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<title>H. Poincar&eacute; Correspondence</title>
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<meta name="keywords" content="poincar&eacute;, letters, henri, correspondence, scientifique"></meta>
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<div class="p"><!----></div>


<div class="p"><!----></div>







 
<div class="p"><!----></div>
 




 


<div class="p"><!----></div>















    
  
  
   
<h2>Rapport sur la thèse de E. Carvallo</h2><a name="carvallorpt1890">
</a>

<div class="p"><!----></div>

<div align="right"> [Ca.&nbsp;02.1890]<a href="#tthFtNtAAB" name="tthFrefAAB">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>1</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>
</div>

<div class="p"><!----></div>
La thèse de M.&nbsp;Carvallo a pour objet l'étude théorique et
expérimentale de la dispersion des cristaux et en particulier de la
dispersion des rayons caloriques obscurs. Avant d'aborder son sujet
principal, l'auteur s'arrête longtemps à une question intéressante qui
se rattache à la théorie des erreurs et au calcul des probabilités.
Pour réduire les observations antérieures et les siennes en une
formule empirique, il avait le choix entre deux méthodes connues
depuis longtemps&nbsp;: celle des moindres carrés et celle de Cauchy. Celle
de Cauchy présente de grands avantages au point de vue de la facilité
des calculs et des vérifications, mais elle a le grave inconvénient de
n'être pas conforme au calcul des probabilités. M.&nbsp;Carvallo a modifié
la méthode des moindres carrés, non dans ce qu'elle a d'essentiel,
mais dans la disposition des calculs, de manière à retrouver les
avantages de celle de Cauchy. Les vérifications devenaient ainsi
faciles ainsi que diverses simplifications qui rendent les calculs
moins pénibles sans altérer sensiblement le résultat. Il montre
ensuite que sa méthode est encore applicable, avec quelques
changements au cas où les observations ne sont pas de même poids.
Passant ensuite à son sujet principal, M.&nbsp;Carvallo cherche à dégager
le caractère commun à toutes les théories de la dispersion; il montre
qu'elles reposent toutes sur cette proposition qu'il admet lui-même
comme un postulat. Les équations du mouvement lumineux peuvent
toujours être ramenées à la forme suivante&nbsp;: si 
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow><mi>&xi;</mi></mrow></math>, 
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow><mi>&eta;</mi></mrow></math>, 
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow><mi>&zeta;</mi></mrow></math>
sont les composantes du déplacement d'une molécule éthérée, les
dérivées secondes
<br />
<table width="100%"><tr><td align="center">
    <math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
    <mstyle displaystyle="true"><mrow>
<mfrac><mrow>
<msup><mrow><mi>d</mi></mrow><mrow><mn>2</mn></mrow>
</msup>
<mi>&xi;</mi></mrow>
<mrow>
<msup><mrow><mi>dt</mi></mrow><mrow><mn>2</mn></mrow>
</msup>
</mrow>
</mfrac>
<mo>,</mo>
<mfrac><mrow>
<msup><mrow><mi>d</mi></mrow><mrow><mn>2</mn></mrow>
</msup>
<mi>&eta;</mi></mrow>
<mrow>
<msup><mrow><mi>dt</mi></mrow><mrow><mn>2</mn></mrow>
</msup>
</mrow>
</mfrac>
<mo>,</mo>
<mfrac><mrow>
<msup><mrow><mi>d</mi></mrow><mrow><mn>2</mn></mrow>
</msup>
<mi>&zeta;</mi></mrow>
<mrow>
<msup><mrow><mi>dt</mi></mrow><mrow><mn>2</mn></mrow>
</msup>
</mrow>
</mfrac>
<mo>,</mo></mrow>
    </mstyle></math>
</td></tr></table>
<br />

sont égales à une fonction linéaire de 
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow><mi>&xi;</mi></mrow></math>, 
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow><mi>&eta;</mi></mrow></math>, 
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow><mi>&zeta;</mi></mrow></math> et des dérivées 
de ces trois quantités par rapport à 
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow><mi>x</mi></mrow></math>, 
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow><mi>y</mi></mrow></math> et 
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow><mi>z</mi></mrow></math>. On a cru 
longtemps que les termes en 
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow><mi>&xi;</mi></mrow></math>, 
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow><mi>&eta;</mi></mrow></math>, 
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow><mi>&zeta;</mi></mrow></math>, connus sous le nom de termes 
de Briot, n'existaient pas ou pouvaient être négligés; 
mais l'étude du spectre calorique obscur montre qu'il n'en 
est pas ainsi; il est impossible de représenter l'indice 
de réfraction 
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow><mi>n</mi></mrow></math> en fonction de la longueur d'onde 
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow><mi>&lambda;</mi></mrow></math> par 
une série ne contenant que des puissance négatives de

<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow><mi>&lambda;</mi></mrow></math>.<a href="#tthFtNtAAC" name="tthFrefAAC">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>2</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>
Quelles sont les conséquences de ce fait au point de vue de 
la théorie de la double réfraction&nbsp;?

<div class="p"><!----></div>
Les théories de la double réfraction sont très nombreuses; toutes
rendent également bien compte des faits connus jusqu'ici; on peut se
demander s'il en sera encore de même quand on tiendra compte de la
dispersion des rayons obscurs et du terme de Briot&nbsp;? Ces théories
peuvent se répartir en trois groupes; celle de Fresnel, celles de
MM. Sarrau et Boussinesq, celles de Lamé, Neumann et
MacCullagh.<a href="#tthFtNtAAD" name="tthFrefAAD">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>3</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>
M.&nbsp;Carvallo soumet ces trois groupes de théories à une double
discussion, d'abord par la voie géométrique, et ensuite par la voie
analytique. Il montre qu'à la condition d'admettre le postulat énoncé
plus haut, les trois groupes conduisent à des lois différentes pour la
dispersion. Dans les cristaux à un axe, l'indice ordinaire doit être
constant, quelque soit la couleur, avec les théories des deux premiers
groupes; il devient variable dans les théories du groupe de Neumann.
De plus, la loi de l'indice ordinaire n'est plus ni dans la théorie de
Sarrau, ni dans celle de Neumann la même que dans celle de Fresnel.

<div class="p"><!----></div>
Il restait à vérifier expérimentalement les résultats 
obtenus; l'auteur a reconnu ainsi que la théorie de Neumann 
doit être rejetée, et que les lois des deux indices sont 
bien conformes aux théories de Sarrau et Fresnel. Les expériences 
ne sont pas assez précises pour décider entre ces deux dernières 
théories; mais M.&nbsp;Carvallo ne désespère pas de perfectionner 
assez ses moyens d'observation pour arriver à reconnaître 
si l'éther est absolument incompressible comme le croyait Fresnel, 
ou si les vibrations ne sont qu'approximativement transversales, 
comme le pensent MM. Sarrau et Boussinesq.

<div class="p"><!----></div>
La conclusion de l'auteur est que les vibrations de l'éther 
sont perpendiculaires au plan de polarisation. Quelque réserve 
qu'il convienne d'observer dans un sujet aussi délicat, il 
m'est permis de dire que l'argument de M.&nbsp;Carvallo est le plus 
sérieux de ceux qui ont été invoqués jusqu'ici en faveur 
de cette hypothèse de Fresnel.

<div class="p"><!----></div>
En résumé en dehors d'une grande habileté expérimentale 
que nous n'avons pas à apprécier ici, M.&nbsp;Carvallo a fait 
preuve d'une solide instruction mathématique et d'un remarquable 
esprit critique. Sa thèse est de nature à faire faire un 
progrès sérieux à deux des parties les plus intéressantes 
des mathématiques, au calcul des probabilités d'une part, 
et d'autre part à la physique mathématique.

<div class="p"><!----></div>
<br /><br /><font size="-1"><b>ADS. AJ/16/5535, Archives nationales. Transcrit par Gispert 
 

 

[<a href="#GisH1991" name="CITEGisH1991">&nbsp;Gispert 1991</a>,344-345]
  
.</b><font size="+0">

<div class="p"><!----></div>

<h2>R&#233;f&#233;rences</h2>

<dl compact="compact">
                                                                                                                                                                                                                                                                                          
<div class="p"><!----></div>

 <dt><a href="#CITECarE1890" name="CarE1890">[Carvallo 1890a]</a></dt><dd>
Carvallo, E.
 <em>Influence du terme de dispersion de Briot sur les lois de la
  double r&#233;fraction</em>.
 Th&#232;se de doctorat, Universit&#233; de Paris, 1890a.

<div class="p"><!----></div>
</dd>
 <dt><a href="#CITECarE1890b" name="CarE1890b">[Carvallo 1890b]</a></dt><dd>
-.
 M&#233;moire sur l'optique : Influence du terme de dispersion de Briot
  sur les lois de la double r&#233;fraction.
 <em>Annales scientifiques de l'&#201;cole normale sup&#233;rieure,
  suppl&#233;ment</em> 7 (1890b): 3-123.

<div class="p"><!----></div>
</dd>
 <dt><a href="#CITEGisH1991" name="GisH1991">[Gispert 1991]</a></dt><dd>
Gispert, H.
 <em>La France math&#233;matique : la Soci&#233;t&#233; math&#233;matique de
  France (1870-1914)</em>.
   Publi&#233; par H.&nbsp;Gispert. Paris: SFHST, 1991.</dd>
</dl>

Time-stamp: &lt;30.12.2011 00:04&#62;
</font></font><hr /><h3>Notes:</h3>

<div class="p"><!----></div>
<a name="tthFtNtAAB"></a><a href="#tthFrefAAB">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>1</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>La thèse d'Emmanuel Carvallo
    
  [<a href="#CarE1890b" name="CITECarE1890b">Carvallo, 1890b</a>], "Influence du terme de dispersion de
    Briot sur les lois de double réfraction," a été soutenue à la
    Sorbonne le 26.02.1890.
<div class="p"><!----></div>
<a name="tthFtNtAAC"></a><a href="#tthFrefAAC">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>2</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>A ce propos, voir 
  
  <a href="#CarE1890" name="CITECarE1890">Carvallo [1890a</a>,37]
 .
<div class="p"><!----></div>
<a name="tthFtNtAAD"></a><a href="#tthFrefAAD">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>3</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>Émile Sarrau, Joseph Boussinesq (§&nbsp;<a href="boussinesq.xml">boussinesq</a>),
  Gabriel Lamé, Franz Neumann, James MacCullagh.
<br /><br /><hr />
<a href="../index.html"><img src="../icons/contents_motif.gif" alt="contents_motif.gif" /></a>
&#x00A0;&#x00A0;&#x00A0;&#x00A0;&#x00A0;&#x00A0;
<a href="/poincare/chp/">Archives Henri Poincar&eacute;</a> (CNRS, UMR 7117)
</body>
</html>

