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<title>H. Poincar&eacute; Correspondence</title>
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<meta name="keywords" content="poincar&eacute;, letters, henri, correspondence, scientifique"></meta>
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<div class="p"><!----></div>















    
  
  
   
<h2>V. Volterra au Comité Nobel</h2><a name="volterranobel1910">
</a>
<div class="p"><!----></div>

<div align="right">  Rome 10 Janvier 1910<a href="#tthFtNtAAB" name="tthFrefAAB">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>1</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>
</div>

<div class="p"><!----></div>
Monsieur le Président du Comité Nobel de Physique<br />
de l'Académie Royale des Sciences à Stockholm.

<div class="p"><!----></div>
J'ai l'honneur de proposer pour le prix Nobel de physique de l'année
1910, Monsieur <em>Henri Poincaré</em>, professeur à la Faculté des
Sciences de l'Université de Paris pour ses <em>découvertes
  concernant les équations différentielles de la Physique
  Mathématique.</em> Je fais cette proposition en m'appuyant sur la
rapport que M.&nbsp;M.&nbsp;Darboux, Appell et Fredholm ont
présenté.<a href="#tthFtNtAAC" name="tthFrefAAC">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>2</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>

<div class="p"><!----></div>
Il n'est pas nécessaire de multiplier les exemples pour montrer le rôle et
l'importance
que les équations différentielles, et en général les procédés
analytiques, jouent dans le développement de la Physique. Il me suffira de
rappeler que c'est par l'étude théorique des équations générales de
l'élasticité et par la comparaison de ces équations différentielles avec
celles du champ électromagnétique que Maxwell a été amené à créer la
théorie électromagnétique de la lumière, et que cette théorie a été le
point de départ et le guide de Hertz dans ses recherches sur les ondes
électromagnétiques, ce qui a conduit après, de proche en proche, jusqu'à la
découverte
du télégraphe sans fil. Si les développements théoriques de
Maxwell sur les équations différentielles auraient manqué, le champ le plus
brillant de la physique moderne ne se serait pas développé. L'histoire de
la physique, et plus spécialement la partie la plus moderne de cette
histoire, nous montre que tous les progrès de la physique sont liés de jour
en jour davantage au progrès de l'analyse, et que cet instrument de la
pensée humaine est le plus convenable pour classifier, discuter et comparer
d'une manière rigoureuse les phénomènes du monde
physique, et, par suite, pour les dominer. Les mémoires de M.&nbsp;Poincaré
qui se rattachent aux équations différentielles de la physique
mathématique, par leur généralité, par l'originalité des méthodes que
leur auteur a employé, par la profondité des pensées qu'ils
renferment, par l'intérêt de leurs applications constituent un
ensemble de travaux de la plus haute importance dans le domaine de la
physique. Ils ont donné pour la première fois la solution complète et
rigoureuse d'un grand nombre de questions fondamentales de la physique
qu'on cherchait depuis longtemps. Dans le mémoire, que M.&nbsp;Poincaré a
publié dans les <em>Rendiconti del Circolo Matematico di Palermo</em> en
1894, le problème des sons fondamentaux d'une membrane élastique est
résolu.<a href="#tthFtNtAAD" name="tthFrefAAD">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>3</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a> On avait attaché ce problème de
bien des côtés; un grand nombre de cas particuliers avaient été
traités, mais aucune méthode n'avait été encore développée pour en
donner la solution générale, qui présentait une grande difficulté.
M.&nbsp;Poincaré est réussi à l'obtenir par des méthodes originales, et du
même coup M.&nbsp;Poincaré a résolu, outre qu'un problème d'acoustique,
des problèmes fondamentaux de la théorie de la chaleur. 

<div class="p"><!----></div>
Les recherches, que M.&nbsp;Poincaré a consacrées au problème de la
distribution de l'électricité en équilibre, ressortent aussi par
l'originalité des méthodes et par la généralité des résultats.
M.&nbsp;Poincaré est revenu plusieurs fois sur cette question et il en a
obtenu la solution par une heureuse combinaison de plusieurs méthodes
qu'il a fait converger au même but.

<div class="p"><!----></div>
Tout dernièrement le monde des physiciens a été frappé par des
questions inattendues sur le principe de relativité qui se sont
présentées en suite des travaux modernes sur les électrons.
M.&nbsp;Poincaré a abordé la question à un point de vue très élevé. Par le
principe de la moindre action il prouve que le postulat de relativité
peut être rigoureusement établi, si l'inertie de la matière et toutes
les forces étaient exclusivement d'origine électromagnétique à part
une pression constante qui explique la déformation de
Lorentz.<a href="#tthFtNtAAE" name="tthFrefAAE">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>4</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>  Mais il
envisage aussi de près l'hypothèse que toutes les forces, quelle qu'en
soit l'origine, sont affectés par la transformation de Lorentz de la
même manière que les forces électromagnétiques. Par là il trouve que
la propagation de la gravitation se ferait avec la vitesse de la
lumière, mais
que l'effet de cette propagation serait compensé, en grande partie,
par une cause différente, de sorte qu'il n'y aurait pas de
contradiction avec les observations astronomiques.<a href="#tthFtNtAAF" name="tthFrefAAF">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>5</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>
Il est très intéressant de suivre les autres découvertes de
M.&nbsp;Poincaré se rattachant aux différentes branches de la physique dans
tous les nombreux et importants travaux qu'il a répandus dans bien des
journaux et des recueils scientifiques. Ils se rapportent à l'optique,
à l'électricité, à la thermodynamique, à la théorie de la propagation
de la chaleur, aux ondes hertziennes, à la théorie cinétique des gaz,
aux rayons cathodiques à l'électrotechnique.
Les résultats intéressants, les procédés nouveaux, et les observations
géniales qu'ils renferment sont envisagés en détail dans le rapport
que j'ai cité d'abord.

<div class="p"><!----></div>
Les leçons de M.&nbsp;Poincaré qui se rapportent à toutes les branches de
la physique mathématique, ont non seulement une importance didactique,
mais elles ont aussi un intérêt scientifique de premier ordre. Le
maître illustre y développe des idées nouvelles et originales en
donnant des aperçus d'ensemble des théories, qui les présentent sous
un nouveau jour et quelquefois les transforment. La discussion sur le
plan de polarisation en optique, celle sur l'explication mécanique des
phénomènes naturels dans l'électricité,
la discussion sur les principes généraux de la thermodynamique suffisent
pour le prouver.

<div class="p"><!----></div>
La profondeur et l'ampleur de ses idées générales sur les différentes
branches de la physique paraissent d'autre part dans ses conférences
philosophiques et dans ses articles de vulgarisation, qui sont connus
et hautement appréciés par tous les savants et tous les esprits
cultivés.

<div class="p"><!----></div>
L'ensemble de ses travaux peut être comparé à un superbe monument. Les
bases solides sur lesquelles M.&nbsp;Poincaré l'a posé sont ses admirables
et profondes recherches sur les équations différentielles des
différents problèmes
de la physique mathématique.

<div class="p"><!----></div>
Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'expression de mon plus
profond respect.

<div class="p"><!----></div>
Vito Volterra<br />
Professeur à l'Université de Rome

<div class="p"><!----></div>
<br /><br /><font size="-1"><b>ALS 11p. Nobel Archives of the Royal Swedish Academy of
  Sciences.</b><font size="+0">

<div class="p"><!----></div>

<h2>R&#233;f&#233;rences</h2>

<dl compact="compact">
                                                                                                                                                                                                                                                                                          
<div class="p"><!----></div>

 <dt><a href="#CITEPatM1993" name="PatM1993">[Paty 1993]</a></dt><dd>
Paty, M.
 <em>Einstein philosophe : la physique comme pratique
  philosophique</em>.
 Paris: Presses Universitaires de France, 1993.

<div class="p"><!----></div>
</dd>
 <dt><a href="#CITEhp1894rp" name="hp1894rp">[Poincar&#233; 1894]</a></dt><dd>
Poincar&#233;, H.
 Sur les &#233;quations de la physique math&#233;matique.
 <em>Rendiconti del Circolo Matematico di Palermo</em> 8 (1894):
  57-156.

<div class="p"><!----></div>
</dd>
 <dt><a href="#CITEhp1906rp" name="hp1906rp">[Poincar&#233; 1906]</a></dt><dd>
-.
 Sur la dynamique de l'&#233;lectron.
 <em>Rendiconti del Circolo Matematico di Palermo</em> 21 (1906):
  129-176.</dd>
</dl>

Time-stamp: &lt;30.12.2011 00:47&#62;
</font></font><hr /><h3>Notes:</h3>

<div class="p"><!----></div>
<a name="tthFtNtAAB"></a><a href="#tthFrefAAB">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>1</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>Le manuscrit porte le
    cachet&nbsp;:"K.&nbsp;Vetenskapsakademiens, Nobelkomitéer, Inkom den 20.1
    1910", avec l'annotation "Härtill 1 bilage".
<div class="p"><!----></div>
<a name="tthFtNtAAC"></a><a href="#tthFrefAAC">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>2</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>Voir le rapport (§&nbsp;<a href="darbouxnobel1910.xml">darbouxnobel1910</a>).
<div class="p"><!----></div>
<a name="tthFtNtAAD"></a><a href="#tthFrefAAD">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>3</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>
  
  <a href="#hp1894rp" name="CITEhp1894rp">Poincar&#233; [1894</a>]
 .
<div class="p"><!----></div>
<a name="tthFtNtAAE"></a><a href="#tthFrefAAE">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>4</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>Supposant une origine purement électromagnétique de
  l'inertie de la matière, et que toute les forces soient d'origine
  électromagnétique (sauf celle dérivée d'un potentiel hypothétique
  qui donne lieu à la "pression de Poincaré"), Poincaré
  
 

 

[<a href="#hp1906rp" name="CITEhp1906rp">&nbsp;Poincar&#233; 1906</a>,130]
  
 montre que la théorie de Lorentz est
  compatible avec le principe de relativité.
  Selon la lecture de Paty 
 

 

[<a href="#PatM1993" name="CITEPatM1993">&nbsp;Paty 1993</a>,53]
  
, chez Poincaré
  cette pression hypothétique sert à la "neutralisation de
  l'aspect physique des concepts d'espace et de temps."
<div class="p"><!----></div>
<a name="tthFtNtAAF"></a><a href="#tthFrefAAF">
<math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
<mrow>
<msup><mrow></mrow><mrow><mn>5</mn></mrow>
</msup>
</mrow></math></a>Voir
  
  [<a href="#hp1906rp" name="CITEhp1906rp">Poincar&#233;, 1906</a>,§9]. Poincaré soutient que les observations
  astronomiques sont compatibles avec ses lois relativistes de la
  gravitation; en revanche, il n'invoque aucune compensation d'effets
  dans ce contexte.
<br /><br /><hr />
<a href="../index.html"><img src="../icons/contents_motif.gif" alt="contents_motif.gif" /></a>
&#x00A0;&#x00A0;&#x00A0;&#x00A0;&#x00A0;&#x00A0;
<a href="/poincare/chp/">Archives Henri Poincar&eacute;</a> (CNRS, UMR 7117)
</body>
</html>

