CNRS - Université de Nancy 2

Séminaire de Philosophie et d'Histoire des Sciences
Coorganisé par les Archives H. Poincaré et le Département de Philosophie


Séminaire hebdomadaire, année 2005/2006
(Université Nancy 2, Campus Lettres et Sciences Humaines, Institut de Philosophie salle A.256 bis)
Ce séminaire se tient chaque mercredi, de 18 à 20 heures.
Il est ouvert aux chercheurs et aux étudiants.


Planning 2005-2006

[Le programme prêt à imprimer: pdf]

 
DATE
CONFERENCIER(E) SUJET / TITRE
19/10 Mark van Atten (IHPST, Université Paris 1) Gödel and intuitionism [Résumé]
2/11 Alexei Grinbaum (Archives Poincaré) Le rôle de l'information dans la théorie quantique. [Résumé]
9/11 Cyrille Michon (Université de Nantes) Providence divine et liberté humaine. [Résumé]
16/11 Sandrine Darsel (Archives Poincaré) L'ontologie des oeuvres musicales. [Résumé]
30/11 Tero Tulenheimo (Université de Helsinki) Le problème de Gettier, et la relation entre vérité et justification. [Résumé]
7/12 Laurent Jaffro (Université de Clermont-Ferrand) Quelle psychologie pour la théorie morale ? Le problème de la motivation. [Résumé]
14/12 Amirouche Moktefi (Archives Poincaré) Les diagrammes logiques de Lewis Carroll. [Résumé]
4/1 Ed Jurkowitz (Lake Forest College, Chicago) Ernst Mach's perspectival scientific methodology and its political-epistemological location at the end of the nineteenth century. [Résumé]
11/1 Jaime Nubiola (Université de Navarre) The reception of pragmatism in the Spanish-speaking world: methodological aspects. [Résumé]
18/1 Christian Brassac (LabPsyLor - Équipe Codisant-G3C - Université de Nancy 2) Quelques interrogations sur l'actualité du pragmatisme social de G. H. Mead en psychologie. [Résumé]
25/1 Pierre Cassou-Noguès (CNRS Lille) Quelques remarques de Gödel, sur les machines de Turing. [Résumé]
1/2 Giuseppina Ronzitti (CNRS / Archives Poincaré) The Intuitionistic Continuum. [Résumé]
8/2 Jonathan Barnes
(Paris IV-Sorbonne)
Les connecteurs logiques dans l'Antiquité. [Résumé]
15/2 Mikaël Mugneret (Archives Poincaré) En quête du "Soi" : vrai mystère ou faux problème ? [Résumé]
8/3 Michel Bourdeau (IHPST, Paris) Sur la théorie des types. [Résumé]
22/3 Allan Franklin (Université du Colorado) Are the Laws of Physics Inevitable? [Résumé]
5/4 Anne-Françoise Garçon (Université Paris 1) Autour d'un ouvrage : Entre l'Etat et l'Usine. L'Ecole des mines de Saint-Etienne au XIXe siècle. [Annulé]
12/4 Eric Lemaire (Archives Poincaré) Philosophie et pratique de la philosophie chez Wittgenstein. [Résumé]
19/4 Eric R. Kraemer (Philosophy Department, University of Wisconsin--Lacrosse) Poincaré, le naturalisme et la question de la relativité de la connaissance scientifique. [Résumé]
10/5 Denis Grison (Archives Poincaré, UHP) Ethique et précaution. [Résumé]
17/5 Ivahn Smadja (Université de Caen) Sur la valeur explicative des preuves mathématiques [Résumé]
24/5 Dominique Pradelle (Archives Poincaré) La fondation husserlienne de la logique des modalités. [Résumé]
31/5 David Rowe (Université de Mayence) Pure vs. Applied Mathematics in Göttingen ca. 1900. [Résumé]
7/6 Jean-Claude Dupont (Archives Poincaré) Rhétorique des juges et rhétorique des parties à la Cour européenne des droits de l'homme : enjeux pour une philosophie de l'argumentation. [Résumé]
14/6 Nicholas Griffin (McMaster University) Russell and Wittgenstein on belief. [Résumé]
21/6 Carole Ququ (Archives Poincaré) La réception de l'outil logique en France 1915-1945. [Résumé]

 


Résumés des conférences

19 octobre 2005
Mark van Atten
(IHPST, Université Paris 1)
Gödel and intuitionism

Gödel's relation to intuitionism is somewhat complicated. While he clearly rejected the intuitionistic point of view on logic, arithmetic, and analysis, he also benefited from it on various occasions. The influence of Brouwer's Vienna lectures on the genesis of Gödel's incompleteness theorem is well documented in Carnap's diary. I will discuss some further topics: Gödel's attempted independence proof of the axiom of choice in 1942, the development of the Dialectica interpretation, Gödel on Markov's principle and choice sequences, and Heyting's visit to Gödel in 1957.

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2 novembre 2005
Alexei Grinbaum (Archives Poincaré)
Le rôle de l'information dans la théorie quantique.

Les dérivations théorético-informationnelles du formalisme de la théorie quantique soulèvent un intérêt croissant depuis le début des années 1990, grâce à la naissance de la discipline de l'information quantique et au retour des questions épistémologiques dans les programmes de recherche de nombreux physiciens-théoriciens. Nous proposons une axiomatique informationnelle dont nous dérivons le formalisme de la théorie quantique. Nous posons un système d’axiomes formulés dans le langage informationnel et nous analysons le double rôle de l’observateur qui est à la fois un système physique et un agent informationnel. Après l’introduction des techniques de la logique quantique, les axiomes reçoivent un sens mathématique précis, ce qui nous permet d’établir une série de théorèmes montrant les étapes de la reconstruction du formalisme de la théorie quantique. Pour conclure, nous soutenons que l'approche proposée s’insère dans un cadre epistémologique qui prend la forme d’une boucle entre descriptions théoriques.

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9 novembre 2005
Cyrille Michon (Université de Nantes)
Providence divine et liberté humaine

La question des futurs contingents qui est celle de la compatibilité de leur vérité et de leur contingence est rendue plus aiguë si l'on se donne un prédicteur infaillible de ces futurs, et la liberté humaine comme raison de leur contingence. Tel est le cas de la prescience divine dès lors que l'on attribue à Dieu un savoir de tout ce qui arrivera, même de manière contingente. La théologie philosophique analytique a fait de cette question un sujet de prédilection depuis une quarantaine d'années, et, même si elles ne sont pas majoritaires, les positions soutenant la compatibilité de la prescience et de la liberté ont été étudiées et parfois défendues avec subtilité. Toutefois, pratiquement aucun philosophe ne défend la compatibilité d'une providence absolue et de la liberté. Si l'on admet qu'il est possible que Dieu sache que je prendrai du thé demain, et que je le fasse librement, on tient pour impossible qu'il veuille infailliblement que je le fasse et que je le fasse librement. Telle a pourtant été la conception de nombreux théologiens médiévaux. Dans cette communication, je voudrais défendre également cette compatibilité de la providence et de la liberté.

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16 novembre 2005
Sandrine Darsel (Archives Poincaré)
L'ontologie des oeuvres musicales

La question " qu'est-ce qu'une oeuvre musicale ? " est entendue ici au sens d'une investigation spécifique des problèmes posés par une ontologie de l'art : il s'agit de s'interroger sur le mode d'existence des oeuvres musicales, sur leur identité et leur identification. Les difficultés sous-jacentes à une ontologie de la musique ne sont pas différentes de celles de l'ontologie en général : quelle sorte de chose est une oeuvre musicale ? Une oeuvre musicale est-elle une entité abstraite universelle pouvant être multiplement instanciée, ou bien une entité concrète particulière ? La structure et les conditions logiques d'existence de la Première Ballade de Chopin et Sara de Bob Dylan sont-elles identiques ou différentes ?

Une ontologie des oeuvres musicales examine les engagements ontologiques impliqués dans nos discours sur la musique ainsi que les raisons en faveur ou non de tels engagements. Contre l'idée selon laquelle les questions ontologiques à propos de la musique sont stériles, il s'agira ici de soutenir la nécessité et l'utilité d'une telle réflexion ontologique : l'ontologie des oeuvres musicales est non seulement digne d'intérêt, mais constitue aussi une étape primordiale pour toute réflexion sur la musique.

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30 novembre 2005
Tero Tulenheimo
(Université de Helsinki)
Le problème de Gettier, et la relation entre vérité et justification

Edmund Gettier a présenté, dans son célèbre article "Is Justified True Belief Knowledge?" (Analysis 23, 121-3, 1963), des exemples de cas où un agent croit que p, où il est également justifié à croire que p - tandis qu'il ne sait pas que p. Ces exemples reposent sur certaines présuppositions (la faillibilité de la justification, la préservation de la justification par la déduction) qui peuvent être discutées, mais la plupart des philosophes ont reconnu que Gettier avait réussi à montrer que l'analyse du "savoir" comme croyance vraie et justifiée n'était pas la bonne. L'article a provoqué une discussion philosophique très importante essayant de proposer des analyses de plus en plus subtiles du "savoir", ou d'argumenter qu'une telle analyse n'est pas possible.

Outre les exemples de Gettier lui-même, il y a abondance d'exemples proposés par d'autres auteurs après la publication de son article (certains datant aussi d'avant) - des exemples qui indiquent également des problèmes dans l'analyse traditionnelle du "savoir". En fait, comme je vais l'argumenter, la plupart de ces exemples additionnels posent des problèmes qui sont plus difficiles que ceux de Gettier pour comprendre exactement ce qui constitue la déviance dans l'analyse traditionnelle du "savoir".

Je discuterai le "problème de Gettier", c'est-à-dire le problème de l'analyse du "savoir" étant donnés les exemples qui montrent apparemment que l'analyse traditionnelle n'est pas la bonne. Mon approche sera logique. Plus spécifiquement, (1) je proposerai une analyse logique des exemples de Gettier, révélant exactement ce qu'il faut ajouter à l'analyse du "savoir" pour prédire correctement que les cas évoqués par ces exemples ne constituent pas des cas de savoir. (2) Par cela, je montrerai que la plupart des exemples inventés en discutant l'article de Gettier sont en réalité des exemples de types différents de celui proposé par Gettier, et sont bien plus difficiles en tant qu'exemples contre l'existence d'une analyse du "savoir" que ceux de Gettier lui-même - bien que les exemples soient invariablement présentés comme étant du même type. (3) J'esquisserai une analyse logique plus générale, discutant du point de vue logique les problèmes révélés par la totalité des exemples liés au problème de Gettier.

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7 décembre 2005
Laurent Jaffro
(Université de Clermont-Ferrand)
Quelle psychologie pour la théorie morale ? Le problème de la motivation.

Dans la théorie morale contemporaine, et spécialement à l'intérieur de la conception dite internaliste, une importante controverse oppose les "arguments kantiens" (T. Nagel, C. Korsgaard) et les "arguments humiens" (S. Blackburn) à propos du problème de la motivation, c'est-à-dire de la nature de ce qui détermine un agent à agir conformément au jugement moral. L'exposé se propose 1/ de reconstituer sommairement cette controverse et 2/ de montrer que cette controverse pourrait être dépassée grâce à une clarification des rapports entre théorie morale et psychologie.

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14 décembre 2005
Amirouche Moktefi (Archives Poincaré)
Les diagrammes logiques de Lewis Carroll

La construction et la manipulation des diagrammes logiques constituent le noyau central des écrits logiques de Lewis Carroll (1832-1898). En effet, c’est presque tout ce dont traitent ses deux ouvrages The Game of Logic (1886) et la première partie de Symbolic Logic (1896). L’usage de ces diagrammes pour représenter des propositions logiques, et pour résoudre des problèmes logiques n’est pas en soi propre à Lewis Carroll. La méthode était même assez répandue à son époque, et l’on ne peut pas dire qu’il y ait vraiment contribué, puisque sa propre méthode n’a que très peu été reprise. Les motivations qui l’on conduit à créer sa méthode, l’usage qu’il en fait, et les choix qu’il opère, sont, par contre, fort instructifs. Sa méthode diagrammatique présente aussi des innovations techniques intéressantes. Dans cette présentation, nous n’aborderons pas, à proprement dire, l’usage des diagrammes pour la résolution de problèmes logiques. Nous privilégierons l’étude de la représentation graphique des propositions et les principes logiques et géométriques qui déterminent le choix des figures, leur construction, et leur manipulation. Pour cela nous présenterons d’abord les diagrammes conçus par Lewis Carroll, puis discuterons leur place dans l’histoire des méthodes graphiques notamment par rapport à la lignée Euler – Venn – Peirce. Nous aborderons notamment la question de l’extension des diagrammes pour représenter un nombre indéterminé de termes, la représentation de l’univers du discours et du processus dichotomique, et enfin le statut logique des méthodes diagrammatiques.

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4 janvier 2006
Ed Jurkowitz (Lake Forest College, Chicago)
Ernst Mach's perspectival scientific methodology and its political-epistemological location at the end of the nineteenth century

While often labeled a positivist, this paper will show that Ernst Mach was more accurately a pragmatist and "perspectivalist." After briefly showing that Mach constantly fought against the possibility that any theory would rise to predominance, the paper will indicate the liberal political grounds for Mach's theoretical stance. The center of the paper will then show that Mach pursued a "perspectival" methodology that cohered with his broader scientific and social epistemology: one that allowed for multiple theoretical perspectives within any given field of inquiry. Examining Mach's central research topics from the mid-1860s to the late 1880s, especially physical and physiological optics and acoustics, Mach will appear to have pursed, in his day-to-day practice, an anti-foundational research methodology capable of encompassing multiple theoretical perspectives. Mach's formal epistemology will be shown to have grown largely from this practice. This methodology will then be located within a broader framework of methodological approaches competing in the last two decades of the 19th century.

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11 janvier 2006
Jaime Nubiola (Université de Navarre)
The Reception of Pragmatism in the Spanish-speaking World: Methodological Aspects

A surprising fact in the historiography of the Hispanic philosophy of the twentieth century is its almost total opacity towards the American philosophy, in spite of the real affinity between the central questions of American pragmatism and the topics addressed by the most relevant Hispanic thinkers of the century: Unamuno, Ortega y Gasset, d'Ors.

In this lecture that situation will be described, paying particular attention to Charles S. Peirce, his personal connections with the Hispanic world and the reception of his texts in Spanish. In particular I will pay attention to the development of the Grupo de Estudios Peirceanos (http://www.unav.es/gep/) at the University of Navarra since 1994 in the hope that some methodological reflections on the work already done may be fruitful for a French-speaking audience.

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18 janvier 2006
Christian Brassac (LabPsyLor - Équipe Codisant-G3C - Université de Nancy 2)
Quelques interrogations sur l'actualité du pragmatisme social de G. H. Mead en psychologie

Un renouveau de l'intérêt pour les thèses proposées par le pragmatisme américain marque actuellement les travaux portant sur la conduite humaine. C'est en tant que chercheur en psychologie sociale des processus cognitifs que je proposerai, dans un laboratoire de philosophie, une lecture de certaines propositions théoriques issues de cette école de pensée. L'une des quatre figures de ce mouvement, George Herbert Mead, est l'auteur de ces propositions qui font de lui le seul qui ait, dans la lignée de Peirce, James et Dewey, introduit véritablement la dimension sociale dans ce champ de recherches. C'est ce travail sur la Praktische Intersubjectivität comme l'a dénommée l'un des grands spécialistes européen de cet auteur (H. Joas), qui l'aura conduit à être considéré comme l'un des (si ce n'est " le ") fondateur(s) de la psychologie sociale.

La thèse que je souhaite défendre ici est la suivante : bien que considéré comme père fondateur de leur discipline par les auteurs francophones de psychologie sociale, ces derniers le citent de façon rituelle. C'est dire qu'ils le font sans être en mesure de faire véritablement fructifier les conceptions de G. H. Mead relatives à l'être-au-monde de l'humain vu comme praxis, à la conduite humaine envisagée comme production de significations, à la connaissance théorisée comme processus inscrit dans un rapport constitutif à l'autre.

À cela deux raisons que je développerai de façon inégale. La première est que l'œuvre de G. H. Mead est difficile d'accès (on parle d'obscurité stylistique, on souligne sa grande modestie le conduisant à une pensée en constante reconfiguration, on note qu'il n'a publié aucun ouvrage de son vivant, on remarque la situation éditoriale désatreuse des ses publications, etc.). La seconde est plus profonde ; elle tient au fait que la psychologie sociale francophone est fondamentalement egocéphalocentrée.

Je me propose dans cet exposé de travailler à la réception de son œuvre écrite dans la seconde partie du siècle dernier par la psychologie sociale francophone. Ceci me permettra de présenter à grands traits les domaines d'intérêt de G.H. Mead et d'amorcer la seconde raison de cette sous-lecture dont l'étude demanderait de plus longs développements.

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25 janvier 2006
Pierre Cassou-Noguès (CNRS Lille)
Quelques remarques de Gödel, sur les machines de Turing

La discussion par Gödel des machines de Turing a fait l'objet de nombreuses études. Le principal problème est que Gödel s'appuie sur la thèse de Turing pour généraliser son théorème d'incomplétude tout en dénonçant une "erreur philosophique" dans l'article de Turing de 1937. Comment Gödel peut-il à la fois utiliser la thèse de Turing et, apparemment, la critiquer ? Il s'agit donc de déterminer ce que Gödel accepte dans la thèse de Turing et ce qu'il en refuse. Je m'appuierai sur quelques remarques de Gödel dans les papiers inédits pour essayer d'en éclairer certains aspects de ces problèmes.

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1er février 2006
Giuseppina Ronzitti (Archives Poincaré)
The Intuitionistic Continuum

Intuitionistic set-theoretical concepts were introduced and developed by the Dutch mathematician L.E.J. Brouwer (1881 - 1966) during the decade 1918 - 1928. Brouwer's intention, not differently from Cantor's, was to provide a foundation for mathematical analysis and he attempted to formulate new concepts and a language which could be used for speaking and reasoning about the continuum in a perspicuous way, that is to say not as it were, like in the Cantorian conception, a completed mathematical object (a set).

The most remarkable idea introduced by Brouwer (first formulated in [1]) in his attempt to represent the continuum was that of a 'spread'. As Kleene ([3] p. 44) remarks, ``[t]hrough his notion of 'spread', Brouwer found a way, while maintaining the standpoint of the potential infinite, to deal with collections some of which are even uncountably infinite [...]".

In this talk, drawing on [3], [6] and [7], I give a survey of the main concepts of Brouwer's theory of spreads in a modern formulation. I'll also illustrate some difficulties one faces when counting elements of spreads (see also [2]) and, if time allows, will describe a new approach, and a tentative solution, to the problem (see [4], [5]).

References

  1. L.E.J. Brouwer (1918), "Begründung der Mengenlhere unabhängig vom logischen Satz vom ausgeschlossenen Dritten. Erster Teil: Allgemeine Mengenlehere", Koninklijke Nederlandse Akademie van Wetenschappen. Verhandeling, 1e sectie 12, no. 5. Reprinted in L.E.J. Brouwer. Collected works. Vol. I, "Philosophy and foundations of mathematics" A. Heyting ed. North-Holland, Amsterdam, 1975.
  2. A. Heyting (1929), "De Telbaarheidspraedicaten van Prof. Brouwer", Voordracht, gehouden voor het Wiskundig Genootschap.
  3. S. C. Kleene and R.E. Vesley (1965), The foundation of intuitionistic mathematics, especially in relation to recursive functions, Studies in Logic and the Foundations of mathematics, North-Holland, Amsterdam.
  4. G. Ronzitti (2002), On the cardinality of a spread, PhD Thesis, University of Genoa.
  5. G. Ronzitti (2004), "On some difficulties concerning the definition of an intuitionistic concept of countable set". The Logica Yearbook 2003, ed. L. Behounek, Filosofia - Institute of Philosophy, Academy of Sciences of Czech Republic.
  6. W. Veldman (1990), "A survey of intuitionistic descriptive set theory", Mathematical Logic, ed. P.P. Petkov, Plenum Press, New York.
  7. W. Veldman (1991), Intuïtionistische Wiskunde, Lecture Notes, Mathematisch Instituut, Katholieke Universiteit Nijmegen.
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8 février 2006
Jonathan Barnes (Paris IV-Sorbonne)
Les connecteurs logiques dans l'Antiquité

Il y a des différences remarquables entre les connecteurs de la logique contemporaine et ceux de la logique ainsi que de la grammaire grecques. Je discuterai de deux de ces différences, qui concernent la logique plutôt que la grammaire. (1) La définition ancienne standard du connecteur ou sundesmos spécifie un lien entre les parties du discours: un connecteur relie un nom à un nom, un verbe à un verbe, et ainsi de suite. Les connecteurs contemporains relient des phrases, non pas des parties du discours. (2) Les anciens ont reconnu plusieurs types de connecteur, parmi lesquels les connecteurs dits 'syllogistiques'. Un connecteur syllogistique sert à relier ou bien la deuxième prémisse à la première ou bien la conclusion aux prémisses. La logique contemporaine n'emploie aucun lien entre les prémisses d'un argument, et les expressions qui rattachent la conclusion aux prémisses semblent être des adverbes plutôt que des connecteurs.

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15 février 2006
Mikaël Mugneret (Archives Poincaré)
En quête du "Soi" : vrai mystère ou faux problème ?

A travers la notion d'identité personnelle gravitent toute une série de problématiques connexes et enchevetrées au nombre desquelles on peut citer : la question de l'identité personnelle à travers le temps, l'espace, les mondes possibles, la distinction entre individu et personne, et donc entre identité individuelle et identité personnelle stricto sensu, le problème de l'unité synchronique et diachronique de la conscience et de l'expérience, la distinction entre divers types d'identité (numérique [absolue ou relative], sortale, qualitative), entre connexité (connectedness) et continuité (continuity), etc. Après avoir passé en revue l'espace du problème lié à l'identité personnelle, nous nous concentrerons plus particulièrement sur la question de l'identité personnelle à travers le temps. Les critères classiques rencontrés dans la littérature : critères somatiques, psychologiques et théorie du pur ego, seront tout d'abord exposés, puis critiqués. Cette critique ira jusqu'à la remise en question du concept même d'identité personnelle.

En effet, la plupart de ces critères sont scientifiquement acceptables voire plausibles, mais on verra qu'ils s'avèrent contre-intuitifs hors de certaines limites d'utilisation. Tout d'abord, la question se posera de l'utilité voire de la légitimité philosophique à rechercher des critères de l'identité personnelle fonctionnant dans tous les cas possibles (expériences de pensées) voire même simplement dans les cas réels marginaux (patients split-brain, amnésies sévères, etc.). La réponse à cette question dépend du type d'enquète que l'on souhaite mener (ontologique ou seulement conceptuelle) et/ou de l'ontologie à laquelle on adhère (réalisme ou instrumentalisme). Notre démarche se situant dans une perspective au moins en partie ontologique et au moins en partie réaliste, nous prendrons le partie de l'utilité et de la légitimité philosophique à rechercher des critères de l'identité personnelle couvrant tous les cas métaphysiquement possibles.

La recherche de bons critères passera donc surtout par la mise en balance de nos intuitions. Cela fait toute l'originalité de ce genre d'investigation, essentiellement conceptuel dans sa forme, qui renoue sur le fond avec l'ontologie (au sens d'examen de nos présomptions sur le réel), et du mode d'argumentation, qui s'appuie le plus souvent sur des expériences de pensée visant à remettre en question nos intuitions ontologiques sur l'identité personnelle. Pour être plausible, cette réflexion ontologique, pour conceptuelle qu'elle soit, ne doit pas nier les faits. Elle doit, au contraire, s'efforcer de rendre compte au mieux des résultats les plus aboutis obtenus en sciences cognitives notamment. Nous verrons si, malgré cette double exigence contradictoire - respecter au mieux les faits ainsi que nos intuitions ontologiques - un retour du concept d'identité personnelle en philosophie de l'esprit est possible. A partir de là, nous nous emploierons à quelques extrapolations métaphysiques.

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8 mars 2006
Michel Bourdeau
(IHPST, Paris)
Ensemble, type et catégorie : l'architecture conceptuelle de la théorie constructive des types.

La notion de type a été introduite par Russell afin de reconstruire les mathématiques sur une base plus solide que celle offerte par la théorie cantorienne. Mais qu'est-ce qu'un type ? La réponse est loin d'être claire. Le domaine de signifiance d'une fonction propositionnelle, nous dit-on ; soit, mais qu'est-ce à dire ? Dans la théorie ramifiée, on peut considérer que c'est un ensemble. Mais Ryle, non sans raison, nous a aussi invités à voir dans les types des catégories. C'est le passage de l'ensemble à la catégorie qui est responsable de l'imprédicativité de la théorie des types simples.

Je voudrais montrer comment la théorie constructive des types de Martin-Löf permet de clarifier la situation. A cette fin, j'exposerai les deux versions (lower, higher level) sous lesquelles cette théorie a été présentée.

La remarquable vertu pédagogique du niveau inférieur tient à sa grande proximité avec la logique : il suffit en quelque sorte d'enrichir les règles de déduction naturelle par l'introduction d'une notation pour les preuves. En vertu de l'isomorphisme de Curry-Howard-de Bruijn, qu'on appellera encore non pas, comme d'ordinaire, principe de la proposition comme type, mais de la proposition comme ensemble, la logique se transforme immédiatement en une théorie des ensembles. De même, la thèse centrale de l'intuitionnisme devient : la proposition est l'ensemble de ses preuves. A ce premier stade, la théorie constructive des types n'est donc pour l'essentiel qu'une théorie des ensembles.

La théorie de niveau supérieur exploite, elle, la distinction entre type et ensemble. Le point de départ est à chercher cette fois du côté non de Gentzen, mais de Church, c'est-à-dire directement du côté de la théorie des types. L'originalité de la théorie constructive consiste alors dans l'introduction de types non seulement fonctionnels, mais dépendants. A ce second niveau, la distinction entre type-ensemble et type-catégorie devient claire. Pour qu'il y ait ensemble, il faut des règles spécifiant comment ses éléments sont formés; la différence entre éléments canoniques et éléments non canoniques joue alors un rôle capital. Rien de tel dans le cas des catégories puisqu'il suffit de saisir ce qu'est un objet d'une catégorie donnée.

Je m'arrêterai pour finir sur une conséquence remarquable de cette situation. Elle conduit en effet à distinguer deux concepts de fonction, selon qu'une fonction est définie par les règles de formation des types ((x : a) ß), ou par les règles de formation des ensembles ((Pi x : A) B(x)) : selon les cas, le rapport entre abstraction fonctionnelle et application fonctionnelle change.

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22 mars 2006
Allan Franklin
(Department of Physics, University of Colorado)
Are the Laws of Physics Inevitable?

In this paper I will discuss “contingency,” one of Ian Hacking’s three sticking points between those he identifies as social constructionists and those he calls rationalists. (I am in the latter camp.) Hacking suggests that when we look at elementary particle theory, for example Andy Pickering’s Constructing Quarks, “The constructionist maintains a contingency thesis. In the case of physics, (a) physics (theoretical, experimental, material) could have developed in, for example, a nonquarky way, and, by the detailed standards that would have evolved with this alternative physics, could have been as successful as recent physics has been by its detailed standards, (b) there is no sense in which this imagined physics would be equivalent to present physics. The physicist denies that.” He contrasts this with the inevitablist view of Sheldon Glashow, “Any intelligent alien anywhere would have come upon the same logical system as we have to explain the structure of protons and the nature of supernovae.” On a scale of 1 to 5 where 5 in a strong contingency view and 1 is an inevitablist, both Hacking and I rate ourselves as 2.

I suggest that there are good reasons for our view. The first is the substantial number of simultaneous theoretical suggestions such as the V-A theory of weak interactions by Sudarshan and Marshak and by Feynman and Gell-Mann, which I will discuss in detail, the simultaneous development of quantum electrodynamics by Feynman, Schwinger, and Tomonaga, and the independent suggestion of quarks by Gell-Mann and Zweig. Other examples abound. I also believe that there are constraints on theory which, although they do not determine or entail developments, nevertheless are quite strong and limit the options severely. These include, dare one say, Nature, after all Kepler could not have seriously suggested square orbits, available mathematics, and the existing state of empirical and theoretical knowledge. Other requirements for a theory to be seriously considered include Lorentz invariance, renormalizability, and various symmetry properties.

I will flesh out this rather abstract discussion by presenting a history of the theory of decay, from its first suggestion by Fermi in 1934 through a period of complex developments in both theory and experiment that made the simultaneous suggestion of the V-A theory by Sudarshan and Marshak and by Feynman and Gell-Mann seem almost inevitable. I will also discuss Pickering’s claim that scientists tend to tune in on phenomena consistent with existing group commitments and that alternatives explanations are not considered.

I conclude that the case for leaning toward inevitability is reasonably strong.

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12 avril 2006
Eric Lemaire
(Archives Poincaré)
Philosophie et pratique de la philosophie chez Wittgenstein

Le nom de Wittgenstein est intimement lié à l’histoire de la philosophie analytique. Son premier ouvrage, le Tractatus logico philosophicus,  eut un impact important sur la philosophie de B.Russell au cours des années dix et vingt, ainsi que sur les philosophes viennois réunis dans le Cercle de vienne. Ensuite, du fait de l’émigration de ces auteurs, causée par la montée du nazisme, la première philosophie de Wittgenstein représenta une influence déterminante de la philosophie analytique américaine qui se développa sous l'influence de Quine. A partir des années trente, on considère généralement que Wittgenstein changea assez radicalement d’orientation. La philosophie du second Wittgenstein fut une source de première importance pour la philosophie anglaise dite du langage ordinaire qui domina le paysage philosophique jusqu’au milieu des années soixante. Depuis les années soixante soixante-dix, suite au tournant cognitif de la philosophie analytique, l'influence de Wittgenstein décrut. L'idée d'une philosophie proche des sciences domine à présent les paysages philosophiques de tradition analytique. De plus, les grands projets métaphysiques ont su renaître sur de nouvelles bases. Dans ce contexte, la conception wittgensteinienne de la philosophie, à savoir que les propositions philosophiques sont des non sens, et son combat permanent contre la métaphysique, paraissent plus étranges que jamais et parfois même pour ceux qui se pensent disciples de Wittgenstein. On la juge incohérente, ou simplement impossible à suivre. Mais est-ce vraiment le cas?

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19 avril 2006
Eric R. Kraemer
(Philosophy Department, University of Wisconsin--Lacrosse)
Poincaré, le naturalisme et la question de la relativité de la connaissance scientifique

Le naturalisme, la perspective dominante dans la philosophie analytique contemporaine, est confronté à des critiques sérieuses de la part de plusieurs philosophes qui doutent que la science puisse en elle-même fournir le soutien qu'elle prétend accorder. En particulier, on affirme souvent que la relativité des connaissances scientifiques met en doute l'autorité présumée de la science pour déterminer la direction philosophique à prendre concernant les connaissances et la réalité. Pour répondre à cette objection, il faut prendre la peine d'examiner les pensées de Henri Poincaré sur la philosophie des sciences au début du vingtième siècle. Ses articles sur la science peuvent être interprétés comme favorables à une perspective naturaliste qui ressemble profondément à la perspective naturaliste d'aujourd'hui. On peut, par ailleurs, également constater que Poincaré était très troublé précisément par le problème de la relativité de la connaissance scientifique, et qu'il a proposé et défendu une solution à ce problème, qu'on pourrait appeler la « solution des rapports ». En examinant cette solution on s'aperçoit qu'il peut y en a plusieurs interprétations différentes. Pourtant, c'est une interprétation pluraliste -- et néo-Wittgensteinienne -- de la solution Poincaré qui est plus plausible que les autres dont l'interprétation réaliste structurelle, et de plus, elle fournit des avantages philosophiques considérables aux adhérents du naturalisme.

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10 mai 2006
Denis Grison
(Archives Poincaré, UHP)
Ethique et précaution

La réflexion que je propose appartient au domaine de l'éthique appliquée. Mon point de départ est le constat que le monde aujourd'hui est "en mal" d'une éthique qui soit à la hauteur des enjeux et des défis qu'il doit affronter.

Répondre à ces défis implique, selon moi, de substituer à l'idéologie du progrès, qui a gouverné nos pensées depuis plusieurs siècles, une nouvelle attitude que j'appelle la précaution : nous avons besoin d'un nouveau repère pour penser le développement des sociétés humaines. Cette précaution, sans constituer par elle-même une éthique, commande une éthique qui lui soit adaptée, et que je cherche à définir.

Après avoir, dans une première partie, défini les grands traits de la précaution -- et montré en quoi elle est aujourd'hui nécessaire --, j'esquisserai une comparaison entre la situation aujourd'hui et celle de l'époque d'Aristote : mon intérêt pour ce dernier provenant de l'importance qu'il a accordé à la prudence dans sa philosophie de l'action. Quels sont les points de rapprochement, mais aussi les points de divergence? En quoi cela justifie-t-il de renouer avec l'éthique de la vertu d'Aristote, dont l'oubli a été en proportion inverse de la foi accordée à la science pour diriger nos vies ? Mais en quoi, en cette époque du retour de l'incertitude, ne peut-on se contenter de revenir à Aristote ?

Je plaiderai pour un "pluralisme éthique", seul à même, selon moi, de permettre le passage à une "civilisation de la précaution". Je tenterai de montrer également que ce pluralisme n'est pas un "collage" de bouts d'éthique piochés à gauche et à droite, mais au contraire comprend une forte unité, et que dans une certaine mesure, une éthique de la précaution pourrait permettre de redonner une certaine unité à notre vie éthique, dont A. MacInstyre a montré combien, dans notre "modernité", elle pouvait être éclatée.

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24 mai 2006
Dominique Pradelle
(Archives Poincaré, UHP)
La fondation husserlienne de la logique des modalités

Notre propos sera d'interroger la thématisation par Husserl des modalités (possibilité, effectivité, nécessité) en logique, afin de déterminer quel est le sens du traitement phénoménologique de telles notions et de le distinguer d'autres modes de thématisation dans l'histoire de la philosophie. Au premier abord, la perspective phénoménologique s'oppose à toute perspective purement métaphysique de type leibnizien, conférant une valeur ontologique aux modalités (à la possibilité notamment) et les ancrant dans l'entendement divin, pour considérer les modalités dans l'optique de leur mode de constitution par le sujet transcendantal, c'est-à-dire de formation de sens par les visées subjectives et de confirmation de ce sens dans l'intuition subjective. Cela signifie-t-il que l'approche phénoménologique serait subjectiviste, et réduirait les modalités à des modi cogitandi ou à des modes purement subjectifs de notre rapport à l'objet ? On sera ainsi conduit à analyser deux choses : d'une part, le traitement des modalités dans la morphologie pure des significations, qui est pour Husserl le premier niveau de la logique formelle traditionnelle (notamment dans le cours sur la logique de 1917/18 ; d'autre part et surtout, la thématisation de l'origine des modalités dans Expérience et jugement, dans le cadre général de l'Ursprungsklärung der Logik : que signifie le concept d'origine de significations logiques ? et cette origine reconduit-elle aux structures noétiques de la pensée subjective, ou bien à des différences ontologiques entre régions d'objets ? autrement dit, la distinction entre possibilité et nécessité renvoie-t-elle avant tout au déroulement et aux structures du procès cognitif, ou au mode d'accessibilité propre à tel ou tel type d'objet ?

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31 mai 2006
David Rowe
(Université de Mayence)
Pure vs. Applied Mathematics in Göttingen ca. 1900

Applied mathematics had a long tradition at Göttingen's Georgia Augusta, culminating with the career of its astronomer C. F. Gauss (1777-1855). In the meantime pure mathematics emerged at a number of German universities and became predominant at Berlin after 1855 during the era of Kummer, Weierstrass, and Kronecker. These developments form the background for Felix Klein's career at Göttingen (1886-1913). Although Klein promoted both pure and applied mathematics, he did so by adopting ideas that reflect his unusual background as a geometer in an era dominated by analysis and algebra. This lecture will focus special attention on his peculiar approach to the tension between what he called precise vs. approximate mathematics while pointing out some of the major institutional innovations he introduced at Göttingen around 1900.

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7 juin 2006
Jean-Claude Dupont
(Archives Poincaré)
Rhétorique des juges et rhétorique des parties à la Cour européenne des droits de l'homme : enjeux pour une philosophie de l'argumentation.

En quoi l’étude d’une pratique juridique intéresse-t-elle la philosophie ? Je veux proposer une réponse à partir des enjeux liés à la protection des droits de l’homme en Europe. Déjà, l’ambition de faire des droits de l’homme du droit au sens technique et le plus "dur" du terme ne va pas de soi alors qu’ils sont initialement pensés comme des instances régulatrices et axiomatiques du droit. Mais surtout, leur mise en œuvre par le biais d’une procédure exclusivement contentieuse pose une question importante du point de vue du « progrès du droit ». En effet, elle nous conduit à enregistrer un écart entre, d’un côté, l’objectif affiché, qui est celui d’une convergence des pratiques et des représentations concernant les droits garantis, et, de l’autre côté, les moyens déployés d’une cristallisation des conflits et des désaccords entre bénéficiaires et débiteurs des droits et libertés. Le conflit et le désaccord seraient-ils plus opérants que la coopération lorsqu’il s’agit de fonder un « ordre public européen » ?

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14 juin 2006
Nicholas Griffin
(McMaster University)
Russell and Wittgenstein on belief.

It is well-known that in 1913 Wittgenstein criticized Russell's multiple relation theory of belief so effectively that Russell abandoned not only the theory itself but the book on Theory of Knowledge that he was writing at the time. In 1919 Russell returned to the theory of belief, now from a radically different point of view. I argue in the paper that this new approach was influenced by Wittgenstein's brief remarks about belief in the Notes he dictated to G.E.Moore in 1914; though the theory as Russell developed it in 'On Propositions' and The Analysis of Mind was different from the one Wittgenstein put forward in the Tractatus.

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21 juin 2006
Carole Ququ
(Archives Poincaré)
La réception de l'outil logique en France 1915-1945.

Depuis la fin du 19ème s., les rapports entre science et philosophie en France, sont à l'origine d'une opposition que l'on peut résumer sous deux tendances.

La première tendance est marquée par une conception de la raison comme fixe, amorphe. Les concepts clés en sont l'idée de certitude logique a priori, de vérité absolue, de nécessité immuable. L'analyse du lien entre logique et méthode scientifique ne se défait souvent pas de ce que Rougier appelle le " paralogisme rationaliste ".

La seconde affirme la mobilité du rationnel. Ses concepts clés sont ceux de fonction, de relation, d'interdépendance, de relativité ou encore de devenir nécessaire. Elle veut renouveler, en intégrant les données scientifiques qui font l'actualité du 20ème s., les conceptions d'universalité logique, de démonstration, d'existence mathématique et d'intuition.

Mon exposé s'attachera essentiellement à préciser le renouveau de la conception de l'outil logique opérée par les philosophes de la plasticité du rationnel.

Les mathématiques opérant un retour sur leurs principes, il n'est plus possible d'ignorer le lien manifeste entre outil logique et science, ou encore de s'en remettre à une intuition mystique pour expliquer l'imprévisibilité et la fécondité de la science. Si on affirme souvent que la France est restée muette en matière de logique depuis la mort de Couturat, quelques noms comme Cavaillès, Boll, Bouligand, Denjoy, Dufumier, Gonseth, Goblot, Lévy, Lalande, Reymond, Rougier, Reihnart, Roux, Poirier, Serrus ou Wavre, attestent que le lien philosophie-logique-mathématique ne s'est pas rompu.

Afin de cerner les diverses nuances à l'intérieur de cette tendance - ainsi que les héritages plus ou moins marqués que ces philosophes intègrent (conventionnalisme, empirisme, ...) - nous sélectionnerons, parmi les problématiques des années vingt et trente qui touchent au lien entre validité logique et démontrabilité (le passage de la logique aux logiques, les problèmes de récurrence et de métamathématique), des points de débat réunissant certains des philosophes mentionnés ci-dessus. Nous nous intéresserons, d'une manière plus générale, au concept de rationnel dans le lien entre objet et outil logique ou encore dans le lien intuition, expérience et démonstration mathématique.

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Le programme des années précédentes:


Pour tout renseignement: Manuel.Rebuschi @ univ-nancy2.fr
(Dernière mise à jour le 13/06/06)