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<title>H. Poincar&eacute; Correspondence</title>
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<meta name="keywords" content="poincar&eacute;, letters, henri, correspondence, scientifique"></meta>
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</head>
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<div class="p"><!----></div>


<div class="p"><!----></div>







 
<div class="p"><!----></div>
 




 


<div class="p"><!----></div>















    
  
  
   
<h2>Blondlot à Poincaré</h2><a name="blondlot06">
</a>
<div class="p"><!----></div>

<div align="right">Nancy 8 janvier 1893
</div>

<div class="p"><!----></div>
Cher Monsieur,

<div class="p"><!----></div>
Vous avez pris la peine de faire deux tentatives pour me voir lors de
votre court séjour à Nancy ; j'ai éprouvé un grand regret de ne m'être
trouvé ni à la maison ni à la Faculté ce jour-là. Ce regret est
d'autant plus vif que la résolution prise par Madame votre mère
d'aller habiter à Paris me fait craindre de ne vous revoir que bien
rarement à Nancy, bien que nous espérions que, comme M. Hermite, vous
reviendrez quelquefois dans votre 
ville natale, où vous laissez des
souvenirs, des parents et de sincères amis.<a href="#tthFtNtAAB" name="tthFrefAAB">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>1</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>

<div class="p"><!----></div>
Je crois que l'on vous a rapporté un petit incident survenu entre
Perot et moi ; je crains d'avoir manifesté sur le moment un
mécontentement trop grand pour un motif si peu
important.
Perot a les
défauts de ses qualités : il est très actif, mais son activité est
parfois un peu indiscrète et le rend envahissant. Je ne voudrais pas
que cette petite affaire lui nuisit à vos yeux.<a href="#tthFtNtAAC" name="tthFrefAAC">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>2</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a> 

<div class="p"><!----></div>
La période de froids que nous venons de traverser m'a permis de
réaliser des expériences sur la propagation des ondes électriques dans
la glace. La
disproportion entre la constante diélectrique attribuée à la
glace-78 d'après Bouty-et celle des autres diélectriques, donnait
à cette étude un intérêt
spécial.<a href="#tthFtNtAAD" name="tthFrefAAD">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>3</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>

<div class="p"><!----></div>
J'ai d'abord constaté, à ma grande surprise, et même je devrais dire
à mon grand désappointement, que la longueur des ondes émises dans la
glace par un oscillateur aussi dans la glace est la même que quand
tout l'appareil, oscillateur et fils, est dans l'air : ce résultat est
conforme à celui que j'avais trouvé pour l'essence de térébenthine et
l'huile de ricin ; l'expérience est seulement plus difficile avec la
glace et la précision un peu moins grande, parce qu'on ne peut faire
mouvoir le pont dans la glace et qu'on est, par suite, obligé de
démolir celle-ci un peu en deçà du nœud.

<div class="p"><!----></div>
Ce résultat m'a conduit à remesurer la constante diélectrique de la
glace, cette fois à l'aide des oscillations 
Hertziennes : je mesurais
le long d'un fil aérien la longueur d'onde correspondant à un
résonateur donné, celui-ci étant immergé successivement dans la glace
et dans l'air : le carré du rapport des longueurs d'onde est la
constante diélectrique de la glace. Ici, nouvelle surprise :
l'expérience répétée nombre de fois, avec plusieurs résonateurs m'a
donné des nombres probablement voisins de 2,6 et en tous cas <em>
  sûrement plus petite que 3.</em> Il y a désaccord complet avec le nombre
de Bouty, je ne dirai pas avec les expériences de Bouty, car la
quantité mesurée est sans doute différente dans les deux cas ; mais je
me trouve cette fois en contradiction complète avec Perot,
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mo stretchy="false">[</mo><mo>*</mo><mo stretchy="false">]</mo></mrow>
</msup>
</mrow></math> qui
employant une méthode analogue à la mienne, a trouvé des nombres
voisins de 70.<a href="#tthFtNtAAE" name="tthFrefAAE">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>4</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a> <em>Je suis tout à fait sûr des miens</em> et je ne puis
expliquer ceux de Perot ; sans doute les longueurs d'onde étaient trop
petites comparativement aux dimensions du circuit de son résonateur,
ou bien 
encore, il aura peut être pris un nœud d'ordre supérieur au lieu
du premier&nbsp;? En tous cas, je crains que l'idée préconçue de trouver un
nombre voisin de celui de Bouty l'ait induit en erreur.<a href="#tthFtNtAAF" name="tthFrefAAF">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>5</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a> J'ai
l'intention de lui écrire de recommencer ses expériences.

<div class="p"><!----></div>
J'ai fait toutes les expériences
préliminaires pour la mesure directe de la vitesse de propagation des
ondes par la méthode dont je vous ai parlé ; j'emploie la photographie,
qui marche bien.<a href="#tthFtNtAAG" name="tthFrefAAG">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>6</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>  Aussitôt la belle saison revenue, je
m'occuperai de me procurer une ligne télégraphique ; ma seule
inquiétude est la question de la déperdition et d'isolement :
aura-t-on 
encore une étincelle après un parcourt de deux ou trois
kilomètres ? Voilà ce que je ne puis savoir d'avance : je compte
essayer la transmission au fur et à mesure que l'on construira la
ligne, afin de ne pas faire de frais inutiles si la transmission était
trop imparfaite.<a href="#tthFtNtAAH" name="tthFrefAAH">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>7</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>

<div class="p"><!----></div>
Voilà une bien longue lettre ; veuillez m'excuser d'abuser ainsi de
votre temps et agréez l'expression de mon bien affectueux dévouement.

<div class="p"><!----></div>
R. Blondlot

<div class="p"><!----></div>
[*] <em>Comptes rendus</em> juin 1892

<div class="p"><!----></div>
<br /><br /><font size="-1"><b>ALS 6p. Collection particulière, Paris 75017.</b><font size="+0">

<div class="p"><!----></div>

<h2>R&#233;f&#233;rences</h2>

<dl compact="compact">
                                                                                                                                                                                                                                                                                          
<div class="p"><!----></div>

 <dt><a href="#CITEPerA1892a" name="PerA1892a">[Perot 1892]</a></dt><dd>
Perot, A.
 Mesure de la constante di&#233;lectrique par les oscillations
  &#233;lectriques.
 <em>Comptes rendus hebdomadaires des s&#233;ances de l'Acad&#233;mie des
  sciences</em> 114 (1892): 1528-1531.

<div class="p"><!----></div>
</dd>
 <dt><a href="#CITEPerA1894a" name="PerA1894a">[Perot 1894]</a></dt><dd>
-.
 Sur le pouvoir di&#233;lectrique de la glace.
 <em>Comptes rendus hebdomadaires des s&#233;ances de l'Acad&#233;mie des
  sciences</em> 119 (1894): 601.

<div class="p"><!----></div>
</dd>
 <dt><a href="#CITEhp1894oe" name="hp1894oe">[Poincar&#233; 1894]</a></dt><dd>
Poincar&#233;, H.
 <em>Les oscillations &#233;lectriques</em>.
   Publi&#233; par C.&nbsp;Maurain. Paris: Carr&#233; et Naud, 1894.

<div class="p"><!----></div>
</dd>
 <dt><a href="#CITEhp1901eo" name="hp1901eo">[Poincar&#233; 1901]</a></dt><dd>
-.
 <em>&#201;lectricit&#233; et optique: la lumi&#232;re et les th&#233;ories
  &#233;lectrodynamiques</em>.
 Paris: Carr&#233; et Naud, 1901.</dd>
</dl>

Time-stamp: &lt;30.12.2011 00:06&#62;
</font></font><hr /><h3>Notes:</h3>

<div class="p"><!----></div>
<a name="tthFtNtAAB"></a><a href="#tthFrefAAB">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>1</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>Charles
  Hermite. Le père de Poincaré, Léon Poincaré est mort en 1892, et sa mère Eugénie
  Launois (1830-1897) ne se remariera pas. Ses enfants Henri et Aline
habitent à Paris avec leurs familles.
<div class="p"><!----></div>
<a name="tthFtNtAAC"></a><a href="#tthFrefAAC">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>2</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>Alfred Perot
  écrit à Poincaré le 25.12.1892 (§&nbsp;<a href="perot2.xml">perot2</a>),
mais ne mentionne pas Blondlot. Blondlot et Perot publient des valeurs
discordantes pour la permittivité de la glace, ce qui aurait pu
générer un "incident" entre les deux hommes.
<div class="p"><!----></div>
<a name="tthFtNtAAD"></a><a href="#tthFrefAAD">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>3</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>Poincaré 
 

 

[<a href="#hp1894oe" name="CITEhp1894oe">&nbsp;Poincar&#233; 1894</a>,281-312]
  
 signale
  les différences importantes trouvées pour l'alcool, l'eau et la
  glace. Il ne fait que constater la différence énorme entre les
  valeurs déterminées par Blondlot, qui emploie les oscillations
  hertziennes (autour de 25KHz) et la valeur 
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow><mi>&epsiv;</mi><mo>=</mo><mn>78</mn></mrow></math>
  déterminée par d'autres (et proche de celle d'Edmond Bouty à
  laquelle Blondlot fait allusion ici).  Plus tard, Poincaré
  
 

 

[<a href="#hp1901eo" name="CITEhp1901eo">&nbsp;Poincar&#233; 1901</a>,167]
  
 notera à nouveau ce problème et
  l'expliquera par la nature d'électrolyte que l'eau acquiert dès
  qu'elle contient des traces de sels dissous.
<div class="p"><!----></div>
<a name="tthFtNtAAE"></a><a href="#tthFrefAAE">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>4</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>
  
  <a href="#PerA1892a" name="CITEPerA1892a">Perot [1892</a>]
 .
<div class="p"><!----></div>
<a name="tthFtNtAAF"></a><a href="#tthFrefAAF">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>5</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>Les
  mesures présentées par Perot en juin s'approchent de celles faites
  par Bouty. Plus tard, après rectification
  de son appareil, Perot 
  [<a href="#PerA1894a" name="CITEPerA1894a">Perot, 1894</a>] trouvera une valeur
  proche de celle de Blondlot. L'accord entre Blondlot et Perot est
  noté par Poincaré 
 <a href="#hp1894oe" name="CITEhp1894oe">Poincar&#233;, [1894</a>,305].
<div class="p"><!----></div>
<a name="tthFtNtAAG"></a><a href="#tthFrefAAG">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>6</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>Ainsi que le rapporte Poincaré 
 

 

[<a href="#hp1894oe" name="CITEhp1894oe">&nbsp;Poincar&#233; 1894</a>,195]
  
,
  "l'intervalle de temps entre les deux étincelles était apprécié à
  l'aide d'un miroir tournant qui renvoyait la lumière des étincelles
  sur une plaque sensible; on n'avait plus qu'à mesurer la distance
  des deux images obtenues sur la plaque".
<div class="p"><!----></div>
<a name="tthFtNtAAH"></a><a href="#tthFrefAAH">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>7</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>Poincaré 
 

 

[<a href="#hp1894oe" name="CITEhp1894oe">&nbsp;Poincar&#233; 1894</a>,195]
  
 mentionne
  les résultats de Blondlot pour des lignes de 1 kilomètre et 1800
  mètres : 293000 et 298000 km/s.
<br /><br /><hr />
<a href="../index.html"><img src="../icons/contents_motif.gif" alt="contents_motif.gif" /></a>
&#x00A0;&#x00A0;&#x00A0;&#x00A0;&#x00A0;&#x00A0;
<a href="/poincare/chp/">Archives Henri Poincar&eacute;</a> (CNRS, UMR 7117)
</body>
</html>

