Les films de Jean Renoir

This land is mine (1943)

Réalisation Jean RENOIR
Scénario Dudley NICHOLS, Jean RENOIR
Dialoguiste Léo BULGAKOV
Production R.K.O.
Prod. associé Eugène LOURIE
Photographie Frank REDMAN
Décor Eugène LOURIE, Darell SILVERA, Al FIELDS
Costumes RENIE
Montage Frédéric KNUDSTON
Musique Lothar PERL
Dir. musical Constantin BAKALEINNIKOFF
Son John E.TRIBBY, James Edward DONAHOE
Assitant Réal Albert S.D'AGOSTINO, Walter E.KELLER
Effets spéciaux Vernon L.WALKER
Tournage 24 Octobre - 20 décembre 1942
Intérieurs R.K.0 Studio
Procédé 35 mm, noir et blanc
Enregistrement R.C.A.
longueur 2 833 m.
Durée 103'
Première 27 mai 1943, Rivoli, New-York, Juin 1943, Tivoli, Londres, 10 juillet 1946, Paris
Interprétation Albert Lory ( Charles LAUGHTON )
Georges Lambert ( George SANDERS )
Major Von Keller ( Walter SLEZAK )
Paul Martin ( Kent SMITH )
Professeur Sorel ( Philip MERIVA )
Henri Manville ( Thurston HALL )
Edmond Lorraine ( John DONAT )
M.Lorraine ( Wheathon CHAMBERS )
Le procureur ( George COULOURIS )
Le juge ( Ivan SIMPSON )
Lt Schwartz ( Frank ALTEN )
le petit homme ( Léo BULGAKOV )
Louise Martin ( Maureen O'HARA )
Mrs Lory ( Una O'CONNOR )
Julie Grant ( Nancy GATES )
Mrs Lorraine ( Cécile WESTON )
Résumé 1940. Une petite ville de France. Son monument aux morts de la Grande Guerre. Et derrière lui, les troupes allemandes quifont leur entrée en bon ordre. Le maire se met respectueusement au service du Major VON KELLER. Monsieur Albert LORY, instituteur quinquagénaire, vit sous la coupe de sa mère. C'est un homme quelque peu timide, qui est secrètement amoureux de sa jeune et jolie collègue, Louise MARTIN, fiancée à l'ingénieur des Chemins de Fer, Georges LAMBERT. Ce dernier est un collabo convaincu. Les Nazis répondent à une série d'attentats par l'emprisonnement d'otages, parmi lesquels Albert LORY. Ils seront fusillés si les coupables ne sont pas dénoncés. Madame LORY, qui n'a jamais admis le penchant de son fils pour LOUISE, a entr'aperçu le frère de la jeune femme, PAUL dans des circonstances troubles peu après le sabotage. Elle s'en ouvre à Georges LAMBERT qui avertit le major VON KELLER. Pris de remords, LAMBERT se rend compte qu'il vient d'envoyer PAUL à la mort. Il essaye de le prévenir mais le jeune résistant est abattu. LORY est relâché. Il apprend la vérité et décide de demander des explications à l'ingénieur. Mais lorsqu'il arrive à son bureau, c'est pour découvrir que LAMBERT s'est suicidé. LORY est accusé du meurtre et emprisonné. VON KELLER vient rendre visite à l'instituteur dans sa cellule: il sera innocenté par une lettre d'adieux écrite par LAMBERT en contrepartie d'une profession de foi pro-nazie. LORY est presque troublé. Mais en regardant par la fenêtre, il assiste impuissant à l'exécution d'otages, parmi lesquels Monsieur SOREL, le directeur de son école. LORY comprend ce que l'"ordre nouveau" signifie. Pendant le procès il prend la parole et dénonce VON KELLER et ses complices, dont le maire de la ville. Il en profite également pour avouer son amour pour LOUISE. LORY est acquitté. Mais lorsqu'il regagne sa classe, les allemands sont là pour l'arrêter. LOUISE poursuit la lecture entreprise par LORY avec ses elèves: celle de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen.

Citations "Sans doute, n'aurait-il pas fallu consacrer plus de dix lignes à ce film s'il ne portait la signature de Jean RENOIR, le plus grand réalisateur francais. Qu'on nous permette de tenir cette signature pour un faux en écriture. Non pas que RENOIR n'ait jamais fait de mauvais film, mais parce que ce Francais buveur de vin rouge, l'eût-il voulu n'aurait su peindre son pays avec les couleurs du lait froid, et le chanter avec le lyrisme d'un cantique presbytérien du Minnesota."
Georges Sadoul, in LETTRES FRANÇAISES, (1947)

"Ce que l'on ne comprend plus du tout, c'est que les auditeurs de ces films de circonstance, n'aient pas résolument passé par pertes et profits ce travail de guerre qui n'offre plus qu'un interêt doeumentaire, et prétendent infliger AUJOURD'HUI aux Français une désobligeante caricature payante du drame même dont ces Français ont été les vrais acteurs, les vrais héros, les vrais traîtres, les vraies victimes...... Il y a là au moins un manque de tact qui justifie l'irritation de la critique et du public."
André Lang, in FRANCE-SOIR. (1946)