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<title>H. Poincar&eacute; Correspondence</title>
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<meta name="keywords" content="poincar&eacute;, letters, henri, correspondence, scientifique"></meta>
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<h2>Bäcklund à Poincaré</h2><a name="backlunda01">
</a>
<div class="p"><!----></div>

<div align="right">Lund, le 12 Févr.&nbsp;1899
</div>

<div class="p"><!----></div>
Monsieur,

<div class="p"><!----></div>
Je vous suis très obligé parce que vous avez bien voulu répondre à mon
désir, exprimé par M. Zeuthen, de me faire part de votre opinion sur
mes recherches physiques résumées dans mon mémoire intitulé&nbsp;: <em>
  Elektrische und magnetische Theorien</em>.<a href="#tthFtNtAAB" name="tthFrefAAB">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>1</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a> 
Mais je vous prie aussi,
Monsieur, de me permettre dans cette lettre de faire quelques
remarques sur vos objections contre le dit mémoire. Comment ces
pulsations sont elles entretenues&nbsp;? vous demandez. Quant aux
pulsations brusques j'ai prouvé p.&nbsp;13 du mémoire cité qu'à cause de
la composition des corps ponctuels de noyaux et d'atmosphères, des
ondes condensées ou raréfiées de l'éther environnant produisent
précisément les pulsations en question, et p.&nbsp;19, comparée à p.&nbsp;17 du
même mémoire, j'ai démontré que des ondes composées de condensations
au même degré que de raréfactions, comme le sont les ondes excitées
par les pulsations brusques des points dans l'éther environnant, vont
se diviser partiellement quand elles frappent un corps, et que de plus
ce corps, s'il est un conducteur 
parfait et va être exposé à une longue suite d'ondes provenant d'un
agrégat de points électrisés (pulsant brusquement), va aussi porter
dans sa couche superficielle des parties séparées de ces ondes-là,
condensées à quelques places de la dite couche et raréfiées à
d'autres. Dans un conducteur chargé d'électricité d'une seule sorte,
une onde condensée ou bien raréfiée se conserve pendant quelque temps,
à savoir dans la couche superficielle du conducteur par des réflexions
itérées aux parois de cette couche. En même temps se sont formées ces
parois conformément à l'onde (voir aussi <em>«&nbsp;Wellentheorie&nbsp;»</em> §&nbsp;5
p.&nbsp;425-432).<a href="#tthFtNtAAC" name="tthFrefAAC">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>2</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>

<div class="p"><!----></div>
Vont elles (les pulsations) demeurer constantes&nbsp;? continuez vous.
Certainement non. Une pulsation brusque d'un point finira peu après
que l'onde extérieure qui l'a causée, a quitté le point. (P.&nbsp;13).

<div class="p"><!----></div>
Quant aux pulsations harmoniques elles sont engendrées par des
énergies immenses des noyaux des points, ces énergies appartenant aux
mouvements et ondes internes. Ces pulsations ne peuvent non plus
demeurer constantes. Ainsi diminuent les masses sans cesse, mais leurs
rapports se conservent invariables. Les unités de la masse et du temps
diminuent 
toujours en valeurs absolues, mais très lentement, ainsi
qu'il fallût seulement de modifier les réflexions usitées sur l'état
futur de l'univers.<a href="#tthFtNtAAD" name="tthFrefAAD">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>3</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>

<div class="p"><!----></div>
Le principe de la conservation de l'énergie devient une conséquence
immédiate du principe des forces vives et de cet autre principe que
j'ai adopté&nbsp;: qu'il n'y a d'autres forces que des pressions entre les
molécules des corps et celles de l'éther. L'éther est lui-même un
mélange de deux gaz, l'un ayant sa densité infiniment petite par
rapport à celle de l'autre et celui-ci la sienne encore infiniment
petite par rapport à celle des corps. De l'éther lumineux j'ai parlé
p.&nbsp;446 de mon <em>«&nbsp;Wellentheorie&nbsp;»</em>.

<div class="p"><!----></div>
Mais je crois que la plus importante partie de <em>«&nbsp;Wellentheorie&nbsp;»</em>
est celle où j'ai déduit et les forces pondéromotrices et les forces
électromotrices des courants électriques sans avoir aucun recours à
des hypothèses particulières sur l'effet des éléments des courants
(§&nbsp;6, 7).

<div class="p"><!----></div>
Permettez-moi aussi de dire un peu de mots sur mon explication du
magnétisme terrestre. 
J'ai supposé que le soleil et tous les autres
corps célestes sont magnétiques en quelque degré et que les variations
magnétiques sont pour la plupart dues au magnétisme et aux courants
électriques du soleil. Mais il me semble résulter des observations que
les effets de là ne sont jamais directs. Cela tient, dis-je, au
caractère magnétique de l'atmosphère, surtout de son oxygène, en vertu
de quoi l'atmosphère agit comme d'écran magnétique. Une enveloppe très
mince de fer suffit pour défendre à l'action constante magnétique.
Avec de matière moins magnétique que de fer on y réussira encore au
moyen de plusieurs enveloppes ou d'une seule plus épaisse. J'ai donc
démontré 1°&nbsp;qu'il ne soit pas absurde de supposer que tout le
magnétisme de la terre soit graduellement induit par le soleil, et
2°&nbsp;que les variations magnétiques sont telles qu'on les
observerait au sol de la terre si l'atmosphère agissait comme d'écran
magnétique parfait, par rapport à de longues variations. Mes formules
ne 
donnent évidemment que les premiers termes des séries des polynômes
de Legendre.

<div class="p"><!----></div>
Excusez moi, Monsieur, que je vous ai écrit si longue une lettre et
que j'ai si cruellement torturé votre langue. Veuillez agréer mes
sincères remerciements parce que vous avez bien voulu me signaler
votre opinion sur les dites mémoires et soyez assurés, Monsieur, de
mes sentiments les plus sincèrement dévoués.

<div class="p"><!----></div>
A.V. Bäcklund

<div class="p"><!----></div>
<br /><br /><font size="-1"><b>ALS 5p. Collection particulière, Paris 75017.</b><font size="+0">

<div class="p"><!----></div>

<h2>R&#233;f&#233;rences</h2>

<dl compact="compact">
                                                                                                                                                                                                                                                                                          
<div class="p"><!----></div>

 <dt><a href="#CITEBacA1889" name="BacA1889">[B&#228;cklund 1889]</a></dt><dd>
B&#228;cklund, A.&nbsp;V.
 Zur Wellentheorie gasartiger Mittel.
 <em>Mathematische Annalen</em> 34 (1889): 371-446.

<div class="p"><!----></div>
</dd>
 <dt><a href="#CITEBacA1898" name="BacA1898">[B&#228;cklund 1898]</a></dt><dd>
-.
 Elektrische und magnetische Theorien.
 <em>Lunds universitets &#229;rsskrift</em> 34 (1898).

<div class="p"><!----></div>
</dd>
 <dt><a href="#CITEBeeG1989" name="BeeG1989">[Beer 1989]</a></dt><dd>
Beer, G.
 `The Death of the Sun': Victorian solar physics and solar myth.
   In <em>The Sun is God</em>.   Publi&#233; par
  J.&nbsp;B. Bullen, 159-180. Oxford: Oxford University Press, 1989.

<div class="p"><!----></div>
</dd>
 <dt><a href="#CITEhp1911sc" name="hp1911sc">[Poincar&#233; 1911]</a></dt><dd>
Poincar&#233;, H.
 L'&#233;volution des lois.
 <em>Scientia (Rivista di Scienza)</em> 9 (1911): 275-292.</dd>
</dl>

Time-stamp: &lt;30.12.2011 00:06&#62;
</font></font><hr /><h3>Notes:</h3>

<div class="p"><!----></div>
<a name="tthFtNtAAB"></a><a href="#tthFrefAAB">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>1</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>Voir
  
  
  <a href="#BacA1898" name="CITEBacA1898">B&#228;cklund [1898</a>]
 , et un fragment de la lettre de Zeuthen
(§&nbsp;<a href="zeuthen1.xml">zeuthen1</a>).
<div class="p"><!----></div>
<a name="tthFtNtAAC"></a><a href="#tthFrefAAC">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>2</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>
  
  <a href="#BacA1889" name="CITEBacA1889">B&#228;cklund [1889</a>]
 .
<div class="p"><!----></div>
<a name="tthFtNtAAD"></a><a href="#tthFrefAAD">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>3</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>Si l'unité temporelle est définie par le
  période d'un pendule dans un champ de gravitation, et les masses
  diminuent comme le veut Bäcklund, alors celle-ci s'aggrandit. Les
  "réflexions usitées sur l'état futur de l'univers" sont
  vraisemblablement celles de W. Thomson et de H.&nbsp;von Helmholtz, qui
  avaient signalé que, d'après les lois de la thermodynamique,
  l'univers atteindrait un jour un état d'équilibre thermique, et que
  cet état est incompatible avec toute forme de mouvement. Cette
  conclusion sera reprise par Poincaré dans un article populaire
  
 

 

[<a href="#hp1911sc" name="CITEhp1911sc">&nbsp;Poincar&#233; 1911</a>,282]
  
. A propos de la réception culturelle de l'idée de
  la mort du soleil lors de la deuxième moitié du dix-neuvième siècle,
  voir Gillian Beer 
  [<a href="#BeeG1989" name="CITEBeeG1989">Beer, 1989</a>].
<br /><br /><hr />
<a href="../index.html"><img src="../icons/contents_motif.gif" alt="contents_motif.gif" /></a>
&#x00A0;&#x00A0;&#x00A0;&#x00A0;&#x00A0;&#x00A0;
<a href="/poincare/chp/">Archives Henri Poincar&eacute;</a> (CNRS, UMR 7117)
</body>
</html>

