Les films de Jean Renoir

La grande illusion (1937)


Réalisation Jean RENOIR
Scénario, dialogues Jean RENOIR et Charles SPAAK
Production Réalisation d'Art Cinématographique
Producteur Frank ROLLMER, Albert PINKEVITCH
Dir. de Production Raymond BLONDY
Distribution Réalisation d'Art Cinématographique (France), Les Grands Films Classiques (1958)
Photographie Christian MATRAS
Décor Eugène LOURIE
Costumes DECRAIS
Montage Marguerite HOULLE
Assistants Monteur Marthe HUGUET, Renée LICHTIG, assistée de Fernande (1958)
Musique Joseph KOSMA
Orchestre Emile VUILLERMOZ
Chansons Tipperary, Die wacht am Rhein, La Marseillaise, Si tu veux Marguerite (Vincent Telly/A.Valsien)
Son Joseph DE BRETAGNE
Conseil technique Carl KOCH
Assistant Réal. Jacques BECKER
Scripte GOURDJI (Françoise GIROUD)
Cadreur Claude RENOIR Jr
Assitants cadreurs Ernest BOURREAUD, Jean-Serge BOURGOIN
Photographe Sam LEVIN
Régisseur Pierre BLONDY, BARNATHAN, Robert RIPS
Costumes Suzy BERTON
Maquillage Raphael
Accessoiristes Alexandre, Raymond PILLON
Tournage Hiver 1936-1937
Intérieurs Studios de Billancourt, Tobis et Eclair Epinay
Extérieurs Près de Neuf-Brisach, Caserne de Colmar, Haut-K¦nigsbourg -Alsace
Procédé 35 mm, noir et blanc
Laboratoire Franay, LTC
Longueur 3 542 m.
Durée 113'
Première 4 juin 1937 Manvaux, Paris,18 août 1937 Venise, Janvier 38 Londres, 12 septembre 1938, Filmarte New-York
Interprétation Eric VON STROHEIM ( Von Rauffenstein )
Jean GABIN ( Lt Maréchal )
Pierre FRESNAY ( Capitaine de B¦ldieu )
Marcel DALIO ( Rosenthal )
Julien CARETTE ( L'acteur )
Gaston MODOT ( L'ingénieur )
Jean DASTE ( L'insituteur )
Georges PECLET ( Un soldat francais )
Jacques BECKER ( Un officier anglais )
Sylvain ITKINE ( Demolder )
Dita PARLO ( Elsa )
et Wemer FLORIAN, Michel SALINA, Carl KOCH
Résumé Grâce au sacrifice de l'aristocrate Capitaine De B¦ldieu, abattu par son ami et geôlier Rauffenstein, les lieutenants Maréchal et Rosenthal réussissent leur dernière tentative d'évasion. Ils sont recueillis par une jeune veuve Elsa dont Maréchal tombe amoureux. Mais il leur faudra repartir car la guerre n'est pas finie.

Citations "La peinture de ce milieu me permettait d'insister sur une théorie qui m'a toujours été chère que les hommes ne se divisent pas en nations mais peut-être en catégories de travail. C'est ce que l'on FAIT qui est notre véritable Nation."
Jean Renoir, GROS PLAN, ORTF

"Renoir vient me voir: "Imagine-toi qu'on voudrait que je fasse un film qui s'appelle PEPE LE MOKO -Eh bien ,lui ai-je dit, si le scénario te plait, il faut le faire! -Mais le scénario, il faudrait le refaire...le film commence par une plaque dédiée aux policiers morts dans l'accomplissement de leur devoir...ça me débecte.. . et puis là- dessus on entend un bruit de mitrailleuse et la plaque vole en éclats! Ça c'est le début du film..Plus loin il y a des poursuites dans la Cashah, en voiture!... Je suis allé dans la Casbah et je peux te dire que les rues sont si étroites qu' il ne peut pas y avoir de poursuite en voiture... Bref,moi,je ne veux pas relaire SCARFACE!" Je lui réponds :"tu dois faire le film comme tu l'entends. Comme tu n'es pas pressé, que tu n'as pas besoin d'argent, tu n'as qu'à les envoyer se faire foutre!". C'est ce qu'il a fait. Mais quand DUVIVIER est venu me trouver pour écrire PEPE LE MOKO je me suis souvenu des remarques de RENOIR."
Henri Jeanson, Interview ORTF.

"Il ne trouvait pas d'engagement. Remarquez il était dans une situation de fortune assez brillante. Il avait les tableaux de son père. qu'il avait vendus d'ailleurs pour faire des navets. Vendre un Renoir pour faire TIRE AU FLANC, vous avouerez que c'est un peu exagéré...ll faut surtout ne pas aimer la peinture !"
Henri Jeanson, Interview ORTF.

"Si tu allais proposer à DUVIVIER LA GRANDE ILLUSION, il me donnerait en échange LA BELLE EQUIPE..." Duvivier m'écoute avec attention:" Votre histoire de soldats ne m'intéresse pas du tout... Vous perdez la raison ?' Je reviens un peu penaud chez RENOIR qui avait bien compris ce qu'il y avait de Front Popu dans mon scénario de LA BELLE EQUIPE. ''Eh bien,...on va continuer, on va faire LA GRANDE ILLUSION". Il s'en est fallu de très peu de choses. Dans une certaine mesure LA GRANDE ILLUSION pouvait mieux convenir à DUVIVIER et on peut imaginer ce qu'aurait donné LA BELLE EQUIPE dirigée par RENOIR...Des films totalement différents, mais incontestable- ment deux autres grandes réussites."
Charles Spaak,1971.

"D'habitude les films pro-juifs (ils le sont tous) opèrent, trafiquent, trifouillent l'opinion publique par allusions, suggestions, comparaisons, bafouillages, ils ne nous présentent guère le Juif tel quel, positivement juif, dans son rôle guerrier ou "sozial" LA GRANDE ILLUSION vient brusquer les choses.... Ce film prend date ll fait passer le Juif de son ombre, de son travesti, au premier plan, au plan "sozial" en tant que juif, nettement juif. LA GRANDE ILLUSION complète admirablement l'exposition juive, la grande Youstricade 37. Avênement du petit Juif au rôle de messie officiel. Parfaitement millionnaire ce petit Rosenthal... Mais parfaitement "populaire"... Ah! mais populaire encore bien plus que millionaire! 11 est riche ! Richissime... remarquez ce petit Youtre. Au départ, il a tout contre lui ce petit nabab pour jouer les rôles de rédempteur: dégaine, verdiage, figure....ll a tout du "puant" .... I'exact produit surconcentré de la classe abominable.... Tout pour être honni, sifflé, pendu recta par le peuple. Parasite absolu, torve produit superjuif, c'est un enfant Stavisky, un cousin Barmat. Il représente intégralement l'adject gibier de réverbére."
Louis-Ferdinand CELINE in BAGATELLES POUR UN MASSACRE, p 269, Editions Denoël, 1937.

"BAGATELLES POUR UN MASSACRE appartient à la série de pamphlets anti-sémites de Céline, que sa veuve et son exécuteur testamentaire refusent de rééditer afin de ne pas "ternir la nouvelle virginité littéraire du romancier, patiemment reconstruite et entretenue par une intelligentzia douteuse. Hélas, pour eux, Céline n est pas qu'un romancier de génie, c'est aussi une "ordure" dont le complexe de persécution n'excuse en rien les dérapages de pensée qui font les délices d'une certaine droite française..."
Roger VIRY-BABEL in Jean Renoir: Films / textes / références, Presses Universitaires de Nancy 1989