Les films de Jean Renoir

La petite marchande d'allumettes (1928)


Réalisateur Jean RENOIR
Scénario Jean RENOIR
d'après l'histoire de Hans- Christian ANDERSEN
Production Jean RENOIR,
Jean TEDESCO
Distributeur Films S.O.F.A.R
Photographie Jean BACHELET

Décor

Eric AAES
Monteur Jean RENOIR

Effets spéciaux

MERCIER

Arrangement musical

Manuel ROSENTHAL,
Michael GRANT

Assistants réal.

Claude HEYMANN,
Simone HAMIGUET

Conseiller technique

RALEIGH
Tournage Août 1927 - janvier 1928
Intérieurs Vieux Colombier, Paris
Extérieurs Les dunes de sables de Marly
Procédé 35mm, noir et blanc (panchromatique)

Enregistrement son

Synchronista (1929)
Longueur 796 m.
Durée 29'
Première 31 mars 1928, Alhambra,Genève
1 juin 1928, Vieux Colombier, Paris
23 décembre 1929, AvenuePavilion, Londres
1 février 1954, Musée d'art Moderne New-YorK
Interprétation Jean STORM (Le jeune homme et le soldat)
Manuel RAABIN (Le policier, la mort)
(RABINOVITCH)
Amy WELLS (L'automate)
(Aimée TEDESCO)
Catherine HESSLING (Karen, la petite marchande d'allumettes)
Résumé "Ça serait bon de se réchauffer à la flamme d'une allumette" se dit Karen, la petite marchande d'allumettes qui grelotte de froid sous la neige en cette période de Noël.Réfugiée sous une palissade, alors qu'elle s'est fait rabrouer par des bourgeois pressés qui ne lui ont rien acheté, elle s'endort sous le froid, et elle rêve.
Elle rêve qu'elle danse, puis elle se retrouve dans un magasin de jouets où elle passe en revue des soldats de bois avant de tomber amoureuse du lieutenant avec qui elle danse. Mais un hussard noir, mué par un ressort, jaillit d'une boite: "J'ai rendez-vous ce soir avec Karen. Je suis la mort". Pour prouver sa puissance, il "tue" les soldats de bois, arrête la poupée mécanique et fait rentrer le lapin en peluche. Karen et son officier fuient à cheval dans les nuages, poursuivis par la mort qui provoque en duel le jeune homme et le tue. Puis elle se saisit de Karen inanimée et la dépose au pied d'une croix. Un de ses cheveux est resté accroché au dolman du hussard noir qui s'en débarrasse. Le cheveu vient se coller à la croix qui se transforme en rosier. Les pétales des roses tombent en pluie sur le sol où repose Karen.
Retour à la réalité. Ce que nous croyons étre des pétales ne sont que flocons de neige qui recouvrent le visage de la petite marchande d'allumettes endormie pour toujours.


Citations "Aujourd'hui, toute la première partie (réaliste) nous semble grotesque surtout à cause de l'interprétation de Cathenne Hessling qui se contorsionne et palpite des paupières de façon comique. Mais dès qu~il s'évade dans le rêve, Renoir soumet sa technique, son invention à une lumière diffuse, à une sorte de génie poétique. La course éperdue des deux cavaliers, I'amant et la mort qui se pousuivent à travers les nuages, une course que nous suivons les yeux levés vers un ciel merveilleusement bouleversé, le visage grave, impénétrable et terrible du cavalier de la mort, qui se dresse sur un fond irréel de /umière blanche, tout cela fait, qu' aprês vingt ans, cette demiêre partie du film suscite toujours de nous l'admiration que l'on accorde qu'aux chefs- d'oeuvre."
Carl Vincent in STORIA DEL CINEMA, (1949).