La
notion de non sens est au
cœur de la conception wittgensteinienne de la philosophie.
Toutefois, elle n’a pas, loin s’en faut, toujours
été mise au centre des préoccupations
des
exégètes. On a pu estimer,
peut-être avec
raison, que sa conception de la philosophie
n’était pas un
aspect fondamental, fécond, de sa pensée. Depuis
une
trentaine d’années, elle s’est
trouvée peu
à peu projetée sur le devant de la
scène. On peut
penser, par exemple, au livre de Peter Hacker, Insight and Illusion
(1972) ou à celui de A.Kenny intitulé
Wittgenstein
(1973). On peut penser ensuite à
l’élaboration du
grand commentaire des Recherches
en quatre volumes par Peter Hacker et
Gordon Baker, qui a contribué à instaurer une
certaine
orthodoxie, quoique relative puisque de nombreux désaccords
sur
des questions cruciales se posent encore (Ex : Problèmes des
objets dans le Tractatus,
Suivre une règle dans les
Recherches).
Le livre de C.Diamond, L’esprit
Réaliste (1990),
et les
travaux de S.Cavell, J.Conant, R.Read, et d’autres dont
certains
sont réunis dans l’ouvrage The new Wittgenstein
(2002),
plaident pour une nouvelle vision de l’œuvre en
rupture
avec l’interprétation orthodoxe. Cette nouvelle
interprétation a fait beaucoup d’émules
en France.
Aujourd’hui le débat fait rage. Un des enjeux
fondamentaux
est de savoir comment il est possible de mettre au centre de la
philosophie l’idée que la philosophie se compose
de non
sens sans se placer dans l’impossibilité de rien
dire du
tout. Cela peut-il avoir la moindre cohérence ? Y a-t-il une
(ou
plusieurs) pratique ou méthode philosophique en accord avec
cette conception de la philosophie ?
Quelle différence y a-t-il entre les deux
interprétations
? Ce type
d’interprétation est
défendu par des auteurs comme Peter Hacker, Gordon
Baker,
ou encore David Pears . Pour l’interprétation
réaliste il y a une profonde rupture au sein de
l’œuvre de Wittgenstein. En effet, si le Tractatus
peut
être considéré comme un ouvrage de
métaphysique au sens classique du terme, les Investigations
Philosophiques rompent radicalement la tradition en
réalisant
l’intention déjà présente
dans
l’ouvrage de jeunesse selon laquelle la philosophie
n’est
pas une théorie mais une activité dont le but est
d’éclaircir des propositions qui ont un sens vague
et
confus. La philosophie du second Wittgenstein serait
entièrement
non métaphysique. Dans ce cadre interprétatif la
relation
entre la conception et la pratique de la philosophie connaît
deux
temps . Le premier temps est celui du Tractatus
où,
malgré la présence de l’idée
selon laquelle
les propositions philosophiques sont des non sens et de
l’autre
l’idée corrélative selon laquelle la
philosophie
est une activité, Wittgenstein ne parvient pas à
mettre
en place une pratique, une méthode, convenable. En effet, il
est
généralement admis que l’analyse
logique du langage
ordinaire, dans le Tractatus,
ne fonctionne pas. Le second temps
consiste à harmoniser sa conception et sa pratique de la
philosophie par une prise de conscience du fait que le Tractatus
procède encore de la tradition classique de la
métaphysique.
Depuis Platon au moins la philosophie a été
pensée
par la plupart des philosophes comme une méta science. Son
objet
serait une réalité inaltérable,
extérieure
au monde sensible et au monde du sens commun dans lequel vit
l’homme ordinaire. Le philosophe aurait le pouvoir de
connaître cette réalité
cachée sans faire un
pas en dehors de son microcosme, sans sortir voir le monde
extérieur et constater son agencement. Par la seule vertu
d’une investigation réflexive a priori, le
philosophe
aurait le pouvoir de se hisser jusqu’à des
vérités nécessaires,
éternelles. Ainsi, la
philosophie a été conçue comme une
discipline
scientifique ou cognitive dont la réalisation serait la
construction d’édifices théoriques
d’une
nature particulière.
La manière dont Wittgenstein pense la philosophie la place
en
opposition à cette tendance à voir la philosophie
comme
une enquête portant sur quelque chose de
mystérieux devant
nous révéler quelque chose sur le monde que nous
ne
pouvons apercevoir lorsque nous sommes dans nos moments non
philosophiques. Pour Wittgenstein, il n’y a pas de
théorie
à construire. Il n’y a pas de fait
caché à
découvrir, tout est là ou, comme dirait Norman
Malcolm,
nothing is hidden. La
philosophie n’est pas affaire de
découverte mais de compréhension. Elle
réorganise
clairement comme on range sa chambre quand on ne peut plus y vivre
normalement ou comme on fait la vaisselle lorsqu’il
n’y a
plus de couverts. Toutefois, et Peter Hacker insiste clairement sur ce
point : même si le philosophe wittgensteinien ne
doit pas
s’efforcer de construire des théories, il ne
cherche pas
seulement que la destruction des édifices existants. Il
construit une image cohérente de nos formes de
représentation. Seulement la visée de sa
démarche
n’est ni d’ériger un autel, ni de mettre
un terme
à la philosophie. L’image formée par le
travail
donne une représentation synoptique de nos règles
grammaticales, c’est-à-dire de ce à
quoi nous nous
en tenons en pratique, c’est-à-dire dans nos
formes de
vies. Une fois ces règles mises à jour le besoin
de
s’assurer que tel ou tel de nos jeux de langage est bien
fondé, réel ou vrai disparaît. Le plus
difficile en
philosophie est de voir que là où nous cherchons
une
justification d’une nature particulière,
proprement
philosophique, il nous suffit de voir ce que nous faisons, comment nous
agissons.
Le point sur lequel un changement radical s’opère
entre le
Tractatus et les Investigations est le suivant
: dans
l’œuvre de jeunesse la règle
grammaticale ou logique
sont le reflet d’une réalité stable,
nécessaire, substantielle ; tandis que dans la seconde
œuvre de Wittgenstein, à l’inverse, ce
sont les
règles logiques ou grammaticales qui déterminent
l’essence. Là où dans le Tractatus les
règles trouvaient une justification dans le monde
(même si
c’est d’une manière obscure, ineffable),
dans les
Investigations, il n’y a
plus rien pour les justifier.
C’est la thèse de l’autonomie de la
grammaire ou du
langage. Celle-ci est l’héritière de la
distinction
entre dire et montrer qui était au cœur de la
théorie de la proposition image ou reflet. La tentative
même de les justifier est condamnée comme une
source
importante de confusions mentales engendrant des non sens
philosophiques. Aux règles ne correspond plus rien, elles
sont
des simples conventions, des inventions et non des
découvertes.
Le sentiment d’une profondeur métaphysique des
règles logiques ou grammaticales n’est plus
l’indice
d’un fait dérobé au regard ordinaire et
que le
philosophe aurait à découvrir, il est simplement
perçu comme l’expression de notre besoin de
justifier, de
fonder ; besoin dont la philosophie, selon Wittgenstein, a pour
objectif de nous débarrasser ou, selon la
métaphore
thérapeutique de nous soigner.
La lecture concurrente s’est orientée vers une
organisation plus systématique assez récemment
avec deux
ouvrages importants. Le premier paru il y a à peine plus
d’un dizaine d’années écrit
par C.Dimaond et
intitulé L’esprit
réaliste. Et le
second plus
récent, datant de 2003, intitulé The New
Wittgenstein.
Cette interprétation dite nouvelle, venue
d’Amérique, est portée par de nombreux
représentants, au nombre desquels nous trouvons S.Cavell,
H.Putnam, J.Mc Dowell, James Conant, Rupert Read, Alice Crary et
d’autres encore. Cette interprétation
d’origine
américaine connaît un certain succès en
France
comme en témoigne un ouvrage comme Métaphysique
et jeu de
langage publié sous la direction de S.Laugier.
Cette interprétation nouvelle défend
l’idée
d’une continuité du Tractatus
aux Investigations
fondée sur la conception thérapeutique de la
philosophie.
Dans ce cadre interprétatif, conception et pratique de la
philosophie sont en parfaite harmonie du début à
la fin.
Elle soutient, contre l’interprétation
précédente, l’idée selon
laquelle l’un
des principaux objectifs de Wittgenstein est de nous amener
à
voir que l’idée d’un point de vue
extérieur
sur le langage est une confusion et que son abandon n’a
aucune
conséquence sur nos idéaux
épistémiques
fondamentaux. Elle considère que
l’interprétation
classique échoue à saisir cette conception
thérapeutique de la philosophie dans la mesure où
elle
représente Wittgenstein comme soumis à des
impératifs métaphysiques qui déforment
l’aspect thérapeutique de sa pensée.
C.Damond et
les autres reprochent à la vision classique de montrer le
second
Wittgenstein en train d’entreprendre le type de projet
métaphysique qu’il rejette, selon eux, par
ailleurs. En
cela, Hacker et d’autres manqueraient l’aspect
thérapeutique fondamental de la philosophie
wittgensteinienne.
L’interprétation classique assumerait
l’idée
de l’abandon de ce point de vue extérieur sur le
langage,
mais considèrerait dans le même temps que cet
abandon
constitue un changement dans nos idéaux
épistémiques fondamentaux. Ainsi comprennent-ils
le
Tractatus en pensant que
l’accord entre l’usage
d’un
signe et sa signification est fondé sur la
réalité
objective tandis que par la suite c’est la grammaire, quelque
chose de non objectif, qui assure ce lien. Abandonner
l’idée d’un point de vue
extérieur
apparaît comme une menace à
l’égard de notre
bon droit à parler d’une objectivité
pure puisque
n’importe quel droit à parler de la
réalité
auquel nous recourons repose sur l’existence de
caractéristiques de la réalité qui
transcendent
notre forme de pensée, notre manière de parler,
et
déterminent leur correction. Ces caractéristiques
seraient en outre observables, accessibles, d’un point de vue
extérieur. De plus, abandonner ce point de vue reviendrait
à affirmer qu’il n’y a pas de telles
caractéristiques. En somme, Wittgenstein nierait donc la
possibilité de parler de la réalité
objective tout
en maintenant qu’il n’y a pas de
caractéristiques de
la réalité qui fondent nos usages, comme si le
fait de se
positionner dans ce point de vue nous permettait de faire ce constat.
Donc l’interprétation classique montrerait
Wittgenstein
affirmant que rien ne peut être dit de la
réalité
objective, qu’il n’y a pas de point de vue
extérieur
au langage, mais cela le mettrait lui-même hors-jeu car cette
conclusion dépendrait justement de la possibilité
d’épouser un tel point de vue.
On peut donc dire de l’interprétation nouvelle que
«
son but principal est de nous permettre de voir que le point de vue
auquel nous aspirons ou que nous pensons avoir quand nous philosophons
– un point de vue sur le langage comme si en dehors de
celui-ci
nous imaginions pouvoir obtenir une claire vision de la relation entre
le langage et la réalité –
n’est rien de
moins que l’illusion d’un point de vue.
» Ainsi
défend-elle l’idée que
reconnaître la
possibilité de prendre un point de vue extérieur
au
langage sur le langage afin de comprendre, de saisir, ce qui fait que
celui-ci s’accorde ou pas avec la
réalité selon des
normes objectives, ne diminue en rien nos capacités
cognitives,
et c’est justement cela qu’il nous faut comprendre
pour
comprendre Wittgenstein et le caractère inouï de sa
philosophie. Leur interprétation propose de
considérer
que Wittgenstein a véritablement réussi
à
éliminer la métaphysique de sa manière
de faire de
la philosophie. Il aurait reconnu que soutenir ou nier que la relation
entre langage et réalité peut être
connu clairement
est une illusion. Croire que l’on peut décrire les
relations entre langage et monde en élaborant une
théorie
générale de la proposition ou le nier,
c’est
toujours une erreur. Ils cherchent à atteindre une
fidélité sans faille à
l’idée de
Wittgenstein selon laquelle nous devons ramener les mots de leur usage
métaphysique à leur usage ordinaire.
L’idée
phare de cette interprétation thérapeutique de
Wittgenstein réside, comme l’a montré
S.Cavell dans Les voies de la raison,
dans le fait que le besoin
d’explication
philosophique ou métaphysique est toujours un besoin de
mythologie, ou d’illusion. L’illusion selon
laquelle notre
pensée aurait besoin d’un fondement qui aille
au-delà de notre pratique quotidienne. Ainsi, en philosophie
peine-t-on à reconnaître que ceci ou cela
n’a pas
besoin d’être fondé sur autre chose que
ce que
l’on fait habituellement. Nous n’avons pas besoin
de
fondement, voilà ce dont il faut se séparer pour
voir les
choses telles qu’elles sont pour tous, en dehors des
déformations des philosophes. Les problèmes de
philosophie n’existent que dans la tête des
philosophes, et
pas dans la vie ordinaire. Or la demande philosophique de fondation est
intrinsèquement confuse et mène obligatoirement
à
des frustrations. Dans cette interprétation, le point
central
est l’hypothèse d’une
continuité forte entre
les deux Wittgenstein. Il est proposé de
considérer que
la tendance qui anime les écrits de Wittgenstein
n’est ni
réaliste ni antiréaliste dans les acceptions
classiques
de ces termes. Cora Diamond parle cependant d’Esprit
Réaliste. Qu’est-ce que l’Esprit
Réaliste ? La nouvelle interprétation
de
Wittgenstein se revendique du Réalisme. Toutefois, il ne
faut
penser que le mot réalisme est ici à entendre
dans un
sens assez proche du platonisme. Comme Cora Diamond le
précise
dès le début de son article "Le
réalisme et
l’esprit réaliste", il n’est pas question
de
réalisme au sens philosophique traditionnel. La notion est
employée de manière ordinaire ou, non
philosophique.
Ainsi, elle se charge d’une signification relative aux usages
que
nous faisons de cette notion dans notre vie non philosophiques .
Quelles acceptions sont donc liées à cet usage de
la
notion de Réalisme ? Il y a trois
caractéristiques du
Réalisme pris en ce sens. 1) Nous utilisons couramment le
terme
de réalisme lorsque quelqu’un
s’entête en
dépit des faits à entretenir telle ou telle
croyance ou
groupe de croyances. Sera également dit manquer de
réalisme quelqu’un qui jugera que telle ou telle
de ces
croyances n’est pas susceptible d’être
ébranlé par le monde. D’une
manière un peu
plus générale, on peut dire que cette
première
caractéristique est une exigence d’attention aux
faits,
à la particularité, aux détails. 2) la
seconde
acception est la différence entre mythe (fantastique, magie,
superstition) et réalité. Nous savons bien que
certaines
choses sont réelles et que d’autres sont
simplement
imaginaires. 3) Un monde, une suite
d’évènements,
etc. sont dits réalistes si les parties sont
cohérentes
entre elles, si les conséquences des faits ou
évènements ne sont pas invraisemblables.
Nous venons de décrire à gros traits deux types
de
lecture de Wittgenstein qui apportent des réponses positives
au
problème de la relation entre conception et pratique de la
philosophie. La première fait
l’hypothèse
d’une discontinuité entre les deux Wittgenstein et
perçoit l’évolution de sa
pensée comme la
mise en adéquation progressive de sa conception de la
philosophie et de sa pratique, après
l’échec du
Tractatus, par
l’invention de la philosophie des jeux de
langage
et l’étude de l’usage réel
plutôt que
de l’essence. Pour la seconde lecture, il y a
continuité,
et surtout adéquation complète. Mais laquelle de
deux
lectures décrit le plus fidèlement la philosophie
de
Wittgenstein ? N’y en a-t-il une ou plusieurs autres plus
fécondes ou fidèles ? De nombreux philosophes
(Russell,
Ramsey, Ayer, Nef etc.) estiment que la conception de la philosophie de
Wittgenstein n’est pas cohérente,
justifiée ou
féconde. Avaient-ils raison ? Faut-il
véritablement
prendre en compte cet aspect de sa pensée ? Le fait
même
que les commentateurs ne parviennent pas à se mettre
d’accord sur la signification qu’il faut attribuer
à
cette conception de la philosophie et à la
manière dont
elle est reliée à sa pratique philosophique
n’est-il pas un indice de fait que cette voie est
erronée
?
S’interroger sur la signification, la cohérence et
la
plausibilité de sa conception de la philosophie et sur la
relation qu’elle entretient avec sa pratique peut se faire
notamment en abordant la question de la philosophie des
mathématiques.
La philosophie des mathématiques :
La philosophie des mathématiques est devenu depuis un peu
plus
d’une quinzaine d’années un sujet
important. En
effet, jusque là la plupart des contributions
d’importance
s’étaient essentiellement concentrées
sur
l’apport de Wittgenstein en philosophie de
l’esprit, et les
jugements sur sa contribution dans ce domaine de la philosophie
n’étaient pas toujours positifs. On accusait
parfois
Wittgenstein de ne pas être suffisamment informé
en la
matière, et d’avoir commis des erreurs
grossières.
Avec la publication progressive de ses écrits sur les
mathématiques, qui représentent environ la
moitié
de son œuvre, les lecteurs de Wittgenstein tentent de trouver
les
raisons qui ont amenées Wittgenstein à penser que
son
apport principal se situait en philosophie des
mathématiques.
Lui-même a pensé que sa contribution principale en
philosophie se situait dans ce domaine. Si depuis la publication de ses
divers écrits sur les mathématiques, quelques
ouvrages
ont été réalisés (P.
Frascolla, M. Marion,
J. Bouveresse, C. Wright), le travail d’assimilation
n’est
pas terminé. S’interroger sur la relation entre
conception
et pratique de la philosophie chez Wittgenstein peut être une
bonne occasion de discuter de ses textes sur la philosophie des
mathématiques.
La
question de l’héritage
:
Après avoir eu une influence considérable sur le
positivisme logique, puis sur la philosophie anglaise des
années
cinquante et soixante, la philosophie de Wittgenstein perd du terrain
sous l’influence d’une philosophie à
caractère scientifique inspirée notamment de
Quine et
à travers le renouveau de la
métaphysique dans la
philosophie analytique contemporaine avec P.Strawson, D.Lewis,
D.Armstrong etc. Mais le déclin de sa pensée dans
le
courant qu’il contribua, en partie malgré lui,
à
constituer est concomitant d’un éveil de
l’intérêt pour son œuvre dans
les milieux de
la philosophie dite continentale, en particulier dans le courant
déconstructionniste. Cet intérêt
nouveau semble
lié à la dimension antimétaphysique de
sa
pensée, c’est-à-dire justement
à l’un
des aspects qui le discrédite le plus aux yeux de
philosophes
analytiques contemporains. Aujourd’hui, plus que jamais, la
conception wittgensteinienne de la philosophie, et par
conséquent la notion de non sens, semblent
mériter une
attention particulière si nous voulons comprendre un peu
mieux
le sens de cette œuvre importante. Cette image du
déclin
de l’influence de Wittgenstein, en dépit
d’un
formidable accroissement de la littérature secondaire,
est-elle
correcte ? Doit-elle être amendée, voire
abandonnée
? Et pourquoi ? Faut-il considérer que nous avons
tiré de
Wittgenstein tout ce qu’il y avait à en tirer ?
Est-il
véritablement un philosophe anti-métaphysique ?