G. Abel, "Signe et significations.
Réflexions sur un problème fondamental de la
théorie des symboles"
L'emploi et la compréhension des signes présupposent des caractères sémantiques des signes (signification, référence, conditions de vérité). Ces caractères ne peuvent pas être expliqués ni par une théorie descriptive ni par une théorie causale. L'échec de ces deux paradigmes contemporains amène au point central : employer et comprendre des signes présupposent toujours une pratique habituelle de l'interprétation des signes. La signification et la référence d'un signe sont fixées par l'interprétation appropriée. Donc, la communication dépend de la pratique de l'interprétation bien entraînée. Un modèle à trois niveaux de l'interprétation est proposée. Et il est insisté sur la différence entre l'explication des signes et l'auto-réalisation ou bien la logique des signes. Cette différence est élucidée à travers de différents domaines. Ensuite, des contraintes de cohérence sont formulées par rapport aux interprétations qui déterminent les caractères sémantiques des signes.
J.-P. Cometti, "Pour l'exemple. Remarques sur
la théorie goodmanienne des symboles"
La théorie goodmanienne des symboles accorde un rôle particulier à l'exemplification. L'importance de cette notion ne tient pas seulement aux perspectives qu'elle offre d'un point de vue strictement esthétique, mais aussi à sa signification et à ses implications philosophiques. Elle est notamment au principe d'une théorie originale de l'expression dont le mérite est de mettre en relief une dimension significative du fonctionnement esthétique des oeuvres d'art, sans toutefois céder aux malentendus qui ont leur source dans une négation de la référence ou dans les puissantes suggestions de l'intériorité. Cet exposé s'attache à mettre en relief, sous ces différents aspects, le rôle de l'exemplification dans la théorie goodmanienne des symboles, le type de contestation auquel elle a donné lieu, ainsi que les arguments qui plaident en sa faveur.
I. Delpla, "Manières de faire les
autres. (Quelques implications du constructivisme selon Quine, Davidson
et Searle)"
Le constructivisme s'applique-t-il aux autres et comment ? Faut-il
voir dans le modèle de la traduction ou de
l'interprétation radicale l'un des prolongements
anthropologiques possibles du constructivisme de Goodman ? A partir des
critiques adressées au constructivisme et à l'idée
même de schème conceptuel, notamment par Searle et
Davidson, le présent article défend les deux idées
suivantes :
- loin d'être incohérente et de conduire au scepticisme et
à des altérités inintelligibles, c'est
l'idée même de schème conceptuel, et non son rejet
au nom d'une théorie de la vérité, qui rend
possible la pensée de différences anthropologiques
intéressantes. Cette idée est justifiée par une
analyse de la critique que Davidson opère de l'idée
même de schème conceptuel et des métaphores qui
l'expriment.
- en raison d'un déplacement des questionnements
métaphysiques sur le scepticisme et l'idéalisme vers un
horizon anthropologique, dont témoigne les vues de Davidson ou
de Searle, l'objection d'idéalisme adressée à
Goodman pourrait être retournée contre ses critiques en
matière de réalité humaine et sociale.
C. Z. Elgin, "The Power of Parsimony"
Extensionalism is often rejected on the grounds that it cannot explicate metaphor, fiction, indirect discourse and ascriptions of propositional attitude. I argue that Nelson Goodman's extensionalism has the resources to explicate all these devices. But Goodman recognizes multiple modes of reference, whereas intensional theories recognize only one. So it is not obvious that Goodman's theory is more austere than its rivals. What recommends Goodman's extensionalism, I contend, is not its ontological austerity so much as its flexibility and sensitivity to context.
G. Gabriel, "Probleme mit der Denotation. Eine
Kritik des Fiktionalismus"
Neuere Versuche, die kategoriale Unterscheidung von Fakten und Fiktionen in Frage zu stellen, richten sich insbesondere gegen den Begriff der Denotation (bzw. der Referenz). Er wird zu Unrecht verdächtigt, einen metaphysischen Wirklichkeitsbegriff in Anspruch zu nehmen. In diesem Zusammenhang ist auch N. Goodmans Gedanke des 'Machens' von Welten ('worldmaking') als argumentative Stütze herangezogen worden. Dabei wird allerdings nicht hinreichend zwischen einem 'Machen' im Sinne des Konstituierens von Tatsachen und einem 'Machen' im Sinne des Erfindens von Tatsachen unterschieden: Not all making is faking. Die Unterscheidung von Fakten und Fiktionen erweist sich nicht nur als unverzichtbar für die Historie, sondern liefert auch die Grundlage für ein angemessenes Verständnis des Erkenntniswertes der Dichtung. Gegen ein fiktionalistisches Verständnis der Arbeiten Goodmans versucht der vorliegende Beitrag die Position eines komplementären Pluralismus zu setzen. Danach ergänzen sich die Fakten der Wissenschaft und die Fiktionen der Dichtung als gleichberechtige Modi der Welterschließung.
G. Heinzmann, "Raisonnement
mathématique et art"
Y-a-t-il place pour un critère non-logique de rigueur en mathématiques ? En interprétant la pensée de Poincaré à la lumière des textes de Helmholtz et de Peirce, on se propose de reconnaître dans le raisonnement mathématique de Poincaré un caractère esthétique - au sens goodmanien du terme - qui pourrait satisfaire à l'exigence en question.
K. Lorenz, "Perceptual and Conceptual
Knowledge: The Arts and the Sciences"
The philosophical procedures of the philosopher-scientist N. Goodman and the philosopher-artist H. Broch exhibit a dual nature within the Peircean frame of treating ontology and epistemology as 'two sides of the same coin'. The relativization of the distinction between objects and signs of objects is used by Goodman to arrive at many world-versions for the same subject and by Broch to discriminate many subjective viewpoints towards the same world. Some implications from this state of affairs are drawn with respect to the distinction of perceptual and conceptual knowledge inherent in the work of the two authors.
J. Morizot, "L'art de la symbolisation"
L'originalité de Nelson Goodman est de défendre une conception de l'art en tant que symbolisation. La distinguer des multiples théories "symboliques" qui ont proliféré depuis un siècle contribue à faire ressortir sa nouveauté méthodologique. J'ai choisi de mettre l'accent sur quelques-unes de ces approches et de situer le programme goodmanien au sein des tendances actuelles. La notion d'exemplification se révèle la plus caractéristique et la plus féconde pour réconcilier dans l'oeuvre le souci du contenu particulier et la logique des relations référentielles.
R. Pouivet, "L'irréalisme : deux
réticences"
La thèse majeure de Manières de faire des mondes de Nelson Goodman est celle de l'irréalisme. L'article expose deux réticences à l'égard de cette thèse. La première consiste à montrer que Goodman est conduit à traiter l'existence comme un prédicat - ce qui est, on le sait, pour le moins dicutable. Le seconde réticence consiste à s'interroger sur la question de savoir pourquoi nous serions tenus à une abstinence métaphysique dans la réponse à la question de savoir ce qui peut garantir l'implantation des prédicats. C'est l'interprétation de Goodman par Hacking qui est alors discutée. Il ne s'agit nullement d'une critique globale de la philosophie de Goodman, mais de la mise en question de l'irréalisme par l'affirmation de deux thèses : nous ne faisons pas exister les objets dont nous parlons, l'ontologie n'est pas évanescente.
N. Rao, "Making and Discovering"
The classical model of knowledge is built on the distinction between making and discovering, the latter correlated to what there is and the former to something that is not yet there, and therefore something which the action of making brings into existence. Starting from a critique of the notion of 'given', Goodman overturns this classical model and suggests a making model of cognition. This gives rise to a question: if cognition is equally an action of making, what kind of an account can be given of an action that results in 'discovery'? The present paper is an attempt to give an account of the nature of discovery within the making model of cognition. The strategy is to shift the focus from that on 'doing' and 'apprehending' to that on 'routine doing' and 'thinkingly doing something'. By elaborating the notion of thinkingly doing something in terms of two pairs of distinctions, 'doing' and 'suffering' and 'schema' and 'actualisation' it is shown that notion of discovery can be accounted for without assuming that the cognition is a passive reception of the 'given'.
I. Scheffler, "Some Responses to Goodman's
Comments in Starmaking"
The disagreement between Goodman and myself concerning his claim that we make worlds by making versions has persisted throughout several exchanges between us since 1980. This paper is a critical response to Goodman's latest defense of his claim in his "Comments" in [McCormick (ed.) 1996]. I continue to argue that if a version of our making turns out to be true, it hardly follows that we have made its object.
H. J. Schneider, "From Actions to Symbols:
Wittgenstein's Method and the Pragmatic Turn"
In an endeavor to contribute to an understanding of 'worldmaking' in Goodman's sense the paper tries to clarify the relation between a (linguistic) symbol and what it stands for. It argues that Wittgenstein's pragmatic method can help to avoid two mistakes: the mistake of staying (without noticing it) inside the confines of our own language and thus failing to grasp the possibility of new and different symbolic worlds; and the mistake for a language-game approach of underestimating the systematic interconnections of partial linguistic abilities that allow to speak of a 'world' in the first place. In the first part, five methodological maxims are extracted from the later writings of Wittgenstein. In the second part five steps, from prelinguistic social activity to a classificatory use of symbols (and thus to the establishment of the relation of a sign standing for an object) are discussed in detail.
R. Schwartz, "Pictures, Puzzles and Paradigms"
In psychological theories of vision the projective paradigm dominates the study of picture perception. The symbolic paradigm, associated with the work of Nelson Goodman, offers an alternative account of pictorial representation and understanding. Adopting this latter perspective may help explain and resolve some of the puzzles plaguing research in the field.
L. Vax, "Les logiques trivalentes sont-elles
'auto-descriptives' ?"
Une logique est autodescriptive si elle est en mesure de formuler sur elle-même, en employant son propre symbolisme, et en tenant compte de ses propres valeurs de vérité, certaines tautologies métalogiques. Mais cette propriété n'appartient qu'à certaines logiques multivalentes, et à condition qu'on applique aux formules métalogiques en question un opérateur paramétrique qui les rend bivalentes.
B. Vouilloux, "Le chapeau et le visage : une
rencontre entre Nelson Goodman et Erwin Panofsky"
Un historien des sciences humaines pourrait fort bien rendre compte d'un moment de l'histoire moderne des théories du style en confrontant les positions respectives de Nelson Goodman et d'Erwin Panofsky. Si des convergences philosophiques (les références à Cassirer et à Carnap) et terminologiques (le recours aux notions de symbole et de symptôme) sont décelables, leur examen démontre non seulement qu'elles sont superficielles, mais qu'elles sont mises en oeuvre dans des projets radicalement divergents, comme en témoigne, de manière éclatante, l'exemple choisi par chacun (le chapeau chez Panofsky, le visage chez Goodman). Pour Panofsky, le style ne relève qu'indirectement de la Kunstwissenschaft, et ce n'est qu'eu égard à la fonction qui lui y est impartie qu'il prend statut d'objet théorique et acquiert une légitimité scientifique. Pour Goodman, il n'a de pertinence que dans l'espace du vis-à-vis ou du face-à-face à la faveur duquel le sujet le perçoit, et la théorie qui prétend en rendre compte doit valoir non seulement pour les disciplines spécialisées qui en font leur objet, mais pour les opérations cognitives qu'implique chez tout un chacun l'attention empirique aux oeuvres, aux objets et aux événements fonctionnant symboliquement. Alors que Panofsky subordonne la prise en considération des aspects stylistiques des oeuvres d'art aux fins et aux moyens qui sont ceux de l'historien, Goodman propose une théorie du style susceptible de rendre compte de la démarche de l'historien comme de celle de l'amateur. Dans tous les cas, cependant, le style, comme indice des manières de faire des mondes, ne peut se révéler pleinement qu'à partir d'un seul monde, celui auquel appartiennent en définitive aussi bien Goodman que Panofsky.
J. Vuillemin, "La question de savoir s'il
existe des réalités mathématiques a-t-elle un sens
?"
Les théorèmes négatifs de Gödel n'entraînent pas logiquement l'existence d'un monde intelligible d'objets mathématiques. Carnap les traduit en termes de syntaxe existentiellement neutres. Mais cette traduction néglige le théorème gödelien de complétude, ordinairement entendu comme une critique du logicisme. Le positivisme est philosophiquement sophistique et c'est à lui qu'incombe le poids de la preuve lorsqu'il soutient que sont compatibles ces trois affirmations : 1) la syntaxe sauve l'intégralité des mathématiques, 2) elle réduit les mathématiques à la logique, 3) elle élimine les contenus au profit de conventions cohérentes. Qu'on rende au mot logique le sens restreint et naturel que lui donne le théorème de complétude, tout en refusant d'amputer les mathématiques : la croyance au monde intelligible paraît alors requise.
N. White, "From the Idea of Good to some Ideas
of Goodman"
Goodman is known as an opponent of what he calls 'platonism'. One might therefore think that the main thing to be said about the relation between Plato and Goodman is simply that the latter rejected one important idea espoused by the former. In fact, however, Plato's interests were different from what the modern use of the ontological label 'platonism' suggests. Plato was mainly concerned to defend a notion of objectivity, according to which there is a single reality for us to be right or wrong about. Here, too, one might suppose that Plato and Goodman are completely opposed to each other, since Goodman defends a view according to which there are many 'versions' and many 'worlds'. Nevertheless there is an important common element in the ideas of both philosophers, although they develop it in very different ways.
J.-P. Friedelmeyer, "La création
des premières revues de Mathématiques"
La création des premières revues
spécialisées de mathématiques est contemporaine
d'une mutation à l'intérieur même des
mathématiques, dans la manière dont elles se pensent et
fonctionnent relativement aux exigences de la rigueur, ou dans leur
rapport aux autres sciences, ou dans leur rapport à la
réalité. Le signe le plus manifeste de cette mutation est
peut-être dans la séparation marquée entre
mathématiques pures et appliquées :
- pures, là où on ne trouve en général
aucune expérience ou sensation, et qui est par suite possible
complètement a priori (Kant),
-appliquées, par le développement de la physique
mathématique dans laquelle c'est le mouvement même de
l'abstraction amplifiante de la mathématique qui conditionne
leur incarnation comme êtres physiques (Châtelet).
Le Journal de Crelle est alors le meilleur révélateur de
ces mutations : il est le signe d'une certaine professionnalisation des
mathématiciens, il enregistre la rupture avec le recours
à l'intuition géométrique et développe le
concept d'une mathématique pure comme connaissance totalement a
priori. Porté par le courant idéaliste du romantisme
allemand, il défendra une conception des mathématiques
qui trouve en elle-même la source de son développement.
J. Gray, "Poincaré in the Archives - two
Examples"
By way of indicating the riches of the archival material on Poincaré, of which only a part is known to me, and its importance in changing and enriching our understanding of his work, I describe two examples. One is the discovery of three extended essays written in 1880 on differential equations in the complex domain and recently published by Scott Walter and myself through Archives H.Poincaré. The other is the discovery, made by June Barrow-Green, of the original version of his prize-winning memoir of 1888 on celestial mechanics. Each manuscript illuminates the path of his thought to some of his most influential discoveries.
I. M. James, " Reflections on the 'History of
Topology' "
The history of topology is a relatively inexplored part of the history of mathematics. I am editor of a volume of studies of the subject which will be published in the summer of 1998. In this lecture, I describe the background to this project.
A. I. Miller, "A Glimpse into the
Poincaré Archives"
This paper discusses the only presently known correspondence between Poincaré and the great Dutch physicist H.A. Lorentz. These six letters concern matters on the very cutting edge of theoretical physics during the first decade of the 20th century, and are meant as a sampling of the riches to be found in the Poincaré archives.
K. Volkert, "Wie une warum wurde
Poincaré zum Topologen?"
Im nachfolgenden Text werden einige Wurzeln der topologischen Arbeiten von Henri Poincaré in seinen vorangehenden Arbeiten, insbesondere über automorphe Funktionen und Differentialgleichungen, analysiert. Weiterhin wird versucht, den Stil des mathematischen Denkens Poincaré's zu charakterisieren.
S. Walter, "La vérité en
géométrie : sur le rejet mathématique de la
doctrine conventionnaliste"
La réception mathématique de la doctrine conventionnaliste d'Henri Poincaré est examinée pour la période de 1891 à 1911. Nous montrons que le point de vue opposé, selon lequel la géométrie de l'espace est une question d'expérience, a obtenu l'approbation de plusieurs géomètres. Cette préférence est mise en rapport avec l'évolution de la notion de l'espace en physique théorique, et les changements structurels et sociaux en mathématiques, y compris l'émergence de la géométrie non euclidienne en tant que sous-discipline mathématique.
Jacques Harthong, "Les origines de la
physique statistique"
On présente et on décrit les sept premières publications sur la théorie cinétique des gaz, parues entre 1856 et 1860.
Philippe Lombard, "La théorie de la
relativité comme obstacle épistémologique"
Cet article est le texte d'un exposé au séminaire du 19 novembre 1996 au Centre d'Etudes et de Recherche Henri-Poincaré (Archives H.Poincaré). Il présente un point de vue géométrique sur la théorie de la relativité restreinte (géométrie de Minkowski) et tente d'introduire à la problématique de la théorie de la relativité générale en s'efforçant d'éclairer une partie des difficultés épistémologiques liées à un tel changement de point de vue sur notre conception de l'univers.
Reinhart Brüning, "The Formation of the
Theory of Automorphic Functions: Felix Klein's Notes about Henri
Poincaré's Early Publications"
The literary bequest of mathematician Felix Klein contains summaries of and commentaries on Henri Poincaré's writings about 'automorphic functions'. These yet unpublished notes provide additional information regarding an especially stimulating chapter in the history of mathematics. For Klein, the rivalry with Poincaré set the tone of the years 1881 and 1882 in which the notes were created. These years were also Klein's last period of intensive research.
Shahid Rahman & Pierre G. Christen, "Hugh
Mac Colls Begriff der hypothetischen Aussage und die Verflechtung der
Tradition von Boethius und Hamilton mit Booles Algebraisierung der
Logik"
We will argue that Hugh MacColl's formulation of the conditional proposition should be interpreted in the context of his understanding of traditional hypotheticals as enunciated by Boethius and reformulated by Sir William Hamilton. In order to reflect the natural semantics and pragmatics of traditional hypotheticals the Boolean classical algebraic approach to hypotheticals should, according to MacColl, be replaced by a non-classical propositional approach.
M. H. Otero, "Deux types de conventionnalisme et
la croissance du savoir scientifique : la polémique
Poincaré versus Le Roy"
Giedymin a considéré dans au moins deux articles les
relations entre Poincaré et Le Roy, en adoptant un point de vue
de reconstruction postpositiviste.
Le présent article prend en considération :
1. Les critiques faites par Poincaré autour de 1900 du
conventionalisme de Le Roy.
2. La persistance d'arguments conventionalistes dans un contexte
apparemment distinct, c'est-à-dire la philosophie de Fleck.
L'opposition de Poincaré aux thèses de Le Roy est
liée à l'idée du caractère cummulatif de la
croissance scientifique exposée dans La science et
l'hypothèse. L'analyse détaillée de cette
polémique n'est pas dénuée d'intérêt
aujourd'hui.
La présence, chez Ajdukiewicz, de thèses
conventionalistes étudiées en détail par Giedymin
en même temps que certains aspects de cette polémique,
esquissent une interprétation de tendance conventionaliste de la
philosophie de Fleck que nous discuterons dans cet article. Etant
donnée le renouveau de l'intérêt pour Fleck dans la
littérature philosophique, cela affecte les façon
d'interpréter son oeuvre.
Jan Wolenski, "Husserl and the Development of
Semantics"
This paper investigates the role of Edmund Husserl in the development of formal or model-theoretic semantics through glasses of the distinction of language as calculus vs. language as universal medium, introduced by Jaakko Hintikka and Martin Kusch. In particular, the paper raises the question of possible Husserl's influence on the conception of language accepted in Polish philosophy, in particular by Lesniewski and Tarski.
Antonia Soulez, "De la rationalité
à la musique du timbre : les progrès de 'l'ambition
élémentaire' depuis Helmholtz"
Partant du paradigme du clavier comme support harmonique discret de rapports éloignés qui a joué le rôle de modèle instrumental de notre réceptivité sensible de Rameau à Helmholtz en passant par Diderot, je montre que l'isomorphisme interne fibre/sensation chez Helmholtz dont le principe fait comprendre son "résonateur" présuppose une orientation nouvelle de l'investigation vers la structure interne du son, plutôt que vers le monde physique externe, par une plongée dans la "masse sonore", lieu de relations entre éléments tenues jusque-là pour parasitaires et non-musicales, dont "l'analyse" désormais s'impose. Ainsi la dissonance accède-t-elle au statut de phénomène intéressant du point de vue de la composition à partir de Schoenberg et surtout Webern. Isomorphisme, élémentarisme... Il ne manquait qu'un principe de projectibilité au sens de Nelson Goodman pour conduire à un esthétique de la composition libérée du mythe de l'harmonie entre langage et monde, mais aussi à une conception où musique et science ne travaillent pas à part l'un de l'autre.
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