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<title> Rapport sur la thèse de Simonin </title>
</head>
<body>

<h2>Rapport sur la thèse de Simonin</h2><a name="simoninrpt-1897-03-24">
</a>

<div class="p"><!----></div>

<div align="right">24 mars 1897
</div>

<div class="p"><!----></div>
L'étude du mouvement de la planète Hécube présente de grandes
difficultés parce que le moyen mouvement est presque exactement le
double de celui de Jupiter.

<div class="p"><!----></div>
L'orbite de cette planète a fait l'objet d'un travail de M. Harzer qui
a employé les méthodes de M. Gylden. M. Simonin a cherché à obtenir les mêmes résultats par des
méthodes plus simples.

<div class="p"><!----></div>
M. Simonin néglige dans la fonction perturbatrice les termes qui
contiennent l'excentricité d'Hécube à une puissance supérieure à 2 ou
celle de Jupiter à une puissance supérieure à 1&#x00A0;; ainsi que les
puissances supérieures de l'inclinaison.

<div class="p"><!----></div>
Mais il divise l'intégration en deux étapes. Il néglige d'abord tous
les termes qui dépendent de l'inclinaison ou de l'excentricité de
Jupiter. La fonction perturbatrice ne contient plus alors que des
termes constants ou des termes dépendants de l'argument unique
<br />
<table width="100%"><tr><td align="center">
    <math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
    <mstyle displaystyle="true"><mrow><mi>&ell;</mi><mo>+</mo><mn>2</mn><mi>g</mi><mo>+</mo><mn>2</mn><mi>h</mi><mo>-</mo><mn>2</mn><mi>&ell;</mi><mo>'</mo><mo>-</mo><mn>2</mn><mi>g</mi><mo>'</mo><mo>-</mo><mn>2</mn><mi>h</mi><mo>'</mo></mrow>
    </mstyle></math>
</td></tr></table>
<br />

La méthode de Delaunay est alors applicable et l'intégration complète
possible. L'auteur, après quelques tâtonnements, arrive à discerner
quels sont les termes de l'intégrale que l'on doit conserver et ceux
que l'on peut négliger.

<div class="p"><!----></div>
Les premières variables adoptées ont cet inconvénient qu'une quantité
très petite 
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msub><mrow><mi>e</mi></mrow><mrow><mn>0</mn></mrow>
</msub>
</mrow></math>, qu'on pourrait appeler l'excentricité moyenne,
s'introduit artificiellement dans les dénominateurs.

<div class="p"><!----></div>
L'auteur évite cet inconvénient par un changement de variables&#x00A0;; ses
tâtonnements auraient certainement été abrégés s'il avait fait ce
changement tout au début du calcul.

<div class="p"><!----></div>
Quoi qu'il en soit parmi les solutions des équations simplifiées
intégrables par la méthode de Delaunay, M. Simonin distingue une
solution périodique qui est de la 1ère sorte et qui diffère peu de
l'orbite d'Hécube.

<div class="p"><!----></div>
Cette orbite sert de première approximation et les corrections qu'on
doit y apporter sont données par des équations différentielles
linéaires dites équations aux variations.

<div class="p"><!----></div>
Si nous supposons 
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow><mi>e</mi><mo>'</mo><mo>=</mo><mi>&gamma;</mi><mo>=</mo><mn>0</mn></mrow></math>, ces équations sans second membre
sont encore intégrables par la méthode de Delaunay.

<div class="p"><!----></div>
Si on introduit l'excentricité de Jupiter 
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow><mi>e</mi><mo>'</mo></mrow></math> les équations demeurent
les mêmes sauf qu'elles acquièrent un second membre. Elles
s'intègrent donc aussi immédiatement. Les termes dépendants de

<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow><mi>&gamma;</mi></mrow></math> qui
définissent le mouvement en latitude conduisent à des équations
linéaires que l'on peut également intégrer.

<div class="p"><!----></div>
Il faut pour compléter les expressions auxquelles on arrive tenir
compte de certains termes dépendant de 
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msubsup><mrow><mi>e</mi></mrow><mrow><mn>0</mn> </mrow>
<mrow><mn>2</mn></mrow></msubsup>
</mrow></math> et des principales
perturbations périodiques que l'on peut calculer par les méthodes
ordinaires.

<div class="p"><!----></div>
La seconde partie de la thèse est consacrée à la comparaison du calcul
avec les observations. La partie délicate était le choix des
constantes.

<div class="p"><!----></div>
Après d'assez longs tâtonnements que l'auteur relate en détail, il
adopte un tableau définitif de constantes.

<div class="p"><!----></div>
La comparaison le conduit alors à un résidu maximum de 45 secondes de
temps. Il est ainsi conduit à introduire un terme nouveau dépendant de
l'argument 
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow><mi>J</mi><mo>-</mo><mo stretchy="false">(</mo><mn>3</mn>
<msub><mrow><mi>&theta;</mi></mrow><mrow><mn>0</mn></mrow>
</msub>
<mo>-</mo>
<msub><mrow><mi>g</mi></mrow><mrow><mn>0</mn></mrow>
</msub>
<mo stretchy="false">)</mo><mi>t</mi></mrow></math>; ce terme qu'il avait d'abord
négligé doit en effet exister&#x00A0;; mais Simonin n'en calcule pas le
coefficient, il se borne à le déterminer <em>empiriquement</em>; il
ne cherche pas même à en évaluer théoriquement l'ordre de grandeur, ce
qui l'aurait d'ailleurs conduits à des calculs assez pénibles.

<div class="p"><!----></div>
Le résidu maximum est alors notablement réduit (à peu près de moitié)
comme on devrait s'y attendre.

<div class="p"><!----></div>
La masse de Jupiter calculée par les perturbations d'Hécube ne diffère
pas de celle qui est généralement adoptée.

<div class="p"><!----></div>
M. Simonin termine en comparant ses résultats avec ceux de M. Harzer
et en donnant les éléments osculateurs d'Hécube de 1897 à 2147.

<div class="p"><!----></div>
Le travail auquel s'est livré M. Simonin a été long et pénible&#x00A0;; il
s'est trouvé aux prises avec de grandes difficultés dont il a
heureusement triomphé et nous estimons qu'il y a lieu de l'autoriser à
faire imprimer et à soutenir sa thèse.

<div class="p"><!----></div>
Poincaré&#x00A0;&#x00A0;&#x00A0; Andoyer&#x00A0;&#x00A0;&#x00A0; Wolf

<div class="p"><!----></div>
<br /> M. Simonin a montré dans la soutenance de sa thèse d'assez
grandes qualités d'exposition. D'autre part, en répondant aux
questions posées par la Faculté, il a montré que l'Astronomie
d'Observation lui était aussi familière que l'Astronomie Théorique.

<div class="p"><!----></div>
L'une de ces questions portait sur l'emploi du niveau et du bain de
mercure. Le candidat a trouvé là l'occasion d'exposer les travaux
personnels qu'il a faits sur ce sujet à l'Observatoire de Nice.

<div class="p"><!----></div>
L'autre question se rapportait aux applications du principe
Doppler-Fizeau. M. Simonin y a également répondu d'une manière
satisfaisante.

<div class="p"><!----></div>
Le jury a donc été unanime à le juger digne du titre de docteur avec
la mention honorable.

<div class="p"><!----></div>
Le Président

<div class="p"><!----></div>
Poincaré

<div class="p"><!----></div>
<br /><br /><font size="-1"><b>ADS. AJ/16/5536, Archives nationales.</b><font size="+0">

<div class="p"><!----></div>

<h2>R&#233;f&#233;rences</h2>

<dl compact="compact">
                                                                                                                                                                                                                                                                                          
<div class="p"><!----></div>

 <dt><a href="#CITESimM1897" name="SimM1897">[Simonin 1897a]</a></dt><dd>
Simonin, M.
 <em>Sur l'orbite de (108) H&#233;cube</em>.
 Th&#232;se de doctorat, Universit&#233; de Paris, 1897a.

<div class="p"><!----></div>
</dd>
 <dt><a href="#CITESimM1897a" name="SimM1897a">[Simonin 1897b]</a></dt><dd>
-.
 Sur l'orbite de (108) H&#233;cube.
 <em>Annales de l'Observatoire de Nice</em> 6 (1897b):
  1-73.</dd>
</dl>

Time-stamp: &lt;12.07.2009 18:19&#62;
</font></font><div class="p"></div><br /><br /><hr /><a href="../index.html"><img src="../contents_motif.gif" alt="contents_motif.gif" /></a>&#x00A0;&#x00A0;&#x00A0;&#x00A0;&#x00A0;&#x00A0;<a href="/poincare/chp/">Archives Henri Poincar&eacute;</a> (CNRS, UMR 7117)<div class="p"></div></body></html>

