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<title>H. Poincar&eacute; Correspondence</title>
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<meta name="keywords" content="poincar&eacute;, letters, henri, correspondence, scientifique"></meta>
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<div class="p"><!----></div>


<div class="p"><!----></div>







 
<div class="p"><!----></div>
 




 


<div class="p"><!----></div>















    
  
  
   
<h2>Blondel à Poincaré</h2><a name="blondel2">
</a>
<div class="p"><!----></div>

<div align="right">31 Aout 1898<br />
Brioude (H
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow>
<mtext>te</mtext>
</mrow>
</msup>
</mrow></math> Loire)
</div>

<div class="p"><!----></div>
Monsieur et cher camarade,

<div class="p"><!----></div>
J'ai l'honneur de vous accuser réception de vos deux récentes lettres
que j'ai lues avec autant de profit que d'intérêt et je vous en
remercie bien vivement.<a href="#tthFtNtAAB" name="tthFrefAAB">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>1</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>

<div class="p"><!----></div>
Vous avez parfaitement raison en ce qui concerne la décroissance
rapide (
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow><mn>1</mn><mo stretchy="false">/</mo>
<msup><mrow><mi>r</mi></mrow><mrow><mn>3</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math>) de la charge de l'antenne réceptrice avec la
distance. Je vois comme vous que ce calcul force à rejeter désormais
l'explication statique.

<div class="p"><!----></div>
D'autre part votre représentation des images dans la théorie statique
me conduit à penser que la même considération d'image si on l'étend
aux phénomènes hertziens peut donner une explication simple de toute
l'affaire, y compris l'influence de la hauteur de l'antenne.

<div class="p"><!----></div>
<table border="0"><tr><td></td><td><table border="0"><tr><td><img src="images/blondel2a_1.jpg" alt="images/blondel2a_1.jpg" />

</td></tr></table><!--vbox-->
</td><td></td></tr></table><!--hboxt--><table border="0"><tr><td></td><td><table border="0"><tr><td>La terre peut être en effet remplacée par un conducteur plan 
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow><mi>TT</mi><mo>'</mo></mrow></math>
très mince et si l'on suppose l'antenne symétrique 
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow><mi>A</mi><mo>'</mo></mrow></math> au potentiel

<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow><mo>-</mo><mi>V</mi></mrow></math>, ce qui ne change rien aux phénomènes observés au-dessus du sol,
les courants superficiels dans le conducteur 
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow><mi>TT</mi><mo>'</mo></mrow></math> étant dirigés en
sens inverse, leur effet total sur l'antenne réceptrice est nul. Tout
se passe donc sensiblement comme si le conducteur 
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow><mi>TT</mi><mo>'</mo></mrow></math> n'existait
pas.

<div class="p"><!----></div>
Mais alors on se trouve en face d'un cas très simple, celui d'un
résonateur rectiligne 
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow><mi>RR</mi><mo>'</mo></mrow></math> placé parallèlement à un excitateur
rectiligne 
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow><mi>AA</mi><mo>'</mo></mrow></math>.

</td></tr></table><!--vbox-->
</td><td></td></tr></table><!--hboxt-->Si l'on admet approximativement, comme vous l'avez fait par exemple au
début de votre bel ouvrage sur les oscillations, que dans l'excitateur

<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow><mi>AA</mi><mo>'</mo></mrow></math> (auquel la capacité ajoutée au bout de l'antenne donne une
complète ressemblance avec celui de Hertz) le courant est sensiblement
le même sur toute la longueur.<a href="#tthFtNtAAC" name="tthFrefAAC">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>2</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>  Le
courant induit dans le résonateur dépend simplement de l'induction
mutuelle des deux conducteurs rectilignes, calculée d'après la formule
de Newmann, et l'influence de la hauteur se trouve bien mise en
évidence.<a href="#tthFtNtAAD" name="tthFrefAAD">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>3</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>
Elle le serait aussi si l'on faisait le calcul plus rigoureux d'après
les méthodes que vous indiquez en calculant la composante 
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow><mi>&xi;</mi></mrow></math> du
potentiel vecteur
le long de 
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow><mi>RR</mi><mo>'</mo></mrow></math>. Je tâcherai de faire ce calcul, mais il doit être un
peu compliqué et le résultat de la formule Newmann est peut être
pratiquement suffisant étant donné la difficulté des solutions
rigoureuses.

<div class="p"><!----></div>
Je ne vois donc plus de difficultés pour concilier l'explication par
ondes hertziennes avec l'influence de la hauteur des antennes.

<div class="p"><!----></div>
Je n'en vois pas non plus pour expliquer le rôle capital de la mise à
la terre, que j'ai du reste vérifié expérimentalement ; car cette
opération équivaut à doubler la longueur de l'antenne
d'émission<a href="#tthFtNtAAE" name="tthFrefAAE">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>4</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a> et la différence de potentiel mise en jeu dans la
décharge de l'oscillateur.

<div class="p"><!----></div>
Naturellement la suppression de la terre par la considération de
l'image n'est qu'une approximation faite en supposant sa
conductibilité excellente ; elle n'est pas exacte et la résistance
de la terre intervient pour réduire l'énergie disponible ;
l'avantage d'opérer près de la mer ou d'un lac provient de la
meilleure conductibilité de l'eau.

<div class="p"><!----></div>
Je ne sais si je suis dans la bonne voie cette fois, et je serai
très heureux, Monsieur et cher camarade si vous voulez bien encore
me donner votre avis. Je vous prie de vouloir bien agréer en
attendant mes plus sincères remerciements pour ceux si excellents
que vous avez bien voulu me donner déjà et l'expression de mon
respectueux dévouement.

<div class="p"><!----></div>
A. Blondel

<div class="p"><!----></div>
P.S. L'expérience sur la différence des effets dans le plan de
l'antenne et le plan perpendiculaire (veuillez m'excuser de n'avoir pas
compris dès le début votre pensée) n'a pas encore été faite ; on opère
ordinairement avec des capacités cylindriques. Mais je crois que ces
capacités n'agissent que par leurs valeurs totales et non par leur
forme. Même dans l'hypothèse statique, la dimension des plaques est
trop petite par rapport à la distance des antennes pour rendre, je
crois, sensible l'influence de l'orientation de la plaque.

<div class="p"><!----></div>
En appelant 
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow><mi>H</mi></mrow></math> et 
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow><mi>H</mi><mo>'</mo></mrow></math> la hauteur des antennes, la formule de Newmann
indique que l'effet produit à grande distance est sensiblement
proportionnel à 
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow><mi>HH</mi><mo>'</mo><mo stretchy="false">/</mo><mi>r</mi></mrow></math>, c'est-à-dire que la portée varie sensiblement
suivant le produit 
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow><mi>HH</mi><mo>'</mo></mrow></math> ; il est intéressant de remarquer que c'est ce
qu'ont trouvé sensiblement par empirisme les expérimentateurs. Mais la
valeur du courant de l'antenne d'excitation varie elle-même avec la
capacité de cette antenne et par suite sa longueur, ce qui doit
compliquer la relation.

<div class="p"><!----></div>
<br /><br /><font size="-1"><b>ALS 2p. Collection particulière, Paris 75017.</b><font size="+0">

<div class="p"><!----></div>

<h2>R&#233;f&#233;rences</h2>

<dl compact="compact">
                                                                                                                                                                                                                                                                                          
<div class="p"><!----></div>

 <dt><a href="#CITEDarO2000" name="DarO2000">[Darrigol 2000]</a></dt><dd>
Darrigol, O.
 <em>Electrodynamics from Amp&#232;re to Einstein</em>.
 Oxford: Oxford University Press, 2000.

<div class="p"><!----></div>
</dd>
 <dt><a href="#CITEhp1894oe" name="hp1894oe">[Poincar&#233; 1894]</a></dt><dd>
Poincar&#233;, H.
 <em>Les oscillations &#233;lectriques</em>.
   Publi&#233; par C.&nbsp;Maurain. Paris: Carr&#233; et Naud, 1894.</dd>
</dl>

Time-stamp: &lt;30.12.2011 00:06&#62;
</font></font><hr /><h3>Notes:</h3>

<div class="p"><!----></div>
<a name="tthFtNtAAB"></a><a href="#tthFrefAAB">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>1</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>Les deux lettres nous manquent.
<div class="p"><!----></div>
<a name="tthFtNtAAC"></a><a href="#tthFrefAAC">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>2</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>
  
  <a href="#hp1894oe" name="CITEhp1894oe">Poincar&#233; [1894</a>,46-51]
 .
<div class="p"><!----></div>
<a name="tthFtNtAAD"></a><a href="#tthFrefAAD">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>3</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>La loi de Neumann en notation moderne est
  
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow><mi fontweight="bold">E</mi><mi>d</mi><mi fontweight="bold">&ell;</mi><mo>=</mo><mo>-</mo><mi>&epsiv;</mi><mi fontweight="bold">v</mi><mi>d</mi><mi fontweight="bold">f</mi></mrow></math>, où 
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow><mi fontweight="bold">E</mi></mrow></math> est
  la force électromotrice induite dans un élément 
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow><mi>d</mi><mi fontweight="bold">&ell;</mi></mrow></math> d'un
  conducteur linéaire qui se déplace avec une vitesse 
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow><mi fontweight="bold">v</mi></mrow></math> près
  des courants constants ou des aimants au repos, et 
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow><mi>&epsiv;</mi></mrow></math> est
  un coefficient (regardé comme invariable par Neumann pour
  l'induction dans des fils conducteurs). Franz Neumann a
  également introduit un potentiel 
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow><mi>P</mi></mrow></math> qui donne lieu aux forces qui
  agissent sur le conducteur en mouvement; pour deux circuits
  linéaires avec courants 
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow><mi>i</mi></mrow></math> et 
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow><mi>i</mi><mo>'</mo></mrow></math> : 

<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow><mi>P</mi><mo>=</mo><mi>ii</mi><mo>'</mo><mo>&int;</mo><mo>&int;</mo>
<mfrac><mrow><mi>d</mi><mi fontweight="bold">&ell;</mi><mi>d</mi><mi fontweight="bold">&ell;</mi><mo>'</mo></mrow>
<mrow><mi>&ell;</mi><mo>-</mo><mi>&ell;</mi><mo>'</mo></mrow>
</mfrac>
</mrow></math>.  
A propos de
  la découverte de Neumann, voir Darrigol 
 

 

[<a href="#DarO2000" name="CITEDarO2000">&nbsp;Darrigol 2000</a>,45]
  
.
<div class="p"><!----></div>
<a name="tthFtNtAAE"></a><a href="#tthFrefAAE">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>4</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>Variante&nbsp;: "de l'antenne d'émission <b>et de
    réception</b>".
<br /><br /><hr />
<a href="../index.html"><img src="../icons/contents_motif.gif" alt="contents_motif.gif" /></a>
&#x00A0;&#x00A0;&#x00A0;&#x00A0;&#x00A0;&#x00A0;
<a href="/poincare/chp/">Archives Henri Poincar&eacute;</a> (CNRS, UMR 7117)
</body>
</html>

