de l'Université de Technologie de Belfort Montbéliard répond de cette logique. Sur le plan des rapports locaux, ce forcing existentiel en matière d'enseignement supérieur émanant du bassin industriel le plus porteur de la région contribue à une redistribution des cartes, obligeant l'Université de Franche-Comté, arc-boutée sur ses prérogatives et frileuse dans son développement à une sévère mais réelle remise en question de sa stratégie.

Cette tendance à une recomposition des forces d'action s'avère dans le cadre géographique présent, renforcée par différentes structures, qui émanent à la fois d'organismes nationaux (pôle de recherche sur les transports terrestres), des collectivités locales (réseau des villes Rhin-sud) et du tissu économique (Perfoest). Complètement intégré dans cette proximité tant organisationnelle qu'institutionnelle, le développement de la recherche et des formations technologiques apparaît bien comme un des paramètres essentiels d'aménagement du territoire, la bataille engagée aujourd'hui autour des pôles de compétitivité en étant une des dernières illustrations.

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6 avril 2005
Friedrich STEINLE
(Wuppertal)
Expériences, concepts, lois : Le cas des deux électricités

L'électricité est bipolaire -- cette notion est absolument fondamentale pour notre maniement de l'électricité. Elle constitue une partie élémentaire de pensée par laquelle nous dirigeons nos actions quotidiennes, soit en remplaçant une pile dans notre appareil photo, soit en connectant une batterie auxiliaire à notre voiture après une nuit glaciale. C'est plutôt remarquable que le concept de deux électricités n'existait pas avant les années 1730. Mais l'idée qu'il n'était naturellement `donné' faiblit déjà au cours de 18ème siècle. Dans ma communication, j'analyserai le processus dans lequel ce concept fondamental a été formé, et discuterai ses caractéristiques et sa portée épistémologique. L'acteur central en était Charles Dufay, académicien brillant et Intendant du Jardin Royal à Paris. Pendant ses recherches sur une loi de l'attraction et répulsion électrique, il se trouvait dans une situation assez désespérée, situation qu'il finalement pouvait résoudre par une proposition assez forte : la proposition de non plus parler de l'électricité en général, mais de deux électricités. Une analyse détaillée de cet épisode nous donne un exemple riche de rapports spécifiques, mais peu exploré, entre l'expérimentation et la formation de concepts. En particulier, c'est instructif de voir de quelle manière des concepts, des lois, et la stabilité expérimentale ont été créés ensemble au sein d'un même processus. L'étude démontre que des processus de formation des concepts ont une importance fondamentale pour la philosophie de la physique.

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11 mai 2005
Qizhi YU
(Ecole Normale Supérieure de Chine du Sud)
Qu'est-ce que l'argument dominateur? Jules Vuillemin et la solution de l'aporie de Diodore

Notre travail concerne ici principalement, dans le livre Nécessité ou contingence de Jules Vuillemin, le problème de l'argument Dominateur. On se propose dans ce travail de résumer la méthode vuilleminienne et de montrer l'argument Dominateur et sa dualité. On discute la définition des modalités de la nécessité et de la contingence chez Diodore. Il s'agit enfin d'analyser la nécessité conditionnelle et l'abandon du principe de bivalence du vrai et du faux touchant à la solution aristotélicienne du Dominateur.

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Le programme des années précédentes:


Pour tout renseignement: Manuel.Rebuschi @ univ-nancy2.fr
(Dernière mise à jour le 10/05/05)