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<title>H. Poincar&eacute; Correspondence</title>
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<meta name="keywords" content="poincar&eacute;, letters, henri, correspondence, scientifique"></meta>
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</head>
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<div class="p"><!----></div>


<div class="p"><!----></div>







 
<div class="p"><!----></div>
 




 


<div class="p"><!----></div>















    
  
  
   
<h2>Blondel à Poincaré</h2><a name="blondel1">
</a>
<div class="p"><!----></div>

<div align="right">le 25 Aout 1898<a href="#tthFtNtAAB" name="tthFrefAAB">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>1</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a><br />
Brioude (H
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow>
<mtext>te</mtext>
</mrow>
</msup>
</mrow></math> Loire) Etablissement hydrothérapique<a href="#tthFtNtAAC" name="tthFrefAAC">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>2</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>
</div>

<div class="p"><!----></div>
Monsieur et cher Camarade,

<div class="p"><!----></div>
Je ne saurais trop vous remercier de votre bienveillante lettre et de
vos précieux conseils, qui m'ont beaucoup donné à réfléchir;
permettez-moi de vous soumettre quelques objections.<a href="#tthFtNtAAD" name="tthFrefAAD">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>3</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>

<div class="p"><!----></div>
1. Oui, il est très séduisant d'interpréter le phénomène par une
propagation d'ondes à 2 dimensions et cela me satisferait bien mieux
que l'hypothèse de l'antenne réceptrice-condensateur, si cela ne
renversait un postulat que je me suis forgé, en admettant que les
lignes de force électriques des ondes hertziennes, ne peuvent, comme
celles du champ électrostatique, aboutir qu'<em>à des conducteurs</em>.
Cela me choque de penser qu'une ligne de force puisse partir d'un
fil comme l'antenne et finir en queue de poisson dans le diélectrique

<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow><mi>AM</mi></mrow></math> ; et je suis toujours porté à croire qu'elle ira aboutir
normalement au deuxième conducteur qui est la terre (fig.&nbsp;1).

<div class="p"><!----></div>
<table border="0"><tr><td></td><td><table border="0"><tr><td><img src="images/blondel1a_1.jpg" alt="images/blondel1a_1.jpg" /><br />
<img src="images/blondel1a_2.jpg" alt="images/blondel1a_2.jpg" />

</td></tr></table><!--vbox-->
</td><td></td></tr></table><!--hboxt--><table border="0"><tr><td></td><td><table border="0"><tr><td>D'où l'idée d'une propagation sphérique (du moins au début jusqu'à
  ce que l'onde aboutisse en 
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow><mi>A</mi></mrow></math> où il y a localement une réflexion)
  qui ne modifie pas sensiblement la forme du reste de l'onde.

<div class="p"><!----></div>
2. Ce qui tend à confirmer cette impression, c'est que si je prends un
oscillateur seul (sans mise à la terre), pris avec une antenne,
l'effet constaté sur un cohéreur placé en 
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow><mi>M</mi></mrow></math> ne change pas
sensiblement ; la propagation le long du fil ne supprime donc pas la
propagation dans le diélectrique comme il faudrait l'admettre dans
l'hypothèse d'une propagation spécialisée le long de l'antenne et de
la terre (fig.&nbsp;2).

<div class="p"><!----></div>
3. Comment expliquer l'avantage des <em>hautes</em> antennes d'émission si
elles n'agissent peu-ou si elles n'agissent que sur la durée de la
période par leur capacité ? Il suffirait de remplacer l'antenne par
une sphère ayant même capacité par rapport à la terre pour obtenir
même période et même propagation à la surface du sol. (fig.&nbsp;3)

</td></tr></table><!--vbox-->
</td><td></td></tr></table><!--hboxt-->C'est une expérience importante que je compte faire et j'aurai
l'honneur de vous en faire connaître le résultat. Il est
mathématiquement plus difficile d'étudier la 
propagation dans la direction de l'antenne verticale ; j'ai cherché
autrefois à le faire sans succès ; il faudrait des échafaudages
considérables.

<div class="p"><!----></div>
4. L'énergie disponible à l'antenne réceptrice-supposée jouant le
rôle d'armature-est très faible, c'est vrai, mais il en faut <em>si peu</em>
pour les cohéreurs modernes qu'il est difficile d'affirmer qu'elle est
insuffisante à priori ; si l'onde était sensiblement sphérique, elle
en mettrait en jeu encore moins, c'est tout ce que j'ai voulu dire.

<div class="p"><!----></div>
Veuillez m'excuser de vous soumettre ces objections pour ce qu'elles
valent ; ce sont elles qui m'ont détourné de l'idée de la propagation
le long du sol, bien qu'à d'autres égards celle-ci m'ait paru d'abord
faire le fond du phénomène. (En effet si l'on prend comme base une
conduite d'eau ou de gaz, le phénomène est beaucoup renforcé).
Peut-être ai je eu tort de me laisser influencer par elles et je vous
serai bien reconnaissant si vous avez la bonté de m'éclaircir ces
détails.

<div class="p"><!----></div>
Vous me demandez si je désire publier ces écrits dans
l'"<em>Éclairage Électrique</em>". Je ne demande pas mieux quand je
serai plus <em>sûr</em> d'être sur un terrain solide, mais il me faut
encore quelques semaines de réflexion et quelques résultats
d'expériences comme pieux pour consolider ce terrain
définitivement.<a href="#tthFtNtAAE" name="tthFrefAAE">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>4</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a> Rien ne presse du reste pendant la période des
vacances et en tout cas, je ne voudrai rien donner à ce journal sans
vous le soumettre en ce qui concerne ces questions où vous êtes notre
maître à nous autres électriciens. J'ai donné seulement une courte
note à <em>l'Association française</em> (au commencement de ce mois) qui
résumait les idées que je vous ai soumises ; elle a été publiée par
l'"<em>Éclairage</em>" dans son dernier N°, avec une note de mon ami
Broca sur le même sujet.<a href="#tthFtNtAAF" name="tthFrefAAF">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>5</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>  Ce dernier, à qui j'avais
dit déjà qu'il me paraissait être <em>à côté</em> de la question, ne
s'occupe pas de la mise à la terre et paraît croire que le flux
d'énergie monte le long de l'antenne pour s'épandre autour de
l'extrémité suivant une nappe horizontale, au lieu qu'en réalité il
doit revenir en arrière avec les ondes réfléchies. Quant à la
polarisation des ondes elle est de toute évidence.

<div class="p"><!----></div>
J'ai oublié de vous dire que notre impression commune au sujet la période de
l'antenne d'émission (que je n'ai pas encore mesurée mais que je
mesurerai au miroir tournant) paraît bien confirmée par
l'expérience, car la mise à la terre change le caractère de
l'étincelle de l'oscillateur, la raccourcit et la rend plus nourrie,
effet évident de la capacité de l'antenne par rapport à la terre.

<div class="p"><!----></div>
Veuillez agréer, Monsieur et cher camarade, avec l'expression de ma
sincère gratitude, toutes mes excuses de ma longue lettre et de ma
vilaine écriture, et l'hommage de mon respectueux dévouement.

<div class="p"><!----></div>
A. Blondel

<div class="p"><!----></div>
<br /><br /><font size="-1"><b>ALS 2p. Collection particulière, Paris 75017.</b><font size="+0">

<div class="p"><!----></div>

<h2>R&#233;f&#233;rences</h2>

<dl compact="compact">
                                                                                                                                                                                                                                                                                          
<div class="p"><!----></div>

 <dt><a href="#CITEBloA1898" name="BloA1898">[Blondel 1898]</a></dt><dd>
Blondel, A.
 Sur la th&#233;orie des antennes dans la t&#233;l&#233;graphie sans fil.
 <em>Association fran&#231;aise pour l'avancement des sciences</em> 27
  (1898): 2:212-216.

<div class="p"><!----></div>
</dd>
 <dt><a href="#CITEBroL1951" name="BroL1951">[Broglie 1951]</a></dt><dd>
Broglie, L.&nbsp;d.
 <em>Savants et d&#233;couvertes</em>.
   Publi&#233; par A.&nbsp;George. Paris: Albin Michel, 1951.

<div class="p"><!----></div>
</dd>
 <dt><a href="#CITEGuiC1925" name="GuiC1925">[Guillaume 1925]</a></dt><dd>
Guillaume, C.-E.
 Andr&#233; Broca.
 <em>Revue g&#233;n&#233;rale des Sciences pures et appliqu&#233;es</em> 36
  (1925): 354-356.</dd>
</dl>

Time-stamp: &lt;30.12.2011 00:06&#62;
</font></font><hr /><h3>Notes:</h3>

<div class="p"><!----></div>
<a name="tthFtNtAAB"></a><a href="#tthFrefAAB">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>1</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>Le manuscrit porte une en-tête barrée: 
    "<b>Paris, 2, Boulevard Raspail.</b>"
<div class="p"><!----></div>
<a name="tthFtNtAAC"></a><a href="#tthFrefAAC">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>2</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>Suite à un accident d'équitation, Blondel
    souffrait d'une paralysie partielle des jambes (L. de Broglie, 
 <a href="#BroL1951" name="CITEBroL1951">Broglie, [1951</a>]).
<div class="p"><!----></div>
<a name="tthFtNtAAD"></a><a href="#tthFrefAAD">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>3</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>La
  lettre de Poincaré n'a pas été retrouvée. Blondel
  
 

 

[<a href="#BloA1898" name="CITEBloA1898">&nbsp;Blondel 1898</a>,215]
  
 venait de faire
  une communication au congrès de l'Association française pour
  l'avancement des sciences le 11.08.1898 à Nantes sur la théorie des
  antennes dans la télégraphie sans fil, dans laquelle il prêtait à
  Poincaré l'idée de modéliser l'action d'un antenne d'émission d'ondes
  hertziennes par deux antennes placés symétriquement par rapport à
  un disque, avec des fréquences synchrones et opposées.
<div class="p"><!----></div>
<a name="tthFtNtAAE"></a><a href="#tthFrefAAE">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>4</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>Un résumé seulement de la communication de
  Blondel au congrès de l'Association française pour l'avancement des
  sciences est publié dans <em>L'Éclairage électrique</em> le
  20.08.1898, p.&nbsp;316.
<div class="p"><!----></div>
<a name="tthFtNtAAF"></a><a href="#tthFrefAAF">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>5</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>Ibid, N° 34, p.&nbsp;318. André Broca
  (1863-1925), ancien élève de l'École polytechnique (1883), agrégé
  de physique, fut préparateur à la Faculté de médecine de Paris. Il
  passa une thèse de médecine en 1898, avant d'être nommé répétiteur à
  l'École polytechnique (Guillaume 
 <a href="#GuiC1925" name="CITEGuiC1925">Guillaume, [1925</a>]).
<br /><br /><hr />
<a href="../index.html"><img src="../icons/contents_motif.gif" alt="contents_motif.gif" /></a>
&#x00A0;&#x00A0;&#x00A0;&#x00A0;&#x00A0;&#x00A0;
<a href="/poincare/chp/">Archives Henri Poincar&eacute;</a> (CNRS, UMR 7117)
</body>
</html>

