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<title>H. Poincar&eacute; Correspondence</title>
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<meta name="keywords" content="poincar&eacute;, letters, henri, correspondence, scientifique"></meta>
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<div class="p"><!----></div>


<div class="p"><!----></div>







 
<div class="p"><!----></div>
 




 


<div class="p"><!----></div>















    
  
  
   
<h2>Becquerel à Poincaré</h2><a name="becquerel01">
</a>
<div class="p"><!----></div>

<div align="right">Ce 24 janvier 1882<br />
57 rue Cuvier<a href="#tthFtNtAAB" name="tthFrefAAB">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>1</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>
</div>

<div class="p"><!----></div>
Mon cher ami,

<div class="p"><!----></div>
J'ai mis bien longtemps à te répondre parce que j'aurais mieux aimé
causer avec toi plutôt que t'écrire.<a href="#tthFtNtAAC" name="tthFrefAAC">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>2</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>  Ne t'ayant pas vu à l'institut Lundi, et ne
pouvant disposer de mes journées je me décide à t'envoyer un mot de
réponse.<a href="#tthFtNtAAD" name="tthFrefAAD">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>3</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a> C'est du reste à peu
près ce que je t'ai dit il y a Lundi huit jours. Dans la série de
transformations que tu fais subir à tes solénoïdes, tu interromps le
courant, et tu le rétablis ensuite pour revenir à l'état initial. Or
il me semble que dans la mise en équation tu oublies les courants
d'induction qui se produisent par le fait même de la rupture du
circuit, ou de la fermeture de celui-ci, courant qui est le même que
si les solénoïdes s'écartaient à l'infini, ou venaient de
l'infini.<a href="#tthFtNtAAE" name="tthFrefAAE">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>4</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>

<div class="p"><!----></div>
En partant de la 2
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow>
<mtext>e</mtext>
</mrow>
</msup>
</mrow></math> position, interrompant le courant pour le
rétablir quand les solénoïdes sont revenus à la 1
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow>
<mtext>re</mtext>
</mrow>
</msup>
</mrow></math> position tu
fais donc la même chose que si tu ne faisais pas cesser le courant et
que tu écartais les solénoïdes à l'infini pour les rapprocher ensuite
à la distance qui correspond à la 1
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow>
<mtext>re</mtext>
</mrow>
</msup>
</mrow></math> position.

<div class="p"><!----></div>
Le travail est donc exactement le même que si tu revenais directement
de la 2
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow>
<mtext>e</mtext>
</mrow>
</msup>
</mrow></math> position à la 1
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow>
<mtext>re</mtext>
</mrow>
</msup>
</mrow></math> sans faire cesser le courant,
auquel cas tu aurais produit un travail exactement égal et contraire à
celui qui résulte de la 1
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow>
<mtext>re</mtext>
</mrow>
</msup>
</mrow></math> opération.

<div class="p"><!----></div>
Quant à la substitution d'un aimant au solénoïde, il se produit 
dans l'aimant un changement de distribution magnétique. On ne
peut considérer que des changements temporaires, car les 
phénomènes permanents tiennent à l'état moléculaire 
des corps et échappent jusqu'à présent à tout contrôle 
théorique. Un changement de distribution magnétique équivaut 
à un travail puisque le retour à l'état d'équilibre produit 
un courant d'induction.

<div class="p"><!----></div>
Que l'aimant s'échauffe ou se refroidisse pendant ce changement 
de distribution magnétique cela est très vraisemblable, mais 
il est très probable que les réactions moléculaires ont 
une grande part dans les phénomènes calorifiques. Ainsi il 
est reconnu <i>par expérience</i> que lorsqu'on aimante les aimants 
qui servent pour les machines, en changeant plusieurs fois le 
sens du courant qui les aimante, ou simplement en interrompant 
périodiquement celui-ci, les aimants s'échauffent considérablement 
et il me semble que cet effet est dû au travail moléculaire 
auquel donne lieu
l'aimantation. 

<div class="p"><!----></div>
Tu vois que ces phénomènes sont fort complexes, surtout lorsque l'on
cherche ce qui se passe dans les corps magnétiques, pour lesquels
l'état moléculaire joue un rôle capital.

<div class="p"><!----></div>
Si tu désires de plus amples renseignements je suis toujours 
à ta disposition et serai heureux de causer avec toi de tes 
solénoïdes, en particulier, et de tout en général.

<div class="p"><!----></div>
Présente je te prie mes compliments respectueux à madame 
Poincaré et crois moi,<a href="#tthFtNtAAF" name="tthFrefAAF">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>5</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>

<div class="p"><!----></div>
ton tout dévoué,

<div class="p"><!----></div>
Henri Becquerel

<div class="p"><!----></div>
<br /><br /><font size="-1"><b>ALS 4p. Collection particulière, Paris 75017.</b><font size="+0">

<div class="p"><!----></div>

<h2>R&#233;f&#233;rences</h2>

<dl compact="compact">
                                                                                                                                                                                                                                                                                          
<div class="p"><!----></div>

 <dt><a href="#CITEDarO2000" name="DarO2000">[Darrigol 2000]</a></dt><dd>
Darrigol, O.
 <em>Electrodynamics from Amp&#232;re to Einstein</em>.
 Oxford: Oxford University Press, 2000.

<div class="p"><!----></div>
</dd>
 <dt><a href="#CITEhp1890eo" name="hp1890eo">[Poincar&#233; 1890]</a></dt><dd>
Poincar&#233;, H.
 <em>&#201;lectricit&#233; et optique</em>.
 2 vols.   Publi&#233; par J.&nbsp;Blondin et B.&nbsp;Brunhes. Paris:
  Georges Carr&#233;, 1890.

<div class="p"><!----></div>
</dd>
 <dt><a href="#CITELemS2000" name="LemS2000">[Lemartin&nbsp;de Raspide 2000]</a></dt><dd>
Lemartin&nbsp;de Raspide, S.
 <em>Une continuit&#233; lignag&#232;re : les Becquerel au XIXe si&#232;cle
  et au d&#233;but du XXe si&#232;cle</em>.
 Th&#232;se de doctorat, Universit&#233; de Paris 4, 2000.</dd>
</dl>

Time-stamp: &lt;30.12.2011 00:06&#62;
</font></font><hr /><h3>Notes:</h3>

<div class="p"><!----></div>
<a name="tthFtNtAAB"></a><a href="#tthFrefAAB">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>1</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>Cette adresse est celle du Muséum d'histoire 
naturelle où Edmond Becquerel a son laboratoire.
<div class="p"><!----></div>
<a name="tthFtNtAAC"></a><a href="#tthFrefAAC">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>2</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>Becquerel répond à la
  lettre que Poincaré lui envoie après leur rencontre du 16.01.1882
  (§&nbsp;<a href="becquerel04.xml">becquerel04</a>).
<div class="p"><!----></div>
<a name="tthFtNtAAD"></a><a href="#tthFrefAAD">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>3</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>Becquerel est répétiteur auxiliaire à l'École
  polytechnique depuis 1876 (Lemartin de Raspide, 
 <a href="#LemS2000" name="CITELemS2000">Lemartin&nbsp;de Raspide, [2000</a>,192]).
<div class="p"><!----></div>
<a name="tthFtNtAAE"></a><a href="#tthFrefAAE">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>4</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>Ampère avait appelé solénoïde le système constitué
  par un empilement de boucles
  fermées parcourues par le même courant (Darrigol, 
 <a href="#DarO2000" name="CITEDarO2000">Darrigol, [2000</a>,26]);
  Poincaré en fera un modèle mathématique 
 

 

[<a href="#hp1890eo" name="CITEhp1890eo">&nbsp;Poincar&#233; 1890</a>,II, 138]
  
.
<div class="p"><!----></div>
<a name="tthFtNtAAF"></a><a href="#tthFrefAAF">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>5</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>Henri Poincaré prend comme épouse
  Louise Poulain d'Andecy, la fille d'un banquier, le 24.04.1881.
<br /><br /><hr />
<a href="../index.html"><img src="../icons/contents_motif.gif" alt="contents_motif.gif" /></a>
&#x00A0;&#x00A0;&#x00A0;&#x00A0;&#x00A0;&#x00A0;
<a href="/poincare/chp/">Archives Henri Poincar&eacute;</a> (CNRS, UMR 7117)
</body>
</html>

