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<title>H. Poincar&eacute; Correspondence</title>
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<h2>Rapport sur la thèse de C.&nbsp;Gutton</h2><a name="guttonrpt1899">
</a>

<div class="p"><!----></div>

<div align="right">23 juin 1899<a href="#tthFtNtAAB" name="tthFrefAAB">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>1</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>
</div>

<div class="p"><!----></div>
L'objet de la Thèse de M.&nbsp;Gutton est l'étude expérimentale de certaines
propriétés des ondulations hertziennes.

<div class="p"><!----></div>
Un excitateur produit une perturbation qui se propage le long d'un
fil; ce fil se termine à une des armatures d'un condensateur de faible
capacité, l'autre armature est en relation avec un fil secondaire. La
perturbation en arrivant à l'extrémité du fil primaire, se partage en
deux; une partie de l'énergie est transmise au fil secondaire, une
autre partie est réfléchie et revient en arrière en suivant le fil
primaire. Cette transmission se fait-elle avec une différence de
phase. Quelle est la proportion de l'énergie transmise et de l'énergie
réfléchie. Telles sont les questions que M.&nbsp;Gutton s'est efforcé de
résoudre.

<div class="p"><!----></div>
Dans une première série d'expériences l'une des armatures est formée
par le fil primaire lui-même, l'autre est un tube étroit en laiton
dans lequel pénètre le fil primaire et qui est prolongé par le fil
secondaire. Dans ces conditions, la transmission se fait sans
changement de phase, et sans aucune altération de la période et de
l'amortissement. Si les armatures au lieu d'être constituées comme
nous venons de le dire, étaient de simples plateaux, on constaterait
au contraire une différence de phase qui s'expliquerait d'ailleurs
très aisément par le détour imposé aux ondes par la nécessité de
contourner les plateaux. L'auteur a d'ailleurs varié les expériences
en essayant encore d'autres dispositions.

<div class="p"><!----></div>
Pour l'étude de la forme de la perturbation l'auteur s'est servi, soit
d'un résonateur, soit d'un électromètre analogue à celui de Bjerknes.

<div class="p"><!----></div>
La proportion de l'énergie transmise est d'autant plus grande que les
ondes plus courtes ; elle est maximum lorsque la longueur des fils en
présence est d'1/4 de longueur d'onde. Elle dépend
naturellement de la forme et des dimensions du condensateur; mais on
pourrait s'attendre à la voir dépendre seulement de ses capacités ; il
n'en est rien, la loi véritable est beaucoup plus compliquée.

<div class="p"><!----></div>
Cette étude ne serait pas complète si elle ne comprenait la
détermination de la nature du champ entre les deux armatures du
condensateur, qui seule peut nous faire connaître le mécanisme de la
transmission. Pour cette détermination, M. Gutton se sert de petites
ampoules à vide qui s'illuminent dans le champ hertzien et s'éteignent
aux points où la force électrique est nulle.

<div class="p"><!----></div>
Dans une seconde série d'expériences, l'auteur adopte une disposition
un peu différente. Les fils primaires au lieu d'être coupés à leur
extrémité, sont réunis par un pont. Les fils secondaires sont
également réunis par un pont; et ces deux ponts recourbés en forme de
cercle sont placés à peu de distance l'un de l'autre, de façon à
pouvoir agir l'un sur l'autre par induction. Quand l'onde primaire
arrive au pont, une partie de son énergie est transmise par induction
au fil secondaire, une autre partie revient en arrière par les fils
primaires. Dans ces conditions la transmission se fait avec une
différence de phase d'1/2 période. A part ce changement de
signe, M. Gutton retrouve les mêmes lois que dans le cas précédent.

<div class="p"><!----></div>
Dans la troisième partie de sa thèse, il dispose ses appareils de
telle façon que la partie de l'onde qui n'est pas transmise au fil
secondaire, au lieu de rebrousser chemin, continue sa route dans le
même sens en suivant le fil primaire qui est prolongé au-delà du point
où a lieu la transmission. Le primaire se compose de deux fils
parallèles indéfinis; les fils secondaires, parallèles aux fils
primaires sur une certaine longueur, sont ployés ensuite à angle droit
en restant parallèles entre eux.

<div class="p"><!----></div>
L'auteur signale en passant un fait qui me paraît très digne
d'attention. Il a construit un résonateur rectiligne, formé d'un fil
coupé en deux dont les extrémités peuvent être rapprochées à volonté
par le moyen d'une pince en bis de façon à former un micromètre à
étincelles. Un pareil résonateur, rigoureusement rectiligne, s'éteint
complètement quand on le place parallèlement au fil primaire. Cette
extinction au contraire ne peut pas être obtenue avec les résonateurs
ordinaires, où les pièces métalliques du micromètre altèrent la
rigoureuse rectilignité.

<div class="p"><!----></div>
Dans les conditions que je viens de décrire, la transmission se fait
sans changement de phase.

<div class="p"><!----></div>
La quatrième partie de la thèse traite une question un peu différente-
Quelle est la forme des lignes de force électrique dans le voisinage
d'un résonateur. Pour faire cette étude, M. Gutton se sert d'un
cohéreur analogue à celui de M. Jagadis Chunder Bose, mais où il a
intercalé des olives en laiton entre les ressorts.<a href="#tthFtNtAAC" name="tthFrefAAC">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>2</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a> Ce cohéreur est
moins sensible que celui de M. Bose et d'une sensibilité plus
constante. Il n'agit pas quand il est placé normalement à la force
électrique, ce qui permet de déterminer la direction de cette force.

<div class="p"><!----></div>
Ce que je signalerai surtout parmi les résultats très complets de
cette étude, c'est la convergence des lignes de propagation de
l'énergie vers la coupure du résonateur.

<div class="p"><!----></div>
Ce travail a été fait dans le laboratoire de M. Blondlot à la Faculté
des Sciences de Nancy. Il dénote chez son auteur un esprit extrêmement
judicieux et une connaissance approfondie des phénomènes hertziens. Il
met en évidence de nouvelles lois de ces phénomènes. Nous sommes donc
d'avis qu'il y a lieu d'autoriser M. Gutton à faire imprimer sa thèse
et à la soutenir.

<div class="p"><!----></div>
Poincaré

<div class="p"><!----></div>
<br /><br /><font size="-1"><b>ADS. AJ/16/5537, Archives nationales.</b><font size="+0">

<div class="p"><!----></div>

<h2>R&#233;f&#233;rences</h2>

<dl compact="compact">
                                                                                                                                                                                                                                                                                          
<div class="p"><!----></div>

 <dt><a href="#CITEGutC1899" name="GutC1899">[Gutton 1899]</a></dt><dd>
Gutton, C.
 <em>Recherches exp&#233;rimentales sur le passage des ondes
  &#233;lectriques d'un conducteur &#224; un autre</em>.
 Th&#232;se de doctorat, Universit&#233; de Paris, 1899.</dd>
</dl>

Time-stamp: &lt;30.12.2011 00:20&#62;
</font></font><hr /><h3>Notes:</h3>

<div class="p"><!----></div>
<a name="tthFtNtAAB"></a><a href="#tthFrefAAB">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>1</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>Camille Gutton soutient sa thèse le
    23.06.1899; voir 
Gutton 
  [<a href="#GutC1899" name="CITEGutC1899">Gutton, 1899</a>].
<div class="p"><!----></div>
<a name="tthFtNtAAC"></a><a href="#tthFrefAAC">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>2</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>J.C. Bose (1858-1937).
<br /><br /><hr />
<a href="../index.html"><img src="../icons/contents_motif.gif" alt="contents_motif.gif" /></a>
&#x00A0;&#x00A0;&#x00A0;&#x00A0;&#x00A0;&#x00A0;
<a href="/poincare/chp/">Archives Henri Poincar&eacute;</a> (CNRS, UMR 7117)
</body>
</html>

